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14.03.2010

Le poète a toujours raison

JF.jpgC'est vers 1975 que Jean Ferrat a décidé de se retirer de la mémoire collective, lorsqu’il fit le choix de disparaitre de la scène médiatique française.

 Il n’en aimait pas l’industrie et le clamait haut et fort. C’est vrai qu’à cette époque, l’indigence d’une nouvelle « variété  française » soutenu par des grosses maisons de disque (on ne les appelait pas encore les Majors) avait de quoi dégouter.  Même si avec le temps, les Guy Lux et autre Carpentier(s) prêtent à une certaine forme de nostalgie bienveillante, ces plateaux télés où défilaient des minets interchangeables, ne maitrisant pas leur play-back,  avait de quoi faire fuir tout auditeur doté d’un peu de cervelle.

La chanson française revient de loin.

 Alors il est parti un peu plus tôt que les autres ;  vers des montagnes qui l’ont adopté.  Ce fut son choix. Respectons–le.

Il réapparaissait quelque fois, avec un nouvel album. Il faisait une promo courte et  intense qui se terminait toujours sur le plateau de Michel Drucker, un ami. Il vendait énormément sur une période assez courte et puis sortait des bacs et des mémoires aussi rapidement.

Entre 1975 et aujourd’hui, le monde a beaucoup changé, la France particulièrement.  Jean Ferrat a été pendant tout ce temps un contestataire en creux, à la voix particulière et à l’absence physique. Témoin muet et énigmatique d’un monde qui se transformait.  

On l’entendit assez peu sur les grosses crises du capitalisme qui marquèrent le début des années 80. Elles furent pourtant source de violence, de chômage,  de précarisation  et eurent raison de l’ascendeur social.  

Le paradoxe de Jean Ferrat et qu’il se fit entendre et su faire  partager sa révolte dans un monde où régnait les trente glorieuses et l’abondance économique et qu’on ne l’entendit plus au soir de la révolte des banlieues ou de l’écroulement du mur de Berlin.

Mais il y avait deux Jean Ferrat.

Ceux qui n’étaient pas à l’aise avec son engagement politique, se consolaient en écoutant l’autre œuvre discographique. 

Celle qui parlait de la montagne, s’émouvait au détour d’une chanson, sur la mort d'un chien, s’affirmait cœur fragile,  ou magnifiait avec éclat la femme.

Celui qui avait pressenti,  avant les autres, la place de l’écologie, l’équilibre à préserver entre nature et traditions et la nouvelle répartition du pouvoir entre les sexes.

Mais peu de gens se souvienne l'avoir vu interpréter ces bijoux sur scène. Là encore, Jean Ferrat s’était retiré.  Il lui arrivait rarement de donner son avis sur un nouveau chanteur. Et lorsque le talent de l’un d’entre eux lui parvenait aux oreilles depuis  l’endroit où il s’était mis en retraite ; son point de vue tronqué, dérangeait. Et on pouvait émettre des doutes sur la connaissance qu’il avait de toutes celles et ceux au sujet desquels il ne disait rien mais qui lui avaient succédés avec autant de talent.

Jean Ferrat aimait surtout ce qui lui ressemblait et restait peu curieux de ce qui lui était étranger culturellement.

Trois générations d’auteurs compositeurs interprètes s’étaient succédés en France depuis son départ de la scène. Mais il ne s’attacha à promouvoir véritablement aucun d’entre eux.  C’était un peu comme en politique. Il n’aimait que ce qui lui ressemblait. On l’avait vu un temps soutenir José Bovet : un autre moustachu qui lui rappelait sans doute les combats de sa jeunesse.

On sait qu’il n’aimait pas le Hip-Hop, qu’il détestait le Rapp, qu’il ne s’était pas attardé sur les paroles de ces nouveaux interprètes à la diction difficile. Il préférait continuer de chanter la poésie d’Eluard et d’Aragon.

Comme bon nombre de chanteurs de sa génération, il ne comprenait pas qu’on téléchargea une chanson de lui ni même sa photo. Et il  lui arriva d’attaquer un de ses fans qui, par amour et fidélité pour son oeuvre, avait créé un blog autour de lui.  Tout ceci devait lui paraître étrange et suspicieux.

