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31.03.2007

MP3 du Jour : L'Ile aux enfants

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podcast
 

30.03.2007

Le cas Marianne James


Voici venu le temps des rires et des chants, la 5ème saison de la Nouvelle Star et son Jury people prêts à relever tous les défis ... d’audience. Mais arrêtons-nous sur le cas Marianne James.

Elle avait toujours su qu’elle incarnerait une Diva d’opérette à l’époque où elle cherchait un personnage à sa démesure. Ses études musicales auraient pu la conduire vers une autre voie. Sa rencontre avec Véronique Vola en 1988 marqua le début d’un duo comique qui, de bouche-à-oreille, alimenta la rumeur publique. Sa personnalité exhibitionniste, tout en extravagance la propulsa seule, dans un bain médiatique dans lequel elle trempe encore.

Dans son premier spectacle, elle interprète Ulrika Von Glott, une Diva teutonique, gigantesque, overkitch et démesuré, flanquée de sa minuscule pianiste, Yvonne de St Coffre, aussi peu charismatique que la diva est outrancière. Revenues d’Argentine où elles s’étaient exilées pour d’obscures raisons, elles remontent sur scène pour donner un ultime récital.
C’est dans se rapport psycho-morphologique improbable, à travers un spectacle brassant tous les styles musicaux, (prétexte pour Marianne James à des changements de costumes incessants), que les deux femmes réalisent qu’elles ont cédées aux avances du même chef d’orchestre dont chacune revendique l’amour exclusif. Naît alors une relation conflictuelle et masochiste entre la diva et son accompagnatrice qui débouchera sur un conflit meurtrier, dans un barnum explosif. Le spectacle tournera onze ans et s’ajustera au fil des inventions des deux comparses

Pour avoir vu ce spectacle, je pense que Marianne James s’y dévoilait beaucoup plus que dans ses poussées lacrymales qu’elle nous offre aujourd’hui sur les plateaux de la Nouvelle Star. Son spectacle fonctionnait comme un immense miroir dans lequel elle puisait ses interrogations et ses limites, traversant l’univers hybride d’un soap-opéra gay aux envolées baroques et fellinienne. J’ai été quelques fois dérangé par la tournure que prenait ce spectacle, par sa démarche artistique, pour tout dire.

Par des effets savamment dosés, elle prenait son public à contre-pieds, tentant, par des moyens empruntés à une psychanalyse de bazar, de le déstabiliser en l’impliquant en lieu et place où elle aurait dû seule, affronter tous les risques de la scène. Cette Ultima moyen de créer une fusion charnelle entre elle et son audience, elle y parvenait chaque soir, en prenant au hasard un spectateur, qu’elle embarquait dans un jeu masochiste dont on ne savait jamais quand et comment cela finirait.

Aujourd’hui ce qui frappe chez elle, n’est pas moins sa corpulence qu’elle porte avec charme, qu’un cynisme qu’elle trimballe de plateau TV en prime-time médiatique. Un cynisme couplé d’un appétit de plaire.
Son dernier opus : Un CD musical qui a fait un bide. Il a déjà disparu des bacs de Virgin et de la FNAC.

Tournant le dos à la qualité pour la facilité, elle a choisi l’éphémère vedettariat cathodique et le divertissement populaire incarné par M6 et TF1 ; loin du mieux disant culturel promis par François Léotard au lendemain de la privatisation de la 1ère chaîne de télévision, à l’époque où elle débutait sa carrière.
Aujourd’hui, c’est toujours vers ce but qu’elle concentre ses efforts : Cultiver ce personnage d’ogresse femme qui lui a ouvert les portes des chaînes privées et d’Universal, exposant à la vindicte populaire des candidats chanteurs, distribuant bons et mauvais points, lapidant ou adorant dans un même syncrétisme.
Dès son premier spectacle, on la découvrait égocentriste assumée, montant une partie de la salle contre une autre : On riait, mais on ne se détendait pas. Mais se dessinait déjà très bien, ce personnage de mère dévorante qui fait le bonheur des prime-times télévisuels idiots.

