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09.09.2008

La meilleure part des Hommes de Tristan Garcia

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Tristan Garcia souhaitait écrire une histoire fictionnelle et évité l’écueil du roman autobiographique qui sert de dévidoir existentiel à toute jeune écrivain qui publie une première œuvre.

Il choisi la décennie 80 en toile de fond qui lui sert de tableau pour dépeindre les acteurs d’une génération frappée de plein fouet par l ‘épidémie du SIDA.

C’est, à ma connaissance, le premier à se lancer dans une fiction hagiographique qui traitent des mœurs et des acteurs de cette époque. Le sujet et le style du livre sont appelés, j’en suis sûr à devenir une oeuvre cinématographique. On imagine qu’un Lionel Delplanque traiterait avec enthousiasme le sujet.

La première impression est celle d’une écriture à la Bret Easton Ellis et laisse penser un instant à l’un de ces romans générationnels qu’on oublie après l’avoir lu.

Mais on dépasse rapidement ce sentiment pour s’apercevoir que le roman est beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît et remarquablement bien construit. Un roman lumineux et cultivé donc, d’une appétence incroyable qui nous fait basculer vingt ans en arrière pour nous fait revivre avec acuité et pertinence l’épopée homos.

Quatre personnages évoluent dans un Occident malade où une histoire contemporaine de la sexualité se joue/ L’arrivée de l’épidémie coïncide avec l’acceptation récente du modèle PD par la société occidentale.

Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde dans las années quatre-vingt le premier mouvement d'émancipation de l'homosexualité en France. Willie est un écrivain à scandale et c'est l’amant du premier. Tour à tour, L'un et l'autre s'aiment, se haïssent et se détruisent sous les yeux d'une jeune journaliste (narratrice) qui a la particularité d’avoir comme amant un intellectuel médiatique, qui est passé du maoïsme à la droite « décomplexée » proche du mouvement sioniste. C’est une saga sur fond de maladie et de libre arbitre. Les hommes sont jusqu’au-boutistes dans leurs attitudes et rien ne les fera plier, pas même la mort.

Nous assistons avec eux au spectacle d'une haine radicale et absolue entre deux individus, d'une période décisive dans l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident.

Et tout comme notre jeunesse, les voici qui réapparaissent qui d’Act Up à Didier Gustan, de Glucksmann à didier Lestrade, du déclin des intellectuels aux nouvel activisme, cette génération qui fut aussi la nôtre et qui, gavé de structuralisme et d'existentialisme, se rêvaient de nouveaux modèles, des causes idéologiques à défendre à travers un tissu associatif militant et engagé.

Bien sûr, si le roman est à clé, Tristan Garcia prévient que tous ses personnages sont fictifs.

Pour un premier roman, c’est un éblouissement. La mise en superposition de différents styles d’écritures est réussie. Le livre se termine en une apothéose littéraire classique mais combien enthousiasmante.

 

La Meilleure Part des hommes”, de Tristan Garcia, éd. Gallimard, 307 p., 18,50 €.

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