Jean Ferrat fut donc unique en son genre.

Il laisse derrière lui une œuvre magnifique, à l’écriture ciselée mais sans personne en héritage.

Beaucoup de trentenaire ont découvert depuis deux jours son œuvre en même temps qu’ils ont appris sa mort.

Tout ceci laisse un sentiment d’amertume, d’un deuil en demi-teinte. Une tristesse bien légitime, pour une rencontre qui n’est pas allée jusqu’au bout.

25.02.2010

Photos de Bouge toi et écris quelque chose JP

rideau de fumée.jpgJe n’ai pas envie de commenter l’actu en ce moment tant ce que j’entends et ce que je vois ici est là me dégoute.


La campagne des Régionales est infecte. Tous les coups bas semblent permis. La politique intéresse moins les gens que les petites phrases assassines et les procès d’intention semés ici où là pour démolir, casser, souiller, dénigrer l’autre. Je n’en dirais donc pas plus.


Pendant ce temps, le chômage avance et on continue de mentir aux salariés de TOTAL en leur promettant que leur emploi sera protégé d’ici à cinq ans.
J’émets le pari que l’économie du pétrole ; celle qui a été à l’origine de l’évolution technologique du vingtième siècle vit ces dernières années. Que d’une manière ou d’une autre, il faudra trouver de nouveaux modèles économiques rapidement si on ne veut pas sombrer dans le chaos en phagocytant la planète toute entière.
Prétendre sauver les emplois à TOTAL, c’est comme affirmer à la fin des années 70 qu’on sauverait la sidérurgie ! IL en a rien été.


La société industrielle a cédé la place à une société de l’information. Prochaine étape, la société de l’économie durable. Avec ou sans les écologistes.

30.01.2010

Bagatelle pour une exécution en règle.

 

freche.1259334502.jpgEst-ce que la gauche républicaine représente Georges Frêche ?
Martine Aubry a-t-elle eu raison ou tord de monter une liste bis pour empêcher Georges Frêche d’être réélu ?

C’est évidemment une énorme hypocrisie de la part du PS. Cette accusation d’antisémitisme est ridicule. « Interrogé sur le non-soutien de Laurent Fabius à mon endroit, j'ai répondu par une expression populaire utilisée par tous les Français depuis des siècles». Explique Georges Frêche.

Cette position «exprime le manque de confiance que j'ai à son égard depuis le Congrès de Rennes de 1990 et pas autre chose», ajoute l'intéressé.

Georges Freche est un provocateur compulsif et pavlovien. Avec lui, les réunions du Conseil Général du Languedoc-Roussillon sont un peu comme la fête à Neu-neu.

La vérité est ailleurs : il a derrière lui quatre mandatures de député. Il est Conseiller Régional depuis 2004 et Maire de Montpellier depuis 1977. Il a 71 ans. Ce sont les raisons principales qui lui font penser que tout lui est permis. Et tous ses dérapages s’expliquent par cela.

C’est un potentat régional qui manie le mépris la violence et la haine. Il s’en prend à tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. C’est la vulgarité incarnée.


Profitons de cette énième provocation pour s’en débarrasser définitivement. Ce qui permettra au PS de lui décerner un prix pour l'ensemble de sa carrière !

 

16.01.2010

Bayrou tourne le dos à l'Alliance Centriste dans le Maine et Loire.

bayrou.jpgBayrou refuse de s’allier avec Jean Arthuis dans le Maine et Loire. Bayrou est un crétin patenté. Une sorte de Besancenot de la démocratie Chrétienne. Celles et ceux qui se piquent d’un peu de politique chercheront en vain la logique d’un tel refus. Surtout au soir du second tour lorsqu’il apparaîtra, aux yeux de tout le monde qu’il aura fourni les meilleurs armes pour faire triompher l’adversaire objectif.

Bayrou est un Gilles de la politique. Un homme tellement sûr de sa rencontre avec les français, qu’il sacrifie sans vergogne les quelques cadres restant de son parti pour son intérêt immédiat. Bayrou la jouera toujours solo, porté par sa conviction profonde de se poser un soir de mai 2012 dans le bureau de l’Elysée.

Bayrou tourne le dos à l’Alliance Centriste. Il n’est d’ailleurs pas à écarter qu’il fasse de même, in fine, avec les socialistes ou toute autre alliance.

