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12.03.2007

Le MP3 du jour : Voilà, c'est fini


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11.03.2007

Le MP3 du Jour : Le démenagement


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10.03.2007

Le MP3 du jour : Denez Prigent et Lisa Gerrard : Gortoz A Ran (J'attends)

09.03.2007

L’annulation de la dette du Tiers Monde, toujours d’actualité

medium_cadtm.JPGEn janvier dernier, à Nairobi au Kenya, s’est déroulé la septième édition du Forum Social Mondial. Espace de construction d’alternatives à la globalisation néolibérale, les enjeux liés à ce FSM étaient aussi nombreux qu’importants. Pour la première fois en Afrique, il s’agissait avant tout d’élargir l’enracinement du mouvement alter mondialiste sur le continent le plus touché par les politiques néolibérales.
 
Depuis des décennies il est question dans beaucoup de rencontres occidentales (G8, Davos) de l’effacement de la dette du Tiers Monde sans que celui-ci n’ait eu lieu de façon efficace. La situation financière des pays surendettés, surtout en Afrique, est devenue intenable et est la proie à des récupérations islamistes et dictatoriales de toute nature dès lors que le tissu social et économique d’un pays se trouve broyé par une globalisation néolibérale qui fait la part belle aux pays asiatiques

Dans un temps ou des pays-continent pèsent de plus en plus sur les enjeux économiques à venir, il me semble que l’Europe et en premier lieu la France devraient reprendre l’initiative de défendre un certains nombres de pays au lieu d’y entretenir des guérillas claniques qui aboutissent toujours aux désordres et aux constitutions de nouvelles alliances politiques douteuses.

Depuis trente ans, la France, demande à ses partenaires occidentaux d’assurer un cours stable et rémunérateur pour les matières premières minérales et agricoles qui sont les ressources principales du Tiers Monde. Mais les Etats-Unis et les Grande Bretagne ses ont toujours opposés à une véritable organisation des marchés. Quand un pays ne peut plus faire face à ses échéances, les Fonds monétaire international (FMI) est sollicité. Il envoie des experts qui mettent sur la table un programme de redressement financier, inspiré du libéralisme pur et dur du XIX ème. Ce programme tient en trois points :

1/ Baisse sensible du pouvoir d’achat des salaires dont le montant ne suit que de très loin la hausse vertigineuse des prix.

2/ Baisse des deux tiers des importations : On ne garde que les achats d’énergie et d’alimentation. Dans les pays africains privés d’industrie, on ne trouve plus alors que les produits facturés d’usage courant. On constate une pénurie des matières premières, des produits semi-finis, de biens d’équipement et de pièce de rechange, ce qui aboutit à cette absurdité de rendre impossible les exportations qui procureraient des devises.

3/ Baisse du déficit budgétaire : Dans les pays où la pauvreté est la plus grande, on supprime les subventions de l’Etat qui permettent aux plus pauvres d’acheter la nourriture de base au-dessous du prix de revient - ce qui entraîne une forte hausse du coût de la vie ; dans les pays les plus avancés, on doit renoncer à tous les travaux d’équipements qui rendraient possible le progrès.

Les conséquences premières sont évidentes : le chômage et la misère s’accroissent et dans certains cas, réapparaît la famine. Partout gronde le mécontentement et la colère.

La conséquence seconde est politique. S’il est vrai que nous assistons, de la part des islamistes et de leurs alliés du proche et du moyen orient, à une formidable tentation de déstabilisation de l’Occident, nous leur donnons une prise inattendue ; nous renforçons les chances des mouvements subversifs qui trouveront chez certains pays du Golf argent et armes.

Nous avons une raison plus égoïste de prendre une initiative. Vous êtes-vous demandé pourquoi nos banques occidentales continuent à prêter de l’argent à des pays qu’elles savent déjà insolvables ? Tout simplement parce que, si leur carence est proclamée, les établissements financiers devraient porter au passif de leurs bilans des « provisions pour créances irrécouvrables ». Leurs clients découvriraient alors que les banques sont incapables de rembourser l’argent des dépôts qu’ils ont reçus. Et ce serait une panique financière comme il n’y en a jamais eu dans l’histoire.

Tous les financiers qui ont une activité internationale vous diront que le surendettement du tiers monde est un problème aussi préoccupant que les problèmes écologiques qui demanderont des mutations industrielles rapides. Avec une préoccupation supplémentaire, si on continue de rien faire pour les pays en voie de développement, plusieurs d’entre eux seront tentés par les sirènes islamistes.

Les réactions à l'article sur Agoravox

@Phileas 03.2007

08.03.2007

Le CRAN pointe du doigt les discriminations de la minorité Noire en France

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Le CRAN dévoilait dans l'édition du  mercredi 31 janvier 2007 dans le Parisien le résultat d’une étude qu’il a commandé à TNS Sofres : 4% de la population française de plus de 18 ans serait noire (1.865.000 individus), et 56% de ces noirs se disent discriminés au quotidien.

Des discriminations qui interviendraient pour 62% des sondés dans l’espace public et les transports en commun, pour 42% au travail. Pour les défendre, ils font confiance aux associations à 81% et à l’école à 72%. Ils ne sont que 29% à attendre un effort de la part des politiques.

37% des personnes interrogées estiment que les discriminations se sont aggravées au cours de l’année dernière, contre 40% pensant que rien ne change et 17% affirmant qu’elles se sont réduites.
Un sondage qui porte à polémique de par son concept même, qui utilise des statistiques ethniques. Une mesure inédite en France, où les enfants de la République sont réputés être tous égaux sans que l’on puisse faire de distinction de race.
Le CRAN met en avant la lutte contre les discriminations pour justifier le besoin de statistiques ethniques précises. Pour Patrick Lozes, président, « les gens que l’on ne compte pas sont des gens qui ne comptent pas ».

