24.02.2012
Et le César du Meilleur film est attribué à .....

Le cinéma français a connu cette année un record absolu de recettes si on en croit les hebdomadaires professionnels et leurs modes de calcul. J’écris cela parce que la France est le seul pays (à ma connaissance) qui calcule le succès d’un film à son nombre d’entrées réalisées et non pas à son bénéfice réel.
Avec 215 millions d’entrées en salles, on atteint le record de l’année 1967 ! et malgré le téléchargement, cela veut dire que 68% de la population française est allé au moins une fois au cinéma cette année. Du coup les caisses du CNC sont pleines et le financement de la création se porte comme un charme.
Les films a qui l’ont doit un tel succès sont connus de tous : Intouchables, Polisse, The Artiste, Rien à déclarer, au moment où le téléchargement et le marché Internet de la vidéo à la demande sont en plein essor ; leur succès en salle fait mentir les-professionnels-de –la-profession, à la larme toujours facile, qui prétendaient jusqu'ici que la télé tuerait le cinéma et la création cinématographique. Au contraire, le succès de ces films va permettre de financer un cinéma d’auteur plus pointu, plus élitiste.
Il y a une fraicheur artistique dans le cinéma français à s'entêter à créer des Blockbusters qui n’en sont pas ; des anti-modèles économiques, sorte de prototypes improbables qui, une fois mis sur le marché, rencontrent leur public ou pas.
A l’inverse du modèle américain qui exploite le filon des films formatés (le super-héros, le film catastrophe, le genre SF, etc.…) les français sont dans une logique industrielle improbable où seul compte l’histoire, la rencontre entre un réalisateur et son producteur, la qualité inédite d’un scénario, l’intuition. Cette démarche bluff les américains mais force leur respect. Ils admettent volontiers que la France joue un rôle moteur dans leur démarche créative en leur permettant d’investir, de recycler, de racheter des scénarios clé en main qu’ils adaptent pour la clientèle américaine. Le doublon de la Guerre des Boutons fait honneur à la France, c’est une aberration commerciale absolue...Mais ça marche : 1,5 millions d’entrées chacun.
Le Cinéma français a une diversité de financement qui fait son succès : avance sur recettes, financement régional, préachat des chaînes de Télé.. Tout concoure à construire un budget. Le montage financier est divers. Chacun raconte une histoire différente. Sur les 450 dossiers annuels que reçoit Canal+, 200 dossiers se concrétisent. C’est toujours trop peu aux yeux des perdants, mais c’est un modèle culturel fiable.
Enfin, réjouissons-nous cette année que se concrétise l’apparition d’une nouvelle génération d’auteurs : Hazanavicius, Donzelli, Maïewenn, qui viennent rejoindre Audiard, Honoré, Joann Sfar, Olivier Dahan, Xavier Beauvois, Guillaume canet, au panthéon des créateurs d’histoires.
11:58 Publié dans 09 Economie, 13 Communication, 16 Culture (s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note








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