Considérant quelques sondages qui se distillent ici ou là, le MODEM va encore chuter dans son rayonnement déjà bien affaibli, à l’issue de cette élection. C’est peut être au fond la principale nouvelle.

Connaissant d’autre part un peu Jean Arthuis, je sais qu’il n’est pas un homme avide de pouvoir, mais qu’il considère plutôt l’idéal politique comme son meilleur allié.

Que pouvons-nous tirer de ce constat ?
Que les élections régionales permettront à l’Alliance Centriste de démontrer son authenticité dans le concert des Centres et de constater la perte de crédibilité du MODEM et la vacuité idéologique du Nouveau Centre trop enclin à plaire au gouvernement en place.

Cette élection arrive trop tôt pour notre formation. Il n’y a aucune raison que nous nous excitions avec les autres. C’est dans un esprit d’indépendance, le devoir de clarté et la rigueur qui nous anime que nous devrons continuer à creuser notre sillon, à imposer notre marque.
C’est la raison pour laquelle la précipitation serait la pire des choses. Au terme des régionales, lorsque tout le monde aura compté les siens, beaucoup de nos amis centristes feront le choix de nous rejoindre. Émettons ce pari.

Nous incarnerons alors l’hypercentre. C’est sur ce socle que s’écrira la prochaine alternative politique qui sortira notre pays de la spirale de l’endettement, qui réconciliera à nouveau nos concitoyens avec notre culture profonde et nous valeurs si particulières faites d’humanisme et de libéralisme.

Il sera alors temps de passer aux choses sérieuses.

15.01.2010

Haïti, pour le malheur et pour le pire

haiti.jpg

Pas facile de s’exprimer sur ce qui se passe en Haïti. Impossible pourtant de se taire. Difficile aussi d’éviter les prises de position lacrymales, les poncifs, l’appel à la charité bien ordonnée.

Troublé par les images télévisuelles qui se repaissent de ce malheur à coup de flashs, d’images de faim, de soif, d’horreurs et de scène de pillages. D’images sans fin.

Pourtant, il y a deux ou trois choses que je me répète inlassablement à moi-même, depuis que, comme tout le monde, j’ai eu écho de ce malheur. Deux ou trois points que j’aimerais aborder, même si je sais au fond qu’ils ne sont pas politiquement corrects.

Haïti c’est d’abord la pauvreté absolue. Plus pauvre que le pays le plus pauvre de l’Afrique ; et cela, certains semblent le redécouvrir ! 80% de la population vit avec moins de deux dollars en poche.

Haïti est un pays francophone. Un pays francophile. Un pays d’une grande culture littéraire et picturale.

La nature est mauvaise. Au moment où on nous rabat les oreilles avec ce terrorisme écologique très en vogue, il faut se souvenir que la nature n’a jamais fait de cadeau à l’homme. Que c’est sans doute la raison qui a poussé les individus de ma propre espèce à vouloir la dominer. Que les montagnards le savent, que les marins le savent, que les paysans le savent aussi.

Qu’au seul vingtième siècle, Haïti n’a jamais connu autre chose que des dictatures qui se sont enchainées que nous avons été les premiers à cautionner dans nos classes politiques françaises, de droite comme de gauche, c’est-à-dire de Duvalier à Aristide. Des empereurs de pacotilles.

Les dons vont déborder, comme déborde la bonne conscience. Parce qu’au fond, il n’y a rien de plus dédouanant que d’envoyer un chèque à La Croix Rouge ou à Médecins du monde pour mieux redevenir amnésique, dans quatre ou cinq mois, lorsque l’actualité aura rebaisser son rideau médiatique sur ce morceau de terre livré à lui-même.

Haïti est un pays sans Etat, un pays sans justice, un pays corrompu, un pays mafieux où les pauvres finiront par ne rien voir ou presque de la tonne de fric qui aura dégouliné de toute part.

Haïti n’est pas capable de vivre autrement que de l’assistance internationale, je veux dire des Nations Unis et la communauté internationale qui fait la police et qui maintient l’ordre.

Haïti ne survit que de sa seule diaspora qui la maintient sous perfusion humanitaire.