D’autres associations noires s’y opposent farouchement : Claude Ribbe, président du Collectif Dom estime que « l'Outre-mer ne se reconnaît pas dans la notion de noir » et que « la mise en place de statistiques « ethno raciales », est de nature à renforcer le racisme en France ».

Autre point important avancé dans le camp du « pour », le vote noir. Prouver l’existence d’une population noire française obligerait les politiques à la prendre en compte et donc à agir en sa faveur.

Indiscutablement inadmissibles il y a encore très peu de temps, les statistiques ethniques sont en réalité déjà utilisées notamment dans le domaine du marketing. La différence aujourd’hui est que le CRAN dévoile cette étude en place publique.

Un premier pas qui pourrait faire des émules, souhaitées par certains comme arme dans la lutte contre les discriminations, par d’autres comme mesure du taux de délinquance, ce que réclame Nicolas Sarkozy.

07.03.2007

MP3 du jour : Lili


U-Turn - AaRON
envoyé par Myla_

Que doit-on attendre de Sarkozy ?

medium_NS.jpgRegarder bien cet homme, ivre de pouvoir, agité et nerveux aux propos minimalistes. Il additionne les petites phrases assassines, qu’il assène avec autorité. Il croit en son destin. On sent d’emblée chez ce garçon que l’intelligence n’est pas son fort. Mais ce n’est pas sa motivation principale que de penser juste et bien.

 

Que doit-on attendre d’un homme qui préface le dernier livre de Gianfranco Fini, le post-fasciste italien, vieux complice du Ministre de l’Intérieur candidat ? Il ne faudrait pas trop le pousser pour le voir franchir les Alpes et faire campagne auprès de son ami français dont il dit être en « quasi-symbiose politique, caractérielle et générationnelle ».

Que doit-on attendre d’un candidat à l’investiture qui peopolise sa famille pour arriver à ses fins, qui clôt certains de ses meetings par l’image de son fils jetée en pâture à une foule dont il pense faire vibrer la fibre familiale ? Que doit-on attendre d’un Président potentiel qui sait faire feu de tout bois pourvu que ça serve ses intérêts les plus immédiats ?

Comme pour pêcher les voix Frontistes, lors de son déplacement à Charleville-Mézières, au chevet de la France qui souffre : Il est venu de nouvelles idées au candidat Sarkozy, pour le cas où il remporterait les élections présidentielles. Celui-ci annonce la création d’un ministère de l’immigration et la disparition des SDF dès la première année de son investiture ! Il démontre une fois de plus, l’étendue sans limite de sa démagogie. Cette posture qui consiste à chasser en terres lepéniste s’est toujours soldée par un échec. Loin de disperser les voix du leader populiste, cela fonctionne toujours comme un appel d’air qui renforce l’électorat Frontiste. L’UMP n’a toujours pas compris que pour la France qui souffre, elle n’incarnera jamais un rempart contre les fantasmes d’une immigration supposée, mais restera perçue comme le parti de ceux qui prônent une politique d’économie libérale de marché qui laisse de plus en plus de salariés sur le bord des trottoirs : D’où l’augmentation croissante du parti de Jean Marie le Pen (avec son paroxysme atteind en 2002) où se retrouvent pêle-mêle les petites gens et tous les laissés pour compte de la dictature économique libérale. D’ailleurs, Un sondage IFOP pour le journal Libération montre que le problème de l’immigration n’apparaît qu’à la 15ème place des préoccupations des français ....loin derrière le travail, le logement et la santé. Nicolas Sarkozy prétend arriver à zéro SDF dès la première année de son investiture alors qu’il n’a pas la moindre ambition de réaliser une politique de réinsertion sociale, préférant dans sa mairie de Neuilly, s’acquitter d’une amende plutôt que de construire quelques logements sociaux .

Quel souvenir doit-on garder de Nicolas Sarkozy qui restera lié aux soulèvements des banlieues, aux problèmes d’insécurité d’une France et d’une partie de sa jeunesse errante qu’il a stigmatisé en 2005 en ayant tenu des propos qu’un candidat à l’investiture suprême digne de cette fonction, aurait du ne jamais prononcer ?

Un discours sécuritaire sur la forme sans avoir sur le fond réussi à enrayer la petite délinquance qui a progressé sous son ministère. Et puis, un ministre de l’Intérieur-candidat devenu « Persona non grata » à Argenteuil et ailleurs qui devrait méditer la campagne d’affichage des Le Pen père et fille : Même eux, ont compris l’intérêt de faire appel à une beurette pour vendre leurs idées.

Enfin, que dire de la presse officielle qui lui déploie le tapis rouge : A commencer par TF1 dont le propriétaire de la chaîne, Martin Bouygues n’est autre que le parrain du fils du candidat de l’UMP et Arnaud Lagardère, industriel de l’armement et dirigeant du groupe de presse qui comprend notamment Europe 1 et Paris-Match, fut le témoin de son mariage avec la volage Cécilia ? Exit Genestar.