 

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28.03.2007

Les premières rencontres du 5ème pouvoir

medium_5emepouvoir.jpgDans les années 80, le dernier trublion à avoir tenté de conserver son indépendance et avoir réussi à trouver de l’argent pour créer son journal fut Jean Edern Hallier. Mais il l’a chèrement payé

Aujourd’hui, aucun hebdomadaire n’est comparable à l’Idiot. Aucun média traditionnel ne peut prétendre à une réelle indépendance puisque la viabilité de la presse est largement liée aux recettes publicitaires.

En s’amarrant à de grands groupes industriels, à partir des années 80, la presse a tari ses marges de liberté. C’est dans ce contexte qu’Internet s’est imposé comme une alternative au système marchand de la culture et au phénomène de résistance à la désinformation: Le pronétariat dont parle Joël de Rosnay.

Jusqu’en 68, il y avait des débats d’idées, on voyait des étudiants débattrent pour savoir si untel était plutôt maoïste ou communiste. A partir de 1985, Sciences Po a pris le pas sur Normal Sup, les écoles de gestion se sont multipliées et de nos jours, la jeunesse bourgeoise n’est plus du tout rebelle. Elle ne se pose plus de questions de conscience comme pouvait le faire son aînée, comme le montrait le cinéma italien des années 60.

Une civilisation matérialiste s’est imposée: La loi du marché a fait le reste. Internet s’est imposée comme une nébuleuse anarchiste. Ceux qui on mis au point la toile ne se sont pas doutés des conséquences que cette nouvelle technologie impliqueraient sur l’économie marchande et la culture.

Après dix ans de pratique de l’Internet, on s’aperçoit encore qu’on est s’en doute au début de quelque chose de l’ordre d’une utopie qui impose une révolution de l’intérieur qui échappe à toute récupération et qui ringardise des professions, des donneurs d’ordre qui jusqu’ici étaient les distributeurs incontournables qui jouaient le rôle de filtre entre l’idée, l’œuvre et le consommateur.

Internet oblige à écrire vite, à réagir rapidement mais impose également de prendre du recul sur ce qu’on va dire.

AGORAVOX est né de cette mouvance historique qui s’imbrique intimement dans son histoire personnelle. Chacun de nous y contribue et apporte à l’édifice sa petite pierre.

J’ai été personnellement ravi de cette première rencontre. Ce qui manquait jusqu’ici et qui faisait la richesse de ce que j’évoquais plus haut, est le regroupement de gens, le café littéraire, l’aventure collective et physique qui est irremplaçable. Lorsqu’on écrit sur Internet, on l’a fait de chez soi et devant sa machine.

Cette première rencontre inscrit le travail de Carlo Revelli dans une pleine cohérence.

C’est aussi un retour à l’histoire, en quelque sorte: Avec les conflits intellectuels, les oppositions, les grosses bagarres sur les forums, les vidéos balancées sur dailymotion, AGORAVOX réhabilite les scandales, les querelles littéraires ou idéologiques qui ont marqué le 19ème siècle. Le retour à l’écrit, via les Blogs, renvoie aussi à l’épistolaire et c’est tant mieux !

Internet est la modernité au service du classicisme.

Et tout ce qui est bon pour l’échange est bon pour la démocratie.

Et j’ajoute, comme l’a souligné Alain Lambert, qu’écrire sur AGORAVOX renvoie à l’humilité et à l’apprentissage.


24.03.2007

Relaxe pour des caricatures à dessein

Au moment où Philippe Val vient d’être relaxé par le Tribunal correctionnel de Paris, Jean-Marc ROUBAUD, député UMP, souhaite déposer une proposition de loi «visant à interdire les propos et les actes injurieux contre toutes les religions».

La formule principale de cette proposition est : « Tout discours, cri, menace, écrit, imprimé, dessin ou affiche outrageant, portant atteinte volontairement aux fondements des religions, est une injure. » Ainsi seraient condamnés tous ceux qui oseraient critiquer, la Torah, la Bible et le Coran. Ainsi, plus question de dénoncer le terrorisme se nourrissant volontiers des paroles de Mahomet, devenu chef de guerre.