Haïti est un faux pays indépendant. Les Haïtiens n’ont aucune confiance en ses dirigeants.

Au moment où les Guadeloupéens ont envoyé un message fort à la Métropole, à l’issue des dernières élections malgré les difficultés sociales qu’ils traversent, en dépit de toutes les violentes manifestations qui ont secouées l’île l’année dernière ; je pense ceci.

Je crois à une idée utopique et irréalisable qui sauveraient les haïtiens. Je pense qu’il faudrait remettre ce pays sous tutelle. Je pense qu’il faudrait que ce petit pays de grandes beautés et de gros malheurs redeviennent un D.O.M.

C’est politiquement incorrect de penser cela. Et certains descelleront dans ces lignes, un travers colonial.

C’est pourtant l’une des deux ou trois idées qui me viennent spontanément à l’esprit lorsque je vois une telle adversité s’abattre, qui s’amoncelle sur le tas des malheurs précédents qui s’entassent à l’infini.

 

13.01.2010

Les bonnes résolutions de Google pour 2010

google.jpg

L'article  intitulé "A new approach to China" lisible sur le portail de la plus puissante firme américaine du moment dans le secteur de l'Internet, sonne comme une déclaration de guerre à la Chine.

Google prend enfin position sur le problème de la censure et tire des conclusions que chacun d'entre nous, avait tiré depuis longtemps.

Cette prise de conscience un peu tardive de la toxicité du régime chinois sur la liberté de développement des nouvelles technologies numériques peut en rassurer certains et en prêter d'autres à sourire.

Qui se doutait encore que la censure Chinoise avait faite main mise sur la Toile depuis son origine en imposant à Cisco sa structure de nœuds si particulière ?

Les propos et mises au point de Google sonnent donc comme une prise de position politique à peine voilée.

On peut se demander si cette prise de conscience, tardive mais salutaire, de la part  de la firme de Palo Alto, n’aura pas été réalisée sous la pression économique de quelques états qui n’ont pas les moyens de se confronter idéologiquement et directement avec la Chine, avec en avant poste les Etats-Unis ? 

J’ai du mal à croire que les attaques dont fait allusion Google dans son  article sont nouvelles du genre !

Google s'était donné pour mission « d'organiser l'information à l'échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile » sans préciser dans sa Charte éthique si elle défendrait, le cas échéant,  la liberté d’expression et se battrait contre le censure.

 Souhaitons que cette prise de position soit honnête, suivie d'effets et poursuivie dans le temps et ne soit pas qu’un seul effet d’annonce pour protéger, par la pression, un modèle économique juteux.

10.01.2010

Rentrer au Port

 

DSCF4751.JPGJ’ai toujours appréhendé ce moment que je savais inéluctable.

Mano Solo vient de nous quitter à l’âge de 46 ans. Voici encore une partie de ma jeunesse qui part avec lui.

Je l’ai vu sur scène à plusieurs reprises dès le début des années 90. La dernière fois, c’était au studio Charles Trenet de Radio France. J’avais échangé un peu avec lui, si simple et toujours si disponible. Je lui avais dit que je regrettais qu’il n’ait jamais pris la décision ou le temps de faire une exposition autour de  son œuvre  picturale.

Modestement, il me répondit qu’il n’avait pas assez de matière.

Sa voix était déchirante, comme ses textes, comme sa vie. Il était sans doute plus apaisé à 46 ans que lorsqu’il en avait 30. Avec le temps, il avait appris un peu mieux à maitriser ses angoisses et avait sans doute  fait la paix avec les autres.

Ses textes, ses vidéos, enfin tout son travail étaient forts et tellement beaux.

Ce moment tant redouté pour tous celles et ceux qui l’admiraient est finalement arrivé.

Ce fut mon tout dernier cadeau de Noel, offert par ma fille Nathalie. Son dernier CD : Rentrer au port.

En 2010, on meurt toujours du SIDA.

Je partage toute ma peine avec sa famille et ses proches.

Adieu l’Artiste.

 

 

 

01.01.2010

mes tous premiers sentiments à ce changement de décennie.

2010.jpgL’année se termine entre cacophonie et précarité. Le siècle fête ses dix ans. Autant dire l’âge bête. Le pire doit  de se trouver devant nous.