Invité par RMC pour évoquer la campagne en général et le volet médiatique en particulier Nicolas Sarkozy se prononce contre une loi qui interdirait à une entreprise sous contrat avec l’Etat de posséder des médias. « Est-ce qu’on croit que parce que tel propriétaire aurait un marché avec l’Etat qu’il y a un risque que tous les journalistes soient malhonnêtes ? Ca n’a pas de sens, enfin. Il faut arrêter avec cela. La communication a besoin de grands groupes »

Le journaliste Jean Michel Apathie, l’a déjà pronostiqué vainqueur sur son billet du 5 mars 2007. Il sait, sans doute que celui-là même qu’il pronostique prochain Président de la République considère son Blog comme « gauchiste  » : Si Apathie est gauchiste ça en dit long sur la vision politique de Nicolas Sarkozy...

Pourtant, certains groupe indépendants résistent auxquels il faut rendre hommage : Depuis 2004 ; le Canard Enchaîné n’a jamais cessé de dénoncer les dérives du personnage  : A son arrivée à Bercy, la famille Sarkozy emménage dans un hôtel particulier de 5 logements : l’un de 278 m², un autre de 330 m², un de 83 m², et 2 autres de 78 m². Le tout uniquement pour les besoins personnels du couple et enfants.

Le petit personnel, lui, est prié d’aller emménager dans des appartements sans aucune commune mesure. Cécilia, le 3 mai 2004, a commandé dans l’urgence, pour la demeure familiale, 5 téléviseurs à écran plasma (coût moyen : 4000 € par téléviseur) payés par les contribuables. Nicolas, à son arrivée, a fait diffuser la note de service ci aprés : « Toute demande de Cécilia Sarkozy doit être honorée et qu’il ne soit jamais fait référence aux problèmes de coût ou de disponibilité de crédits.

Pour les besoins de la famille, 7 voitures payés par le contribuable : 4 velsatis et 3 Peugeot 607. Tous les matins, une voiture avec chauffeur conduit le petit dernier à l’école, toutes sirènes hurlantes, ce qui est illégal. Mme Sarkozy a demandé un lit de 2 mètres sur 2 pour la chambre du couple. Quant au personnel mis à la disposition de la famille, et sur demande de Cécilia, il doit travailler continuellement en habits d’apparat (queue de pie et chaîne en argent) alors que le protocole ne l’exige nullement. Bref, l’argent du contribuable n’est pas un problème pour la famille Sarkozy. « Extrait d’un Article paru dans l’édition du Canard Enchaîné du mercredi 5 mai 2004 »

Jamais un Ministre n’avait osé afficher tant de mépris pour la France d’en bas, et n’avait osé dépenser de manière si outrancière l’argent du contribuable. Un mépris affiché pour les conditions douloureuses dans lesquelles vivent de plus en plus de français du quart-monde, dont l’espérance de vie est ramené à 43 ans.

Nicolas Sarkozy est un candidat qui use de tous les artifices mis à sa disposition par son équipe de communicants pour atteindre la dernière marche : Même s’il lui faut jouer du grand écart en délivrant ici un message de gauche et là-bas un message de droite au gré des endroits qu’il visite. Le Président de l’UMP reflète une France qui s’articule sur des valeurs archaïques qui sont autant de menaces sur ce qui fait l’essence même de notre Nation laïque et républicaine

Le Travail (nous avons bien compris qu’il souhaitait que les français travaillent plus), la famille (exit l’homoparentalité qui n’est pas, dans ses convictions) et la Patrie (la France tu l’aime ou tu la quittes). La forme du discours est rodée et mise en scène avec les manières du camelot, du VRP qui abusent d’arguments simplistes flattant la multitude pour vendre une salade populiste, utilisant à la virgule près, le même vocabulaire depuis 2002 construit et voulu de la sorte, dans un mauvais français qui tronquent les négations, avalent les « r », multiplie les fautes grammaticales afin que toulmonde se dise que c’t’homme là, y cause bien et qu’on comprend s’qui dit. Parce que l’homme doit avant tout faire corps avec sa partition jusqu’à se caricaturer lui-même. C’est l’idée la plus efficace de sa campagne à laquelle il se tient le mieux, tellement elle lui ressemble.

Et quand on veut bien faire l’effort d’un décryptage entre ses non-dits, ses presque dits et ses allusions à peine voilées, on découvre alors un discours ultra libéral, identitaire et religieux. En fait tout ce dont la France a mis deux siècles à se débarrasser.

Dans le monde Sarkozien les choses sont limpides ; soient elles sont blanches, soient elles sont noires : Il y a les victimes et le discours angoissant qui l’habille (les magistrats font des erreurs)  ; l’ordre qu’il faut rétablir (le discours sur la délinquance : On sanctionne d’abord et on discute après), le libéralisme d’entreprise qu’il faut encourager (seuls ceux qui accepteront de travailler plus et plus tard seront reconnus et aidés).

Je ne suis pas sûr que ce discours anxiogène construit autour de la réussite individuelle, la victimisation et le retour à l’ordre séduisent les français sur le long court. Je crains même que s’il était élu, des foyers de désordre se multiplient assez rapidement dans les cités, dans le monde du travail, dans les administrations et les grandes entreprises et que ce pays devienne très vite incontrôlable et ingouvernable : A vouloir monter une partie de la population contre une autre, ce qu’il s’est toujours employé à faire, jusqu’à critiquer l’exécutif d’un gouvernement dont il fut l’un des membres pendants 4 ans (quelle schizophrénie !) on attise les haines et les frustrations.

NDA : Toutes les contributions informatives sont en hyperlien dans le texte.

@Phileas 03.2007

27.02.2007

MP3 du Jour : Rob Kelly : I believe I can fly

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Bayrou sur TF1 : Oral mitigé

medium_bayrou_nb.pngBayrou ne m’a pas convaincu ce soir sur la forme comme sur le fond.