Il faut réfléchir aujourd’hui à la façon dont nous souhaitons que demain notre pays se positionne en matière de liberté d’expression :
Le droit à l’avortement
L’avancée des droits des femmes
Le droit à la contraception
L’égalité entre les hommes et les femmes
Le droit de choisir sa sexualité
n’ont été possible qu’après avoir placé la discussion en dehors de la position religieuse, en restant sur le terrain sociétal et laïque.

Si nous souhaitons qu’une loi, en réflexion actuellement au Parlement par un député zélé, pénalise le blasphème, créant ainsi un bouclier contre toute liberté d’expression, alors nous devons donner raison à Dalil Boubakeur contreCharlie-Hebdo.

Une religion devient idéologique lorsqu’elle veut se substituer au législateur pour définir le périmètre de la liberté d’expression ; lorsque des groupes religieux veulent agir dans le domaine publique : leur action devient idéologique.
Ce procès n’a pas rendu service aux musulmans de France qui tentent de nous convaincre qu’un islam à la française est possible : surtout quand Dalil Boubakeur, musulman modéré, se retrouve sur le même banc que l’UOIF.

Philippe Val et Charlie Hebdo croient à la démocratie de ce pays lorsqu’ils se font le relais de certains journaux danois qui publient des caricatures représentant Mahomet. La façon dont certains représentants du monde religieux s’attaquent à la liberté d’expression nous donne une petite vision de ce que devait être l’Europe des années 1930 lorsqu’un autre "isme" avait décidé d’en finir avec la démocratie séculaire européenne. On imagine la peur de ceux d’alors, qui se terraient de crainte de représailles aveugles et sanglantes et d’ exécutions sommaires.

Quant aux dessins pris pour cible, il est intéressant de s’arrêter un instant sur ce qu’ils représentent : c’est-à-dire une non-représentation puisque par essence, Mahomet est sans image.

Si cette loi passait au Parlement, les journalistes ne pourraient plus s’en prendre à une icône religieuse, si ce n’est pour dénoncer l’utilisation négative qui en serait faite. Ce qui n’empêcherait pas les terroristes de continuer à se ceinturer d’explosifs et se faire sauter au milieu d’attroupements de toutes sortes, en son nom.

 

C’est la responsabilité des journalistes et des intellectuels de dénoncer l’islamisme mais aussi les dirigeants occidentaux lorsqu’ils soutiennent des monarques douteux dont les régimes ont été mis en place juste après les mouvements de décolonisation des années 1950 à des fins pétrolifères et qu’ils maintiennent toujours, contre des peuples affamés, laissés dans l’inculture, la misère et l’indigence.
Car rappelons-le, les seuls jusqu’à présent à s’être intéressés à ces peuples sont des mollahs locaux qui leur apportent nourriture, culture coranique et qui ne se privent pas de réinterpréter à leur guise la moindre sourate et le moindre verset... à dessein
.

 

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22.03.2007

Le MP3 du Jour : Si rien ne bouge

medium_1429137684_m.2.gifAvec tout cela, j'allais oublier ton anniversaire

 

 

20.03.2007

Le MP3 du Jour : Lettre à France

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podcast

Ame câline


Michel Polnareff s’est retrouvé à Bercy devant 150 000 fans.

Il n’était sûrement pas évident de faire renaître un tel mythe de l’intérieur, lorsque quelqu’un vous a échappé depuis si longtemps. Se regarder dans la glace, ne pas se reconnaître, s’observer avec étrangeté ou compassion, presque incrédule à l’idée d’avoir incarné une telle légende quelque part dans le temps.
Puis, la jeunesse de la peau, le visage lisse, disparus eux aussi ; des années, enfermé dans la solitude d’une enveloppe vide. La difficulté supplémentaire du masque à surmonter.

Perdu dans un L.A. même pas hostile, juste indifférent à un inconnu qui déambule sur de grands trottoirs poussiéreux, qui fréquente les salles de gym lorsque le moral est au beau fixe et les bars glauques dans lesquels il se noie, lorsque les idées noires ressurgissent.
La sécheresse artistique d’un grand piano noir, devenu meuble poussiéreux, dont chacune des notes sonne comme des larmes de verre.
Une lettre à France pour seul testament.