Côté cours intérieur, nos modèles économiques occidentaux partagent le triste record de l’envolée de leurs dettes.  L’OCDE prévoit 100% du PIB d’ici 2011. Nous ne sommes donc plus seuls à se lamenter sur l’endettement ; même s’il reste des disparités entre certains pays qui affichent des taux de 130% comme la Grèce. Les Etats empruntent. La dette publique émise dans la zone euro approche les 1000 milliards d’euros.  Ces déficits abyssaux sont consécutifs aux différentes bulles qui ont éclaté sur le marché financier cette première décennie de ce siècle  

Le contre pouvoir social-démocrate peine à survivre. Je pense d’ailleurs, pour l’avoir écrit à maintes reprises, qu’il vit ses derniers moments. Ses valeurs et références ne sont plus solubles dans une société numérique où le mot d’ordre est à la dématérialisation des capitaux et plus récemment des biens de consommations. Je pense cela et continue de me battre pour l’inverse.

Il y a quelque chose qui le remplace petit à petit. Quelque chose qui n’est pas fameux et insuffisant pour les démocrates de tous poils que nous sommes. Il apparaît dans la dichotomie du capitalisme lui-même. Une tendance se dessine entre un capitalisme innovant et un capitalisme spéculatif.

Le capitalisme innovant, s’adapte à l’air du temps, aux problématiques nouvelles d’environnement, plus sensible à la répartition des richesses. C’est un capitalisme sans complexe, numérisé, qu’incarne parfaitement une entreprise comme Google.  En France, on rêverait qu’une passerelle soit jetée entre ses représentants et le monde de l’éducation et de la recherche par exemple. Pour ne pas se contenter d’expérimenter à grand frais, mais de penser et de développer des technologies qui s’avéreraient de suite des modèles économiques rentables.  

Je soupçonne l’Elysée, avec  sa volonté de réformer les universités, de dire aux chercheurs qu’ils sont mauvais, avec l’aménagement du plateau de Saclay, de vouloir forcer nos savants à bouleverser leurs modes de fonctionnements séculaires et avec elles,  les traditions hexagonales

Le second capitalisme est le plus ancien. Le capitalisme de spéculation n'a ni foi ni loi, prospère entre deux crises et supporte la valeur travail que lorsqu’il en est contraint ; comme une seule variable d’ajustement.

L’incarnation de ce capitalisme là est sans aucun doute Doubaï.  L’argent des produits capitalistiques financiers et la bulle immobilière ont montré à quel point ce capitalisme est pourri, dangereux et sans fondation solide pour quelque état démocratique que ce soit ou qui se revendiquerait comme tel.

Doubaï est une invention arrogante, construite sur rien ou presque ; sans histoire, sans culture, sans éthique, qui méprise les droits du travail, l’homme en particulier et s’assoit sur le paraître le plus extravagant.  C’est l’incantation marxiste de l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est un capitalisme sans peuple, sans patrie, sans valeur. C’est quasiment insupportable.  Le modèle économique chinois hésite encore entre ce capitalisme là et le capitalisme innovant.  

Les crises économiques capitalistes ont cela de bon, qu’elles vidangent tous les 20 ans, ce genre de fonctionnement et de dérive. Souhaitons que les problèmes financiers que Doubaï traverse, lui porte un coup fatal.

Mais le plus troublant dans l’histoire de ces vingt dernières années, est le ralentissement dans le progrès technologiques lui-même.  Qui oserait parler encore de progrès aujourd'hui ?

Observons un français, habitant Paris en 1900. Retrouvons-le, 20 ans plus tard, en 1920.

Entre temps, il aura connu, l’aviation, l’automobile, le téléphone, le développement de l’électricité, le cinéma et une foule d’autres inventions mises au service de l’homme et de son confort en quelques années !

Lorsqu’on me vante l’accélération de la technologie actuelle, j’ai tendance à sourire. On améliore des produits qui prennent de moins en moins de place ou qui se digitalisent. Mais quid des grandes découvertes ?

Un observateur entre 1945 et 1969 aura vécu un autre bond  scientifique incroyable.  Entre 1969 et 1973, on ira plusieurs fois sur la Lune et on y roulera même  en auto. Et puis plus rien. Plus rien pendant plus de ... 40 ans ! Soit le temps qui sépare 1920 de 1960 !  

