13.02.2010
Identité Nationale, le jour d'après.
Je me suis refusé à écrire et à prendre position sur le thème de l’identité nationale qui s’est déroulé ces derniers-mois en France, à l’instigation du gouvernement et d' Eric Besson tant que ce débat n’était pas clos.
Je voulais voir quelles formes ce débat prendrait au sein de la société civile, quelles directions lui donneraient celles et ceux qui ne manqueraient pas d’intervenir et quelles en seraient les conclusions. J’avoue ne pas avoir été déçu.
Ce débat n’a rien produit si ce n’est qu’il a servi à certains de mes compatriotes de défouloir aux remugles vichystes pour paraphraser l’ancien ministre belge, Guy Verhofstadt. A l’instar d’un Zemmour qui répandait sur les plateaux télés ses mêmes angoisses freudiennes, ses mêmes peurs et thèses qui font son fond de commerce depuis qu’il traine dans le paysage audiovisuel français.
Quelques mesurettes ont accouchées de tout ceci, annoncées de la bouche même du Premier Ministre, dont on sentait la hâte de refermer le dossier tout en essayant de sauver la face.
Maintenant que ce débat est clos provisoirement et qu’il ne s’agit plus d’en faire la publicité, voici mon humble point de vue.
D’abord chacun des observateurs aura bien compris qu’il s’est déroulé dans un contexte pré-électoral. C’est sur fond d’élections régionales qu’on est venu soulever ce débat. Le score attendu de l’UMP qui ne s’annonce pas fameux viendra sanctionner cette malice de communicants qui aura essayé de diriger l’attention des français sur un point qui reste très à la périphérie de ses préoccupations si on en croit différents sondages tout en essayant de draguer les voix d’un Front National qui est en train de se refaire une santé.
Il est à apparu qu’il n’y avait pas de consensus au sein de la majorité présidentielle qui s’est sentie prise au piège. Lorsqu’on est un élu de droite et qu’on administre avec les difficultés habituelles, une ville qui connait des tensions sociales et des problèmes de cohabitations entre les différentes minorités, on est en droit de vivre la chose comme une peau de banne jetée dans les conseils municipaux et reprises par les oppositions de tous poils.
Ce débat est une provocation à l’endroit des jeunes issus de l’immigration qu’on assimile, tout du moins dans ces débats, à des voyous et autant d’intégristes religieux. Il n’y avait qu’à entendre la colère qui s’exprimait de certains micros-trottoirs pour comprendre le malaise ambiant. Car tout le monde sait très bien que problème n’est pas tant l’Islam que le chômage et le manque de formation de cette jeunesse qui est le plus souvent interdit d’entretien dans les entreprises qui recrutent tellement les préjugés sont lourd à leur égard.
Faut-il pour autant faire l’économie de se poser certaines questions ? Non, bien entendu. Voici, bien avant la mode de ces quelques derniers mois quelques articles dans lesquels je soulevais, à ma façon, à un ensemble de questions qui méritent d’être posées dans le calme et la sérénité, loin de toute agitation politicienne.
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13.01.2010
Les bonnes résolutions de Google pour 2010

L'article intitulé "A new approach to China" lisible sur le portail de la plus puissante firme américaine du moment dans le secteur de l'Internet, sonne comme une déclaration de guerre à la Chine.
Google prend enfin position sur le problème de la censure et tire des conclusions que chacun d'entre nous, avait tiré depuis longtemps.
Cette prise de conscience un peu tardive de la toxicité du régime chinois sur la liberté de développement des nouvelles technologies numériques peut en rassurer certains et en prêter d'autres à sourire.
Qui se doutait encore que la censure Chinoise avait faite main mise sur la Toile depuis son origine en imposant à Cisco sa structure de nœuds si particulière ?
Les propos et mises au point de Google sonnent donc comme une prise de position politique à peine voilée.
On peut se demander si cette prise de conscience, tardive mais salutaire, de la part de la firme de Palo Alto, n’aura pas été réalisée sous la pression économique de quelques états qui n’ont pas les moyens de se confronter idéologiquement et directement avec la Chine, avec en avant poste les Etats-Unis ?