Sur la forme : François Berléand, fervent supporter, dit en parlant de lui qu’il a le charisme d’une moule ! Il exagère.  Pourtant ce soir, force est de constater qu’il était un peu raide, professoral, parabolique à souhait et assez long à formuler des réponses : La concision n’est pas son fort. Et malgré ses convictions sur l’avenir de la France qui devrait selon lui, se faire en marge de la politique politicienne et de la dichotomie droite-gauche, sa façon de parler nous rappelait ses anciennes fréquentations aux  cabinets ministériels de l’Etat RPR (comme l’appelait les dirigeants socialistes de l’époque). Sa visite à TF1 face à cent français s’est faite dans une posture très Elyséenne: Les petites formules du genre « comme nous sommes entre nous, ne le dites à personne.. » à propos de Robien,… « Vous êtes de Caluire, cher Monsieur, il y a un excellent vin à Caluire ». Ou bien encore « Je vais vous raconter une petite anecdote qui m’est arrivé lorsque j’ai rencontré Machin »  pour étayer un point vue, étaient du pur jus « 5ème République ». Une forme qui m’a fortement agacé et m’a empêché d’adhérer naturellement à son discours. Cette invite amicale à aller vers l’autre, ressemble beaucoup aux serrages de mains du salon de l’agriculture mais en aucun cas au rapport direct qu’attendent les français de leurs futurs dirigeants dans cette forme révendiquée de rupture, à la mode en ce moment. Une raison possible à cela :  L'homme misant sur ses capacités intellectuelles qu'il croit supérieures aux autres candidats,  a privilégié le fond sur la forme.

Sur le fond : A trop vouloir tirer la couverture sur sa gauche, François Bayrou pourrait bien le payer dans les prochains sondages. Ses arguments de campagne on de plus en plus de mal à se démarquer de la proposition Ségoleniste. Au détour d’un commentaire, d’une prise de position, d’une explication de texte, soudain apparaissait l’ombre séduisante de Ségolène Royal passée juste avant lui sur le plateau de la chaîne privée et l’étrange nostalgie  de ne pas l’entendre s’exprimer à sa place. C’est un sentiment assez dangereux, car il pourrait bien devenir une passerelle d’une droite modérée, effrayée par le discours Sarkozyste, qu’il décomplexerait de voter à gauche. Ainsi les quatre à six points récupérer dans les sondages sur la candidate pourrait à nouveau revenir  au bercail socialiste.

Sa déformation de prof lui joue des tours. Chaque idée est construite sur un schéma rédactionnel très scolaire (introduction, thèse, antithèse, synthèse) qui lui fait perdre un temps précieux. Durant la première heure d’émission, Ségolène Royal avait répondu a beaucoup plus de questions que lui. On sentait de l’ennui sur le plateau jusqu’au moment où les « petits candidats » on réveillé la salle.

Enfin TF1 est prise à son propre piège. L’émission est une caisse de résonance de toutes les frustrations sociales des français qui ringardise le discours libéral de Sarkozy et place le discours sécuritaire bien loin des préoccupations sur l'éducation par exemple. Les petits candidats, tous de gauche ce soir là ont enfoncé le clou. On applaudit à tout rompre les réponses musclées  de la candidate de Lutte Ouvrière. On découvre une Voynet très réactive, maîtrisant bien ses dossiers et offrant des réponses  satisfaisantes à toute les questions posées. Seul, Bové reste sur la touche. Il manque d’assurance, est lourdaud et traîne une démarche de syndicaliste qui le rend peu crédible dans une stature de présidentiable. Ce soir-là, lui aussi  est défavorisé par son sexe.

Car je persiste et signe : Le désir de voir une femme accéder au plus haut sommet du pouvoir dans ce pays, n’ayant pas encore aboutit, il faudra que ce fantasme s'assouvisse coûte que coûte (comme est le propre de tout fantasme). Ce qui amènera probablement Ségolène Royal à remporter les élections.

Ce ne sont pas les gens politiquement engagés qui font les élections, ce sont les indécis. Ceux qui, apolitiques mais respectueux de remplir leur devoir d’électeur le jour d’un vote, font et défont les majorités. Ceux-là, fonctionnent sur des stimuli qui varient tout le temps, très souvent au grès de l’amplificateur médiatique.

Dorénavant, ils n’auront de cesse que de vouloir porter au pouvoir celle qui, plus par son sexe que par ses idées, aura le génie d’incarner quelque chose de l’ordre d’une appétence profonde et violente comparable à ce qui nous anima le soir du 10 mai 1981 lorsque apparu le crâne de F Mitterrand sur l’écran de nos téléviseurs  (pour ceux d’entre nous, déjà vivant à cette époque).

@Phileas 02.2007

Les réactions à l'article sur Agoravox

23.02.2007

Au secours la gauche revient.

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Elle qui nous avait seriné les oreilles avec son pacte présidentiel, ses jurys citoyens et sa démocratie participative, la voici qui s’accoquine avec celles et ceux que même, dans le pire de nos cauchemars, nous n’imaginions pas voir réapparaitre.

La politique du Parti Socialiste ressemble à s’y méprendre à une machine à perdre.

On en vient à se demander, lorsque enfin frémissent dans les sondages quelques nouvelles rassurantes, s’ils se réunissent pas très vite pour trouver l’idée la plus farfelue pour faire capoter le moteur et écraser tout engouements et espoirs populaires : C’est un métier chez eux, une vocation dans laquelle ils excellent!