Puis des envies de revenir. Des désirs fous de redevenir, toujours reportés à plus tard.
Une première tentative et quelques gaudrioles qui font encore plus mal après.
La colère de découvrir qu’on vous a piqué votre voix, le phrasé de votre piano le temps d’une chanson qui aurait pu être la vôtre.

Des années passent, encore, toujours et plus vite, qui l’éloignent de la rive : l’amiral a déserté définitivement son bateau.
Puis un matin, une sorte de sérénité s’installe. Il croit que c’est l’âge, une sorte de sagesse. Il se dit finalement qu’il est un survivant heureux qui vit bien des subsides de la Sacem. Michel a fini par se faire une raison.
Mais la sensation est trop légère pour être de la résignation, trop aérienne. La conjonction d’évènements heureux le porte davantage. Il a enfin fait la paix avec lui-même. Il a lâché prise. Ses anciens tourments ont disparus. Il sent comme un frémissement. Il n’a plus peur. Un rêve s’élève de nouveau devant lui, à sa portée. Il suffit d’un effort, d’un peu de courage pour qu’il se transforme en réalité.


De l’autre côté de l’Atlantique, la nostalgie traverse l’époque. Des chanteurs morts, magnifiés par leur disparition, sont l’objet d’hommages télévisuels successifs qui se déclinent jusqu’à la nausée.
Deux comédies très réussies Podium et Jean-Philippe posent avec humour les seules questions qui vaillent : Y a t-il une vie pour soi-même lorsqu’on est « fan de » ? Ou l’angoissante question : Et si Johnny n’avait jamais existé ?

Il passe quelques coups de fil et réunit les fidèles, ceux qui ont toujours cru en lui, même lorsque tout le monde le disait fini ou ingérable. Il leur dit qu’il est prêt. Qu’il ira jusqu’au bout cette fois-ci.
Maniaque et travailleur, il prépare son retour, dans l’ombre. Il sait qu’on l’attend au tournant, choisit ses musiciens avec méticulosité, comme à ses débuts.

Sans trop se poser de questions, Il a remis les gants et attend que le rideau s’ouvre.

Imaginez un instant que l’on vous annonce que celui que vous croyiez mort réapparaisse sous vos yeux, un soir, le temps d’un concert. Cette fabuleuse impression de remonter le temps et d’assister au miracle.
Sous un planétarium est suspendue une grosse paire de lunettes blanches. Le rideau s’est levé. Il est là, impeccable. Un peu épaissi. Il a conservé ses trois octaves, son charisme, sa légèreté et sa finesse. Ce mélange de timidité et de mégalomanie. On le sent touché d’être à nouveau en France, qu’il retrouve comme on retrouverait sa première fiancée.
L’artiste s’est reconstruit.

Etrangement, il pense à son père. Il est ému. Mais il sent que ceux qui lui font face le sont encore plus que lui, qu’ils ont le trac pour lui, sont prêts à tout lui pardonner : cette belle histoire d’amour dont parlait Barbara...

Ce fut un moment magique, étrange et merveilleux. Un fil qui se renoue naturellement.
Lorsqu’il s’est mis au piano, on s’est dit qu’on était privilégiés, les témoins d’un moment rare, d’une réincarnation païenne.
Michel a retrouvé Polnareff, intact et mythique et c’est à Paris que le miracle a eu lieu.

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19.03.2007

A quand une réforme du système électoral ?