J’ai du mal à croire que les attaques dont fait allusion Google dans son article sont nouvelles du genre !
Google s'était donné pour mission « d'organiser l'information à l'échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile » sans préciser dans sa Charte éthique si elle défendrait, le cas échéant, la liberté d’expression et se battrait contre le censure.
Souhaitons que cette prise de position soit honnête, suivie d'effets et poursuivie dans le temps et ne soit pas qu’un seul effet d’annonce pour protéger, par la pression, un modèle économique juteux.
07:44 Publié dans 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : google, bozzonne.jeanpierre.com, jean-pierre bozzonne, voguehaleine, liberté d'expression, liberté numérique, internet, fracture numérique
30.11.2009
Google, quand ça l'arrange.
La semaine dernière, Michelle Obama apparaissait avec une tête de singe sur Google dès que vous tapiez son nom. Je n’ai pas vérifié si c’est encore le cas aujourd'hui !
Cela s’appelle une attaque bombing. Le moteur de recherche le plus célèbre de la planète a très vite été interpellé par des internautes émus face à cette agression de nature raciste à l’encontre de la première dame des Etats-Unis. Puis ce sont les autorités américaines qui les ont relayés rapidement pour demander à ce que Google fasse disparaître cette image.
Contre toute attente, Google refuse sous le prétexte qu’aucune injonction judiciaire ne le contraint à le faire.
“Nous ne supprimons pas une page de résultats de recherche au motif que son contenu est impopulaire ou qu’elle nous vaut de recevoir des lettres de plainte” ont indiqué les représentants de Google à la presse.
Cela serait une belle leçon de démocratie directe envers les Etats-Unis et une belle leçon de démocratie tout court envers le reste du monde si Google réagissait toujours de la sorte.
Cette posture outrée, lorsqu’on lui demande de virer un contenu manifestement raciste, est douteuse, lorsqu’on sait que cette Société obtempère avec zèle, comme un caniche policé, devant les désidératas du régime chinois.
Google supprime de la toile, sans discernement, tout ce qui peu déplaire au régime de Pékin pourvu que le marché juteux de sa présence en Asie ne lui file pas entre les doigts.
En vérité ces deux poids et deux mesures font honte à google en particulier et à la démocratie en général.
09:28 Publié dans 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michelle obama, bombing, google, régime chinois, démocratie, liberté, internet sans frontière, jean-pierre bozzonne, jeanpierre-bozzonne.com, blog politique
11.07.2009
La Résidence Universitaire d'Antony
On me demandait il y a quelques semaines de soutenir le collectif contre la destruction envisagée d'une partie de la Résidence Universitaire d’Antony. Ayant été pris par les élections européennes et par une foule de choses d’ordre professionnelles et personnelles, j’ai un peu zappé ce conflit et suis passé à autre chose.
La Résidence Jean Zay concentre 2 100 chambres et représente 15% du logement social étudiant en Ile-de-France. Le bâtiment est vétuste, date d’il y a 50 ans au moins, n’est plus aux normes et commence à devenir insalubre.
Pour le connaître un peu et y avoir visité quelques amis étudiants, je dirais qu’il a le mérite d’exister plutôt que rien, mais que si un projet à capacité d’accueil comparable, voir plus large était proposé à la place, qu’est ce qui justifierait au fond de se battre contre la destruction de ce bâtiment ? Y aurait-il une seule bonne raison de le conserver et le rénover à grands frais ? Cette barre est d’une laideur architecturale inouïe. Si on donne l’assurance aux étudiants d’être pris en charge provisoirement le temps qu’un projet nouveau voit le jour, tous les acteurs concernés devraient s’y retrouver à moyen terme.
L'agitation universitaire de ces derniers mois et le chantier universitaire du plateau de Saclay, ne sont, à mon avis, pas étranger à l’agitation et au remous que suscite cette affaire. La volonté de la Communauté d’agglomération (qui est propriétaire des lieux) à vouloir trouver une issue à une structure dégradée et aussi, disons le tout net, à disperser des groupements contestataires dont les membres ne sont pas tous d’authentiques étudiants, échauffent les esprits de part et d’autres.