Quelle analyse politique doit on en retirer ? Evidemment aucune ou bien toute à la fois, ce qui revient au même.

Aucune stratégie sur le long court, rien que des coups qui se succèdent dans un désordre  si visible qu’on en serait porter à rire si les enjeux pour la France n’étaient pas au cœur de ces pantalonnades.

Après la Glasnost et la Perestroïka, voici Ségolène Royal priez de rentrer dans les rangs et de composer avec tous celles et ceux qui au premier tour de l’élection de 2002 nous avaient par lassitude donné envie de rester chez nous ou nous éparpiller dans des votes protestataires et Chevènementistes qui ont conduit la France à un réveil pénible au soir du 22 avril. Revoir ressurgir les gueules bouffis de ces caciques du parti est un véritable scénario à la Chabrol : Une famille bourgeoise et tordue recomposée sous les applaudissements et les rires  de l’UMP.

Au fait,  je ne résiste pas à vous  repasser le générique au cas où vous en  auriez oublié quelques uns :

Les acteurs

Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Pierre Mauroy, Henri Emmanuelli, Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Bernard Kouchner, Yvette Roudy (ancien ministre),

 Les présidents des groupes parlementaires

Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel, François Hollande, premier secrétaire du PS.


Directeurs de campagne : Jean-Louis Bianco et François Rebsamen
Directeur de cabinet : Christophe Chantepy
Coordination des forces politiques soutenant la candidate : François Hollande, Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, Jean-Michel Baylet, président des radicaux de gauche (PRG)
Coordination des interventions thématiques : Jean-Pierre Chevènement
Pôle "expression publique" : Jack Lang et Julien Dray"Conseillers spéciaux".

Porte-parole  (ils ne seront pas trop de 3) : Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Najat Belkacem (coordination : Jean-Louis Bianco).

 


Le MP3 du jour dans la foulée ......


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22.02.2007

Le MP3 du Jour : Le condamné à mort.

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21.02.2007

Le MP3 du Jour : Ismael Lo, Tajabone

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Sauvons Le Darfour et mobilisons-nous

medium_darfour_4.gifChaque mois, 10 000 personnes sont massacrés dans l’indifférence générale. Selon l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, le Darfour est "l’enfer sur terre".
 
En janvier dernier, un sommet de l’Union Africaine réunissait à Addis-Abeba, les principaux chefs d’Etat du continent africain en présence du nouveau secrétaire d’Etat des Nations Unis.

Les discussions n’ont permises aucune avancée décisive dans une résolution de la crise au Darfour qui dure depuis presque quatre ans et qui aurait fait, selon les chiffres de l’ONU trois cents mille victimes et provoquée le déplacement de plus de deux millions d’habitants.

La communauté internationale ne fait rien car elle est divisée. Mais parce que nous sommes impuissants, devons nous rester silencieux ?

Il existe une mobilisation insuffisante de l’opinion publique internationale, plus particulièrement en Europe, parce que nous considérons qu’il n’y a pas grand-chose à faire.

Pourtant, le risque d’embrasement de la région est aujourd’hui bien réel puisque le Tchad et la Centrafrique accusent le Soudan d’abriter des milices rebelles.

Les organisations humanitaires font aussi l’objet d’attaques de la part des factions rebelles : La semaine dernière Médecin du Monde annonçait la cessation de ses activités dans la région.

La présence des ONG et plus largement des organisations humanitaires sont là pour soulager les populations déplacées mais paradoxalement elles alimentent le conflit dans la mesure où elles deviennent elles-mêmes un enjeu économique dans le pillage et les luttes d’appropriation entre réguliers et irréguliers. Leur présence sur les lieux ont permis de mettre en évidence et d’identifier clairement les soldats soudanais comme responsables des massacres perpétués. Ce qui laisserait penser que des responsables à Khartoum auraient intérêt à vider certaines régions des ONG pour être libre d’accomplir leur travail génocidaire.

Seule l’intervention des casques bleus en vertu de l’article 42 du chapitre 7 de la Charte des Nations Unies permettrait de prévenir ou de réagir, contre les attaques sur les populations civiles du Darfour et de protéger les travailleurs humanitaires afin qu’ils remplissent leurs missions en toute sécurité. La décision de faire cesser le génocide au Darfour par les casques bleus incombe en premier ressort aux 5 Etats membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

Un Etat géopolitiquement et énergétiquement clé dans la région.

 

Les Nations Unis n’ont jusqu’ici pas réussi à faire procéder au vote d’une résolution prévoyant une intervention des forces de la communauté internationale, ni même parvenu à faire condamner les agissements du gouvernement soudanais parce que la Chine, premier investisseur étranger au Soudan, s’est jusqu’à présent bien gardée de sanctionner le régime allié : Le Président Oundjian Tao qui vient d’achever une longue tournée en Afrique a plaidé pour le respect de l’intégrité et de la souveraineté territoriale du Darfour.

Le Soudan est un Etat où se trouvent les sources du Nil, mai c’est avant tout un Etat pétrolier où 80% de la production de pétrole est dirigée vers la Chine, ce qui explique que les chinois aient des raisons fortes d’être réticents à sanctionner le gouvernement Soudanais. La Chine qui contribue pour 50% aux exportations du Soudan et qui partage des intérêts géostratégiques dans ce pays avec les Etats-Unis.

La question du Darfour est une question humanitaire puisque cette guerre civile concerne quatre millions de personnes sur six millions d’habitants. Mais elle symbolise aussi toute la difficulté pour la communauté internationale de rendre stable un Etat africain.