Chaque élection présidentielle est le théâtre d’une crispation politique et d’un manège électoral assez étrange autour de la question des parrainages. On assiste à des situations paradoxales qui achoppent toujours sur la question de la crise de la représentation politique en France.

medium_constitution.jpgD’un côté des partis ultra minoritaires, comme le parti des travailleurs, qui réussissent à obtenir leur 500 voix, grâce à des réseaux de connivence sans grand rapport avec la démocratie, et de l’autre, le parti de Jean Marie Le Pen qui représente 17% des électeurs aux dernières élections présidentielles, parvenant même à se positionner au second tour, mais qui ne trouvent in fine, que 531 maires(1) acceptant de le parrainer : Il y a beaucoup d’hypocrisie dans un système qui n’a jamais voulu mettre hors la loi le Front National, qu’il laisse jouer dans la cours des partis légaux, mais qui le diabolise à longueur de débats ou reprend ses idées, au gré des vagissements de la démocratie d’opinion. Ce qui en retour, a permis à ce parti de jouer la carte de la victimisation et d’être un enjeu pour tel ou tel formation politique qui joue se parti contre le parti adverse. Du coup, nos élus politiques ne savent jamais s’ils doivent ou non parrainer des partis, sachant que sur les 47 000 personnes habilitées à donner des parrainages, deux tiers d’entre eux n’ont aucune couleur politique.

 

Les premières élections Présidentielles au suffrage universel ne drainaient pas autant de monde. Il s’agissait, à quelques exceptions près, de candidats représentant les grands partis politiques. Mais au fil du temps et du changement d’époque, du développement de l’individualisme, de la volonté d’être reconnu et du communautarisme, sont arrivés de nouveaux personnages, représentants des petites causes qu’ils défendent avec vigueur (les chasseurs, les contribuables, les néo-monarchistes, les Bonapartistes, les adeptes du plaisir sexuel, etc.).
Mais qui d’entre nous a déjà entendu parler d’Alain Mourguy, d’Edouard Fillias, d’Eric Taffoureau-Millet, d’Yves-Marie Adeline, de Christian Chavrier, de Jean-Philippe Allenbach, de Jean-Marc Governatori, pour n’en citer que quelques uns ? La plupart d’entre eux, n’iront pas jusqu’au bout, n’obtenant pas leur 500 sésames. Le premier tour est devenu une sorte de défouloir où beaucoup de candidats n’ayant absolument aucune intention de gouverner, ni même pas de programme, se présentent pour se faire connaître, avoir quelques minutes d’antenne à la télévision ou bien à la radio, être pris par le système médiatique qui leur donnera à chacun une petite notoriété, dans l’espoir, pour certains, d’empocher le pactole de la subvention d’Etat.
Ce trop plein de candidats à des effets pervers inattendus lorsque des grands partis décident, dans des postures tacticiennes, d’adouber tel ou tel candidat selon qu’il se montrera dangereux ou ami lorsqu’il s’agira de négocier les ralliements au second tour et de vendre ses voix au plus offrant.
Ce système offre l’image du dévoiement et montre ses limites démocratiques.

Le courage politique pour celui ou celle qui remportera l’élection présidentielle 2007, sera de réformer ce système en commençant par changer le mode de scrutin législatif et s’ouvrir à la proportionnelle : Des partis minoritaires pourraient ainsi avoir une représentation au Parlement qui leur éviterait peut-être la tentation de se présenter à l’élection présidentielle « pour exister ». Dès lors, on serait en droit de réduire le nombre de candidats potentiels par un durcissement des clauses (en augmentant par exemple le nombre de parrainage à 3000 voix), ce qui obligerait les petits partis à présenter un candidat unique (Cf. les anti-libéraux qui n’ont pas pu trouver un compromis) et mettrait un peu de cohérence dans la représentation politique.
Enfin des candidats marginaux ne seraient plus tenter de se présenter sans faire campagne pour toucher la subvention allouée par l’Etat et plafonnée à 808 000 euros, (ceci quelques soit le pourcentage obtenu) dès lors qu’ils ont trouver leurs 500 parrainages, à l’instar d’un Nicolas Miguet qui pratique l’exercice depuis de nombreuses années pour aller boursicoter l’argent du contribuable un peu plus loin.



(1) en 2002

Pour plus d’info : Ecouter l’émission de P. Meyer du 11 mars, sur ce même sujet - France Culture : L’esprit public.

15.03.2007

Pourquoi je vais voter Bayrou au 1er tour

medium_yeuxbayroy.jpegJ'ai choisi un candidat par conviction et non pas  par dépit ou pour en éliminer un autre.