Tout ceci est à mon avis, trop politisé, récupéré par la droite, la gauche et le Centre. C'est l'exemple type du vieux conflit gauche-droite (où s'invite le MODEM) ; les uns et les autres s’accusant mutuellement de gauchistes et de fachos ou d'aider quelques promoteurs avides. Tout le monde se crispant au fond, sur un morceau de viande électoral en vue des régionales.
Ma position, en tant qu’élu local, sera de demander, dès la rentrée, aux acteurs politiques de l’agglomération de me fournir toutes les informations nécessaires, relatives au futur projet, pour émettre un point de vue objectif et de bon sens. Je prendrai aussi contact avec les membres du collectif pour écouter ce qu’ils ont à dire de leur côté.
Je reviendrais à ce moment là pour exprimer une pensée objective et constructive de fond sur la R.U.A.
Je pense qu’il serait intéressant d’associer des représentants de ces étudiants de façon consultative, aux différentes étapes de ce projet. Cela aurait le mérite de faire tomber cette agitation d’un autre âge et d’apporter toute la transparence et la démocratie nécessaire à un plan qui m’apparaît à terme nécessaire et somme toute assez banal dans la vie d'une région.
Enfin, j'offre mes services à qui le souhaite pour être un médiateur dans ce conflit.
JPB
Crédit photo : Uppergardiner sur flickr
09:41 Publié dans 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rua, résidence universitaire d'antony, réaménagement, étudiants, cahb, voguehaleine, jean-pierre bozzonne, alliance centriste, résidence jean zay
18.06.2009
Je suis le promoteur d’une nouvelle charte éthique.
L’initiative de Christophe Ginisty dont nous sommes les soutiens sans faille, est juste et salutaire. Il n’est pas envisageable, pour ma part qu’elle ne reçoive pas un accueil favorable de la direction du mouvement.
La lecture des résultats des élections européennes serait incomplète si on ne dénonçait pas la façon singulière dont les prises de décisions et la répartition des tâches sont faites au sein de ce parti. Pour ma part, cette dérive autocrate est l'une des raisons qui nous a mené à cette contre performance qui a mis en l’air, en une seule soirée, le fruit d’un travail patient et de terrain mis en œuvre depuis plus de deux ans. Ce que Jean François Kahn appelle pour sa part, le cas d’école.
Il n’y a rien de révolutionnaire dans ce que propose Christophe qui a montré plus qu’à son tour, son engagement, sa loyauté et son temps donné sans compter, à ce mouvement depuis son origine. Il n’est pas le seul, mais je tenais à le rappeler et à lui rendre hommage.
Le MODEM a été le fruit d’un travail long et exigeant dont Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias et d’autres sont les architectes.
Personne n’a jamais gagné tout seul. La victoire est le fruit d’un travail collectif, un travail d’équipes qui s’unissent autour de valeurs qu’elles partagent dans un principe d’écoute et de tolérance. C’est le préalable à toute chose. Celui qui n’a pas compris cela, n’ira pas très loin dans le métier.
Ce qui m’apparaît comme une carence démocratique se devait d’être dénoncée en rappelant les principes érigés à Seignosse que le congrès de Villepinte avait entériné. Les propositions faites ici sont juste un rappel évident d’un ensemble de dispositions qui aurait du être appliquées en amont, sans attendre le couperet électoral dont nous venons d'être les victimes.
Je n’ai pas l’habitude de pratiquer la langue de bois et ceux qui me connaissent ne peuvent remettre en doute mon engagement personnel et toute mon énergie donnée dans cette aventure politique.
Toutefois, pour ce qui me concerne, ce qui est réclamé aujourd’hui est le juste préalable au maintien de ma participation dans ce mouvement en tant qu’élu local, militant actif et mandaté.