Enfin, le Soudan est un Etat islamique qui applique la Loi de la Charria et qui s’appuie politiquement sur l’ensemble des pays qui pratique un Islam radical

Les grandes et moyennes puissances savent de façon claire qu’il y a des pratiques génocidaires dans cet Ouest du Soudan. Mais comme à d’autres époques de l’histoire du XXème siècle, elles sont la fois informées et restent immobiles.

Il est de notre devoir de conserver une capacité d’indignation intacte sur ce qui se déroule sous nos yeux et porter une condamnation morale la plus vive et la plus forte contre ces pratiques génocidaires.

Signez l’appel de SLD

@Phileas 02.2007

20.02.2007

Le MP3 du Jour : There will be a another day

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Ségolène Royal sur TF1 à l’aise dans la démocratie participative

medium_segolene_royal_013.jpgLa fonction essentielle de la politique est une fonction répressive : L’homme politique est là pour réprimer les demandes, définir des priorités, faire accepter des frustrations en offrant une synthèse des actions qui auront été décidées. Dans un forum médiatique comme le propose TF1, cette fonction n’est plus assumée et on surf sur le désir et la promesse. C’est la raison pour laquelle personne ne parle de la dette publique, personne ne parle de déficit ou très peu car le déficit est ce qui reste quand on a satisfait tout le monde sans arbitrer.
Dans ce deuxième rendez-vous avec les français, Ségolène Royal a montré une remarquable aisance pour ce genre de débat. Normal, si ce n’est pas elle qui a inventé le truc, c’est elle qui en a fait l’exploitation la plus professionnelle depuis le début de sa campagne.
C’est le triomphe du Royalisme, de la méthode des jurys populaires, tirés au sort, dont elle a adopté le principe et qui démontre la force idéologique de sa démarche.
La conséquence principale est l’atomisation totale du débat : Lorsque vous participez à un panel, vous y êtes comme chômeur, comme agriculteur, homosexuel, artisan, et vous savez que votre responsabilité dans l’émission est da faire passer le message légitime qui est le vôtre face à un candidat. Donc la fonction de la représentation de l’intérêt général, la fonction de synthèse n’est assumée par personne. Nous avons un panel de 100 personnes dont l’intérêt général est rejeté aux 99 autres qui devraient l’exercer.

C’est le même principe lorsqu’on met dans un gouvernement des représentants de la société civile. Pris individuellement, ces gens sont remarquables. Si on décide de donner satisfaction à leur demande, on se heurte à une juxtaposition de particularisme. La représentation nationale fini par en souffrir. Car elle a pour mission de fédérer l’ensemble des désirs d’une société alors que la société civile dit : ce qui compte est que vous fassiez quelque chose pour les mal logés, ou pour défendre le patronat. Cette atomisation a des effets sympathiques car elle oblige les hommes politiques à écouter ce que leurs électeurs veulent, mais a aussi des effets pervers.

Mais ce qui est certain ce soir est que la campagne électorale n’est pas jouée et que Ségolène Royal a réussi à recréer autour d’elle un climat d’appétence qui devrait lui être favorable dans l’opinion publique comme on pourra très certainement le vérifier dans les prochains sondages.
Le panel de français face à la candidate socialiste était bien plus virulent et plus pertinent  que celui qui faisait face à Nicolas Sarkozy. Etait-ce voulu par la direction de l’antenne qui croyait, en multipliant les intervenants et les questions, faire commettre un faux pas à la candidate ? Plus les questions étaient précises, plus Ségolène Royal semblait être sur son terrain.

Une fois leur question posée, les français avaient rarement le droit de suite.
Ils étaient soit coupés par l’animateur ou écarteler entre le dilemme de ne pas poursuivre par respect pour la candidate. Ou bien encore, ils préféraient se taire de crainte de devenir agressif avec toutes les chances de se faire ridiculiser.
A tous les coups, Ségolène Royal empochait la mise.

Reste à savoir si cette démocratie directe est véritablement autre chose qu’une démocratie d’apparence. On le verra vite après les élections.

19.02.2007

Le MP3 du jour : Tété : Une bonne paire de claques

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Réflexions sur les Médias et la démocratie participative 1/2

 

Les émissions politiques sont de retour sur le paysage audiovisuel, et la plus grande partie d’entre nous semble s’en féliciter.

Sur la forme, tout le monde aura noté l’abandon du journalisme classique qui ne semblait plus être une garantie de fiabilité et d’objectivité, d’où cette nouvelle façon de procéder sous forme de forum et de débat qui est une étape importante dans ce qui nous préoccupe actuellement : la démocratie d’opinion. Ce phénomène est tout aussi observable dans d’autres pays européens.

en France, il prend sa source en 2002 avec  la révélation de la crise de confiance des élites que confirment un taux d’abstention très élevé et le vote contestataire qui a bénéficié au Front National. Cette crise met en évidence et pour la première fois, la critique du pouvoir médiatico-politique qui noue des liens étroits et réels entre les média et les politiques. Aujourd’hui cette critique s’est encore amplifiée puisqu’elle s’inscrit dans le programme de beaucoup de candidats à l’exception près, ce qui n’est pas surprenant, de Nicolas Sarkozy.

Car jusque dans les années 80, les émissions politiques s’articulaient autour d’une notion d’expertise où des journalistes plus ou moins de connivence avec un homme politique invité, lui posaient, tour à tour, une série de question sur des sujets variés. (L’heure de Vérité)

On est passé ensuite à l’émission débat qui confrontait deux adversaires politiques (François Mitterrand et Giscard d’Estaing) où les échanges s’effectuaient à fleurets mouchetés.