Je voterai pour un homme  dont je pense qu’il sera capable d’incarner politiquement notre pays au sein de la communauté internationale.

Je voterai pour un homme authentique, incarnant un projet, un changement, et pouvant exister intellectuellement après une campagne, sans un aréopage de consultants et de conseillers qui gèrent son image ou d’anciens ténors de parti en mal de portefeuille ministériel.

 

Je vais faire mentir François Mitterrand qui affirmait à Georges Marc Benamou qu’après lui viendrait l’ère des comptables.

J’ai trouvé des qualités d’honnêteté et de sens de la pondération chez ce candidat (car une campagne électorale rend fou et agressif chez tout ceux qui comme nous, se passionnent).

Je voterai pour un homme qui rapproche les uns et les autres et formule un discours d’apaisement plutôt que de monter une France contre une autre, une classe contre une autre.

Je voterai pour un homme qui appelle à l’union nationale, (ce qu’aurait dû faire Jacques Chirac en 2002 pour éviter toute extrémisation du débat politique dans le pays).

Je voterai pour un homme qui a pour objectif de refondre les institutions pour rétablir la confiance des français.

Je voterai pour un homme qui ne surenchérisse pas de promesses électorales qui ne pourront pas être tenues sans le moindre argent ni l’aval de Bruxelles qui détermine 80% de nos décisions économiques et sociales.

Je voterai pour un homme qui replace la France dans la communauté européenne et lui fasse retrouver sa crédibilité. Un homme qui écoute les vrais intellectuels comme Emmanuel Todd qui propose une Europe protectionniste pour sortir du noeud gordien de la mondialisation en conservant le modèle européen qui doit rester la valeur universelle de référence.

Je voterai pour un homme qui dénonce le complot médiatique qui discrédite les journalistes et qui légiférera pour l’indépendance des médias.

 

Comme je l’ai écrit ailleurs, la fonction essentielle de la politique est une fonction répressive : L’homme politique est là pour réprimer les demandes, définir des priorités, faire accepter des frustrations en offrant une synthèse des actions qui auront été décidées. Les débats participatifs relayés par les forums médiatiques télévisuelles n’assument plus cette fonction : On surf sur le désir et la promesse. C’est la raison pour laquelle personne ne parle de la dette publique, personne ne parle de déficit ou très peu car le déficit est ce qui reste quand on a satisfait tout le monde sans arbitrer.

 

Le parti socialiste n’a pas eu le temps de se renouveler après sa débâcle de 2002. Il reste un parti clanique sauvant les apparences, juste le temps d’une campagne, en s’abritant derrière la bannière Royal, promettant tout et n’importe quoi.

 

Nicolas Sarkozy serait le pire des choix. Il porte un discours anxiogène construit autour de la réussite individuelle, la victimisation et le retour à l’ordre. Il est atlantiste, Bushiste à ses heures et ne croit pas à la laïcité de la République. Tout chez lui s’apparente au rapport de force. Le Tachérisme n’est pas soluble dans ce pays. S’il était élu, des foyers de désordre se multiplieraient rapidement dans les cités, dans le monde du travail, dans les administrations et les grandes entreprises, brisant le lien social des français.

 

A presque 40 jours du premier tour un seul candidat semble incarner les mieux mes choix définis plus haut : C’est François Bayrou. Même s’il n’emporte pas les élections, il deviendra incontournable dans la vie politique de l’après campagne. Après les législatives, les choix de sociétés qui seront proposés aux votes des parlementaires ne pourront se faire sans son assentiment, dès lors qu’il aura construit autour de lui une force politique nouvelle qui fera et défera les majorités.

Il porte un espoir qui est en total contradiction de ce qu’incarne à mes yeux l’UDF qui symbolise le conservatisme, l’esprit de Vichy (Vs le Gaullisme), une barronnerie bourgeoise attachée à ses petits avantages et ses prérogatives.

Un vote présidentiel n’est pas un vote de parti, mais le vote d’une rencontre entre un homme et un peuple.