Jean-Pierre Bozzonne
07:16 Publié dans 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : monchatenay, modem, charte ethique, christohpe ginisty, voguehaleine, blog politique
16.06.2009
III Démocratie et multiculturalisme.
On peut se demander si la démocratie ne présuppose pas la laïcité ? Dans un grand nombre de régions, on utilise aujourd’hui la religion à des fins politiques comme jamais auparavant. Je ne dénie pas un instant le droit à chacun de pratiquer la religion de son choix, mais je m’oppose à la déformation qu’on infligée à ce droit, nombreux dirigeants politiques et fondamentalistes.
Si mettre en doute le rôle de la religion dans l’Etat conduit immanquablement à la laïcité, cela pourrait inciter à une autre approche de la démocratie, en particulier dans les sociétés où plusieurs religions coexistent.
La démocratie exige qu’l y ait à la fois une représentativité et des décisions politiques reposant sur l’opinion de la majorité.
Mais qu’est ce qui compose une majorité ? S’il s’agit seulement d’une affaire de chiffres, du nombre de votes exprimés aux élections, c’est la porte ouverte aux fraudes électorales où à l’obtention du suffrage populaire par des idéologies qui semblent défendre des causes précises, mais qui ne cherchent en réalité qu’à contrôler d’amples secteurs de la population. Je pense ici à cette forme de populisme réactionnaire fondé sur la race ou la religion, qui a provoqué à maintes reprises des tensions et des violences en plusieurs points de la planète et qui montre le bout de son nez jusqu’à chez nous.
Dans l’intérêt de la démocratie, il serait bon de trouver le moyen d’empêcher ces mouvements d’imposer leur définition du pouvoir majoritaire, surtout qu’il y a exploitation politique des communautés religieuses dans le cadre d’un programme supranational occulte.
L’Etat-nation moderne se heurte aussi au problème de la place qu’il doit accorder aux minorités culturelles qui ont une conscience de plus en plus aigüe de ce qu’il est impossible de les exclure de la majorité démocratique.
La meilleure façon de comprendre la corrélation entre culture et démocratie, c’est d’examiner la façon dont ces individus ou ces groupes choisissent leur identité et perçoivent les différences entre eux-mêmes et les autres.
A l’identité unique et stérile, pourrait succéder une identité multidimensionnelle englobant des aspects sociaux et culturels complexes. Il serait également plus difficile d’exercer une mainmise politique sur une démocratie multidimensionnelle.
08:56 Publié dans 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15.06.2009
II- Internet et les individus autonomes
Les individus autonomes sont les derniers avatars de la nouvelle médiasphère qu’incarne Internet. Ils sont les héros subversifs qui combattent un modèle démocratique ancien, usé, en panne d’idéologie et nourri au consensus mou et au politiquement correct.
La démocratie représentative aboutie souvent à un pouvoir coupé du simple citoyen par une distance infranchissable.
Pourtant, désaccord et protestation forment l’articulation obligatoire des systèmes démocratiques. Dans les sociétés démocratiques, quand on enseigne aux enfants quels sont leurs droits et leurs devoirs, on attire rarement leur attention sur le droit de ne pas être d’accord. On place très haut le conformisme et on désapprouve, ou on ignore la dissension.
C’est le sujet docile, soumis, et non pas l’individu autonome, que l’on considère alors comme le citoyen idéal.
Mais tout système peut être perverti ou rendu inopérant dès lors qu’il devient impossible de contester ceux qui en ont le contrôle. Les institutions, qui devraient être garantes de son bon fonctionnement, finissent souvent par se rendre complices des abus qu’elles sont censées prévenir.
Le cinéma, la télévision et la publicité montrent les représentants du peuple, ou supposés tels, en personne, mais ceux-ci s’adressent à un auditoire qui ne peuvent même pas voir. Pour parvenir à une représentativité authentique, il faudrait prévoir un mécanisme de consultation des électeurs, qui devrait aussi garder le droit de révoquer, s’ils le souhaitent leurs représentants. Ces droits en apparence négatifs pourraient se révéler un contrepoids indispensable à la tendance des représentants à manipuler le pouvoir.