Aujourd’hui, chaque candidat semble procéder par un système d’évitement du débat direct avec l’autre. Dans la primaire socialiste, on observait que les trois candidats en lice apportaient trois discours parallèles qui se frôlaient quelque fois sans jamais se heurter frontalement. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, n’ont jusqu’à aujourd’hui aucune envie de débattre l’un contre l’autre, au moins jusqu’au second tour.

Dans les rédactions le problème se pose dans des termes similaires au groupes audiovisuels: les journalistes semblent de plus en plus perdre le contrôle de leur journal dès lors que celui-ci est une entreprise comme une autre avec une notion de rentabilité mais qui doit faire face, de part la spécificité de son activité, à des journalistes qui doivent conserver le souci d’une information indépendante. Les radios posent un vrai problème du fait de leur manque total d’objectivité : RTL est devenue Radio Sarkozy avec trois jours de délires de ménagères appelant et débattant sur le répondeur de la station à propos de « la bravitude ». On baigne dans la désinformation et dans la procédure de manipulation. Europe 1, quant à elle se situe dans une démarche de complaisance molle et Radio France s’affirme comme la radio des Bobos de gauche et des fonctionnaires.

Pour les hebdomadaires, Il existe un paradoxe. On peut considérer que les rédactions font assez bien leur travail. En revanche, la mise en page et le poids accordés aux articles traitant d’un candidat faire ressentir la pression politique (sur le Point de la semaine dernière, trois doubles pages sur les massacres de Ségolène Royal, contre deux doubles pages sur Sarkozy relativement posées et bienveillantes).

Sur le champ participatif, reste Internet qui s’impose comme le média majeur underground. On y trouve à peu près n’importe quoi partagé entre des sites individuels (blogs) ou des sites d’agence. Mais la jeunesse du médium et sa transparence font qu’il est très possible de s’y informer de traverse. Internet s’impose alors comme une vigie contre toute malversation politico médiatique.

Dernier exemple en date avec TF1 qui avait mis sur son site le 1er forum consacré à Sarkozy en expurgeant la petite phrase embarrassante sur les moutons égorgés dans les baignoires : Dans la demie heure qui suivit la rumeur s’amplifia sur Internet, et TF1 dû remettre l’intégralité du forum en prétextant un problème informatique.

 Le problème de la déontologie journalistique est préoccupant en France.

 Les média ont imposé à  l’évidence Ségolène Royal dans les primaires socialistes puis Nicolas Sarkozy pendant cette première partie de campagne. C’est l’effet Yalta et l’effet Astérix :  

L’effet Yalta : Les media organisent une dramaturgie autour des deux candidats principaux en boudant les petits.

L’effet Astérix : joue le rôle du petit candidat surgissant de nulle part (JP Chevènement en 2002, Ségolène Royal dans la phase de contestation des éléphants du partie) comme Bayrou en bénéficie actuellement.

Compte tenu de la logique commerciale des médias, il est fort à parier que s’il continue de grimper dans les sondages, le débat central sera réparti différemment dans les prochaines semaines.

18.02.2007

Leçon de théâtre

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Martine s’est accroupie, les genoux serrés entre les bras. Un silence un peu étrange s’est abattu sur la scène et son décor vide. Franck, assis au troisième rang surplombe la salle. Une mèche brune lui balaie le front. Ses jambes sont étendues sur les accoudoirs du fauteuil d’en face. Il se tait, respecte le silence. Ce corps recroquevillé à terre donne une désolante impression d’absence. La matière écrase cette chaire qui transpire, derrière laquelle battent des veines gonflées d’un sang rouge.

"Je n’ai pas le sentiment que tu ais ressenti la dernière réplique ?" Franck a rompu le silence de sa voix monocorde et basse qui a remplie tout à coup l’espace. L’étoffe  épaisse de l’immense rideau rouge est marbrée de veinules claires. La matière recroquevillée à terre, tente de refaire surface et s’arracher à la présence létale du personnage qui l’habite. « Tu as eu une accélération dans ta voix qui n’apporte rien. Concentre-toi sur  le sentiment d’effroi et de vide . Tu comprends ce que je veux dire ? J’ai ressenti cela récemment,  lors d’un après-midi horrible alors que je tentais de rassembler mes idées pour écrire quelque chose qui tienne debout, et que n’y parvenais pas. L’urgence m’a obligée à une écoute intérieure et pleine. Essaie cela. » 

Un technicien en profite pour tester l’éclairage. Le plancher craque sous le poids de la comédienne. Son ombre se dédouble, se multiplie, s’entrecroise sous les faisceaux des deux projecteurs qui balaient la scène. Elle respire profondément et plus régulièrement.

"Ca manquait de vraisemblance alors ?" Elle a repoussé ses longs cheveux noirs derrière elle, avant de dire cela.

"Non plus. Il faut que tu transmettes une sorte de lassitude, d’abattement à l’égard d’Henry, te détourner physiquement d’un discours que tu lui connais trop bien.

"Je la sentais moins réservée." Une fresnelle avance lentement sur la herse à six mètres du sol et découpe son visage en d’inquiétants clairs-obscurs. « Elle n’est pas encore sûre de le quitter ? » Le silence à nouveau s’étend sur la scène vide comme une vaste brume. Martine se relève et cambre les reins. Fait quelques pointes d’assouplissement. « J’en ai marre, on arrête ? ».

Frank plongé dans la lecture de ses notes. Son visage impavide ne marque aucune expression particulière. Seul un battement de cils l’aide à relever la tête.