En revoyant le film d’Edouard Molinaro, Hybernatus, je m’amusais de la scène où ce pauvre Paul Fournier, victime d'un naufrage en 1905 puis  ramené à la vie, qui se trouve confronté à la société de la fin des années 60.

Il reçoit un vrai choc en découvrant, malgré lui, un téléviseur. Les images qui défilent  ont de quoi l’effrayer.  Et bien les technologies montrées en exemple dans ce film burlesque sont toujours d’actualité 40 ans plus tard.

Je sais qu’on nous parle à longueur d’ondes d’un bouleversement technologique immédiat qui se déroulerait sous nos yeux. J’y vois l’épanouissement et la diffusion d’un processus  économique  nouveau, mais très peu de découvertes extraordinaires. Un écran plat,  un four à micro-onde et un téléphone portable ne sont pas suffisant à mes yeux pour y percevoir autre chose qu’un bouleversement sociologique certain.

Nous vivons un temps d'accélération des choses. Nos nouveaux hobbies sont chronophages. Nommes sommes au coeur d'une période que je qualifierais pour ma part de warholienne tant on sent que l'artiste, à travers les extravageances qu'il nous donnait à voir, pointait les vérités d'une époque qui n'était pas vraiment la sienne, mais qui est devenue la nôtre quelques vingt ans plus tard.

N’est-ce pas au fond, le bouleversement le plus étonnant dont nous sommes les contemporains ?

Bonne année à tous.

  

 

22.12.2009

La règle du jeu

regle_jeu.jpgJe reviens une dernière fois sur l’incident d’hier qui est révélateur de plusieurs choses.

La validation d’Alain Dolium sans qu’on ne soit d’ailleurs trop sûr de la véracité des résultats que nous annonce le Siège du MODEM (puisqu’on est en droit de douter de tout) signe l’arrêt de mort d’un projet politique qui se drapait d’exemplarité.

Comme dans un cas d’école, on a bafoué ici les règles élémentaires du jeu démocratique. J’aurais mieux été inspiré si au fond,  je n’étais jamais allé à Villepinte mais profité de ma petite famille plutôt que de participer à ce qui s’est révélé par la suite,  une mascarade de démocratie.

Depuis plusieurs mois on a assisté tristement,  à une fuite des cerveaux. C’est toujours comme ça lorsque les choses deviennent nauséabondes.  Les femmes et les hommes engagés ; toutes celles et ceux qui avaient quelque chose à dire et qui croyaient en un projet politique différent, ont fuit, un par un.

Bien qu’on lui en ait fait beaucoup  le reproche, Quitterie Delmas, fut la première à percevoir quelque chose qui nous a ensuite tous sauté aux yeux. 

J’ai suivi sa décision quelque temps après. D’une certaine manière, nous avons eu raison avant les autres et avons été pionniers dans cette démarche.

C’est vers cette époque qu’est arrivée l’initiative de Christophe ; celle qui a précipité mon départ.

Au fond ce fut le dernier sursaut citoyen d’un homme libre qui lançait une dernière perche à Bayrou et à sa petite bande du 133.  Nous fûmes nombreux à signer au-bas de sa page électronique pour exprimer notre raz le bol et notre sentiment de désapprobation. Il y avait des gens engagés dans de l’associatif, des fonctionnaires, des élus locaux, des présidents de section. Des hommes et des femmes qui s’engagent dans la cité et qui connaissent la valeur des combats. Des gens qui se battent à visage ouvert.

Et j’en viens naturellement à l’initiative malheureuse de cette pitoyable Orange, en me disant au fond qu’il a gâché par sa couardise une belle occasion de montrer que les quelques militants qui restaient, des plus fidèles, n’étaient pas des gogos et que trop, c’était trop.

Son appel,  même si à la relecture, j’en approuve mot pour mot le fond, ne valait évidemment rien puisque notre militant activiste,  avait décidé de rester masqué et de signer de son pseudo de bloggeur. Celui-là même qui m’a menacé de poursuites (j’en ris encore) en ayant réussi préalablement à se procurer  mon numéro de portable grace à un ami commun, pour jouer l’effet de surprise et qui n’arrêtait pas de vociférer dans mon oreillette de portable.Voici que le misérable bonhomme, à l’idée que j’écrive les quatre lettres de son prénom s’est mis en transe. Ses gesticulations m’ont fait rire. Mais au fond je l’ai trouvé bien pathétique et symptomatique de ce qu’est devenu ce MODEM.