En ne votant pas le budget de la majorité UMP à l’Assemblée Nationale, François Bayrou a marqué son nouveau positionnement politique par un acte symbolique fort qui rend très difficile tout rapprochement ou retour en arrière avec ses anciens amis que j’exècre.Je pense qu’avec le ralliement de Santini et de Gilles de Robien à l’UMP, l’UDF s’est débarrassée de ces barons les plus encombrants.
Pour reprendre la métaphore de Thierry Crouzet sur son billet du 18 février, « François Bayrou est une tête qui s’est détachée du corps de l’UDF : Il est temps de donner à cette tête un nouveau corps pour qu’elle ne vienne pas très vite à manquer d’oxygène ».

@Phileas 03.2007

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/index.php?id_video=300

14.03.2007

PINK TV pourrait disparaître à la fin du mois de mars.

La chaîne des communautés homosexuelles traverse une crise sérieuse : Elle doit trouver 1 million d'Euros avant la fin du mois de mars si elle ne veut pas couler. Créée et présente sur le câble depuis 2004 et présidée par Pascal Houzelot depuis son origine, la chaîne est le fruit de la réunion de trois actionnaires Canal+, M6, et Lagardère Active Médias .

Pink TV aurait déjà obtenu une rallonge de 3,5 millions d'euros auprès de ses actionnaires. Toutefois, cela ne semblerait pas suffisant pour recapitaliser la chaîne dont il manquerait encore un million d'euros. A défaut, son fondateur n'exclu pas que la chaîne disparaisse purement et simplement du PAF.

Après un démarrage très prometteur réalisé en grande pompe avec à ses pieds un aréopage de people présent le jour de son inauguration, la chaîne avait attirée derrière elle un grand nombre d'animateurs vedettes de chaînes hertziennes qui ne s'était pas fait prier pour assurer chroniques et émissions hebdomadaires sur une chaîne qui s'annonçait aussi mythique et prometteuse que Canal + en 1984.

Le rêve n'aura durer que le temps d'un exercice : En décembre 2006, la chaîne avait déjà procédé à 11 licenciements économiques et depuis mars 2006, malgré l'arrivée d'un responsable matériel presse, elle a enregistré le départ de huit autres personnes, dont Didier Zerdoun (directeur général), Nicolas Lacassagne (directeur des programmes) et Philippe Castetbon (directeur adjoint des programmes).

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La chaîne ne semble toujours pas être parvenue à fidéliser un public assez nombreux pour équilibrer son compte d'exploitation. D'autre part, les recettes publicitaires faibles seraient aussi une des raisons principales de ses difficultés financières.
Mais ce n'est pas tout : Thierry Moreau, directeur de la rédaction de Télé 7 jours, s'exprimait le 2 mars sur Europe 1 et confiait que le dernier conseil d'administration de Pink TV du 28 février avait été pour le moins « houleux » et s'était terminé tard dans la nuit. Des « frais de fonctionnement importants », des « problèmes de gestion » auraient été évoqués. La prochaine réunion des actionnaires du 13 mars sera décisive pour l'avenir de la chaîne

Dès à présent, la nouvelle stratégie adoptée par les responsables de la chaîne s'oriente vers une offre bicéphale : Pink TV a demandé la permission au CSA de modifier sa convention initiale en accentuant les programmes de catégorie V dans une nouvelle tranche horaire disponible la nuit qui prendrait le nom de Pinx TV et qui diffuserait pour l'essentiel, des films à caractère pornographique, toujours selon un mode d'abonnement à 9 euros mensuel.

La journée, entre 5h et minuit, la ligne éditoriale de Pink TV s'établirait « en clair » et diffuserait gratuitement des magazines culturels, d'informations et de divertissements touchant les modes de vie homosexuels. Il semblerait que le CSA ait donné son accord de principe à cet avenant fin février 2007 et devrait valider sur son site Internet sa décision vers la mi-mars après son adoption en assemblée plénière.

Il serait dommage que l'aventure française de Pink TV prenne fin si brusquement alors que plusieurs pays européens ont déjà développé ou projette de développer le concept à leur tour. Pink TV revendique aujourd'hui 106 000 abonnés.

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