"Oui, Ok. Tiens, remarche un peu. Tu sais, comme tu l’as fait tout à l’heure."

Martine recule de quelques mètres et s’élance à nouveau et mime une pantomime qui ressemble à un pas de danse, les pointes de ses pieds frôlent à peine le sol.

"Ok, on stoppe pour aujourd’hui. D’un claquement de feuilles, Franck se lève et se dirige vers l’allée centrale pour la rejoindre. « Tu penses à tout ce qu’on a vu ce soir, surtout. » Martine fait un petit signe, lui sourit, puis l’embrasse furtivement sur les lèvres. Un petit baiser presque fraternel.

© Phileas 02.2007

17.02.2007

Barry White : There it is

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podcast

16.02.2007

Lettre ouverte au pathétique Jean Michel

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Monsieur Apathie (1)

Formeriez vous une caste d’intouchables à vous entendre gémir les uns et les autres dès que l’un des vôtres se sent un peu attaqué ?

Alain Duhamel est tout sauf une victime. Et Guy Birenbaum n’a pas plus allumé une mèche qu’un internaute lambda n’aurait finie par le faire.

Alors monsieur Apathie, cessez vos jérémiades que vous inspire ce petit fait divers sans grande importance. Il n’y a qu’à lire les journaux pour sentir à mots couverts, ce que nous ressentons de façon intuitive depuis des années déjà : Je veux parler de cet inceste délirant qui existe entre le pouvoir politique et médiatique.

Vous n’êtes pas monté au créneau, comme vous le faite aujourd’hui avec le zèle d’un bon petit soldat, lorsque vous avez su que Marie Drucker se mettait en congés de France 3 après qu’on eut révélé sa liaison avec un Ministre en poste ? Quid de Béatrice Schoendberg et de beaucoup d’autres que je ne listerais pas ici, car j’en oublierais sûrement.

Et puis toute le monde sait, dans la France d’en bas que monsieur Duhamel a toujours été proche des idées de l’UDF. Personnellement, cela me le rend plutôt sympathique de le savoir adhérer aux idées d’une personne comme monsieur Bayrou, plutôt qu’à celles d’un populiste démago comme monsieur Sarkozy. Et je le dis d’autant plus simplement que je suis de gauche.

Et vous voyez, ma prise de position devrais vous faire réfléchir : Vous et votre confrérie ne pourriez pas vous permettre une telle position. Pour des raisons que vous appelez éthiques mais qui font que vous ne serez jamais aussi bons et aussi pertinents que vos collègues américains qui n’hésitent pas, contrairement à vous,  à révéler  et à dénoncer les mensonges d’Etats fussent-ils présidentiels.

Alors que cela vous plaise ou non, le landernau journalistique devra aussi compter avec ce nouveau medium qui est le Net et qui n’utilise pas l’autocensure, comme vous la pratiquez.

Monsieur Duhamel en déduit que le pouvoir d’Internet à quelque chose à voir avec le totalitarisme. Et bien non. C’est tout le contraire. Cette prise de pouvoir  par la parole par celles et ceux qui n’y avaient pas accès jusqu’ici, est libre et sans contrainte. Elle vous étonnera et vous réservera encore beaucoup de surprises ces prochaines semaines. La seule contrainte qu’on lui connaisse et celle de certains journalistes qui pensaient pouvoir s’offrir un espace de liberté supplémentaire, en marge de leur rédaction, qui ont ouvert un blog, puis, ont du y renoncer à cause des pressions directes ou subliminales qu’on leur faisait subir dans leur environnement professionnel : Il ne me semble pas vous avoir entendu vous émouvoir à ce sujet, monsieur Apathie ? Prudent comme vous l’êtes, le vôtre est rédigé dans le giron de l’un de vos employeurs et n’est pas bien virulent.

Au fond je vous aime bien Jean Michel et n’allez pas imaginer le contraire. Si..si, et pour des raisons précises : D’abord pour la tonalité qui vous est propre et qui change d’avec celle de la plupart des autres journalistes. Elle est la marque de votre parcours atypique qui vous a amenez à pratiquer le journalisme sans être passé par le cursus habituel qui a tendance à rendre très prévisible le fonctionnement des uns et des autres. Et puis vous essayez,  à votre manière, sans trop sortir du cadre, de modifier quelques mauvaises habitudes prises par vos confrères dont vous savez au fond qu’elles existent, qu’elles sont condamnables et qui vous irritent, j’en suis convaincu.

D’ailleurs j’ai entendu que vous aviez confessé lors d’un dîné faussement mondain relayé par Paris Première, mise en scène et présidé par Thierry Ardisson que vous voteriez blanc : On pourrait imaginer que certains s’en offusquent et trouve votre confession déplacée et  se proposent de repasser l’image en boucle sur le Net en vous sommant de vous expliquer sur cette absence de prise de position claire  :)

Tout ça n’est que plaisanterie.

Mais ce matin vous m’avez particulièrement fâché. Vous étiez pathétique, monsieur Apathie sur RTL (2) lorsque vous vous être cru obligé de bouleverser votre chronique journalière pour défendre votre maître professionnel.

Il est difficile pour nous, vos lecteurs, vos auditeurs d’adhérer à ce genre de mascarade. Ca sentait vraiment « la remise des pendules à l’heure » contre un crime fait à lèse-majesté.

J’ai même cru vous entendre demander à votre interlocuteur des nouvelles sur la  blessure personnel de « son » état d’esprit : Quelle phrase alambiquée : On aurait dit du Fogiel.

@Phileas 02.2007

 
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