Si j’avais encore des doutes sur le diletement militantiste au MODEM, tout ceci est venu a point me conforter sur les termes du petit article que j’avais publié hier dans une certaine hâte. En d’autre temps, pas si lointain, certains auraient eu (comment dirais-je ??) le cran d’aller jusqu’au bout.

Peut-on faire du militantisme, prétendre vouloir combattre un homme politique, un appareil, mener une pétition, sans en accepter les règles élémentaires du jeu démocratique ?

J’invite d’ailleurs les cinéphiles à revoir le chef d’œuvre de Jean Renoir à ce propos ; qui en dit long sur les mœurs et les petites lâchetés d’une époque qui n’a rien à envier à la nôtre.

 Enfin, tout ceci se termine par une belle occasion manquée. Celle de faire céder l’autocratie qu’incarne le couple du 133.

Triste journée en fait.

Et puis comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule. Christophe annonce sur son blog qu’il prend du recul, qu’il se tait quelques temps, afin de mettre de la distance entre lui et toute cette cacophonie d’humeur et de bile.

 Il a bien raison.

A l’observation, Il n’y a plus dans ce parti que des gens qui se détestent, qui s’étripent et qui avancent le visage masqué.

Masqué comme dans un carnaval.

JPB

 

07.12.2009

Le projet DESERTEC, sans la France

copoz.jpgDans dix ans, vers 2020, le soleil de Sahara devrait fournir 20 % de l’électricité européenne.

 

En septembre 2008 était organisée à Valence en Espagne, une conférence sur l’énergie solaire qui a rassemblé 30 000 personnes.

C’est le projet DESERTEC.  Il consiste à produire massivement de l’énergie solaire dans le Sahara.

 

La question d’utiliser de l’énergie solaire de façon massive est connue depuis très longtemps. L’énergie solaire représente 10 000 fois l’énergie consommée au niveau mondiale;  une énergie propre, renouvelable qui devra à terme, trouver un modèle économique rentable pour se substituer aux énergies fossiles.

 

Dans le désert, chaque mètre carré de surface au sol reçoit environ l’équivalent de 2 barils de pétrole en énergie par an.

A terme, ce sont des centaines de centrales solaires thermiques qui couvriront le désert.

 

Pour alimenter l’Europe en électricité il faut un carré de quelques centaines de kilomètres de côté (en comparaison, le Sahara couvre une superficie de 8 600 000 kms²). 550 Térawatts heures correspond au besoin énergétique de la France pour un an : 2500 km² de Sahara en viendrait à bout.

 

12 compagnies ont formé DESERTEC et s’engagent pour 2020 à produire 20% de l’énergie de l’électricité européenne.

Pour se faire, il leur faudra transporter l’énergie solaire par des câbles électriques qui,  pour minimiser les pertes en lignes, seront portées à des tensions d’environ 1 million de Volts sur quelques milliers de kilomètres nécessaires pour atteindre l’Europe.

 

Depuis un ou deux ans, les choses s'accélèrent et une prise de  conscience planétaire s’est opérée chez les scientifiques et dans les entreprises innovantes. La question du changement climatique, l’épuisement du pétrole des ressources, ont joué un rôle majeur dans cette démarche.

 

Siemens, la Deutsch Bank, un groupe algérien, un groupe espagnol de centrale solaire, des suédois font partis de l'aventure ; aucun français !

 

Je regrette qu’aucune entreprise française ne soit partie prenante dans cette révolution.

 

Pour aller plus loin..

 

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Pierre a réalisé un billetsur le sujet  il y a quelques mois, consultable sur son blog, avec quelques compléments d'infos :
http://exigencedemocratique.blogspot.com/2009/12/copenhag...

Aussi sur le blog de Pierre, une table-ronde animée par Yann Wehrling et JLuc Bennahmias à Arras avant-hier, où le projet Désertec a été évoqué :
http://exigencedemocratique.blogspot.com/2009/12/copenhag...

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