Avant qu’il ne devienne à son tour le lieu de toutes les manipulations, l’Internet est un medium subversif qui s’est construit dans un underground de créativités interactives qui échappent jusqu’à présent à tout contrôle efficace et qui incarne un espace de liberté total.
C’est aussi la raison pour laquelle les pays totalitaires ont été les premiers à vouloir museler Internet.
Ce nouveau type d’échange plaide pour un individu devenu autonome et anonyme, perdu dans la ramification tentaculaire de millions de réseaux connectés entre eux.
Les individus autonomes n’ont pas l’intention de détruire la société, mais aspirent à la transformer de manière créative. Ils n’appartiennent pas forcément aux sphères dirigeantes, mais ils les critiquent et, si nécessaire, protestent contre certaines mesures prisent par celle-ci. Aussi longtemps qu’on admettra que gouverner la société et que l’autorité morale va de pair avec l’autorité politique et sociale, ces personnes-là auront un rôle à tenir dans le jeu démocratique.
18:19 Publié dans 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.06.2009
Etrange lucarne !
L’échange d’insultes et de sous entendus nauséeux auxquels il nous a été donné d’assister jeudi soir sur France 2, montre une fois encore que la télé est un lieu de spectacles, un lieu de divertissements, mais jamais le lieu où les idées s’affrontent.
Comme si ce médium ne pouvait accueillir les échanges d’idées sans qu’aussitôt ces derniers veuillent s’échapper du format dans lequel on les confine. La mémoire des téléspectateurs et les bêtisiers de fin d’années regorgent de ces incidents en direct qui attestent que l’endroit s’apparente bien à celui du cirque et non pas de l’agora athénienne.
Arlette Chabot avait beau jeu d’être énervée ; le cadre, le positionnement des invités, l’omniprésence des écrans mis en abîme, le maquillage clownesque imposé à chacun d’entre eux, la lumière cinglante, n’invitaient pas au débat de fond, à la joute intellectuelle mais renvoyaient à une certaine vacuité de fait.
L'écrivain et essayiste Guy Debord a montré comment le pouvoir marchand s’était emparé de ce médium, à peine avait-il vu le jour et sur lequel il exerça très tôt un rapport constant de fascination, empêchant de développer sa dimension éducative. La télé se devant avant tout être un objet de spectacle permanent, enchainant les situations ludiques, pour faire vendre du Coca Cola ou autre chose.
« Nous n’allons pas mettre l’image à l’épreuve de la réalité, mais la réalité à l’épreuve de l’image ». C’est par cette phrase que commence le livre de Guy Debord. Nous étions en 1968 et tout était déjà dit.
Le premier des paradoxes qui ressort de cet incident et que les deux invités piégés par le format, sont précisément les deux hommes qui ont condamné le plus, à des moments différents de leur vie intellectuelle, la télévision et ses déviances.
François Bayrou dénonce, pour sa part, la collusion des pouvoirs financiers et politiques qui se cachent derrière l’écran, tandis que Daniel Cohn-Bendit ayant dénoncé la mise sous contrôle de ce format quelques 40 ans plus tôt, se contente aujourd’hui de conserver son authenticité devant les caméras, de ne jamais composer avec elle : bref, d’observer un situationnisme de bon aloi. Il ne s’empêche de rien, surtout pas d’éructer, de renifler, de se gratter et de mettre les pieds sur la table si bon lui semble. La télé est invitée à se plier à sa dimension et non l’inverse.
Pourtant, l’autre soir, le piège s’est refermé sur ceux-là. Comme si la télévision se vengeait de ces hurluberlus qui avaient remis en question son existence et sa légitimité.
Cet échange d’insultes auquel il nous a été donné de participer, ne correspond pas à la complexité des deux personnages et caricature se qu’ils incarnent. Pourtant, le format spectaculaire de l’endroit aura eu raison de leur raison gardée.
Sachant qu’aucune carrière politique ne peut se faire sans ce médium, que le résultat d’une élection se réalise aussi sur la majorité dite « silencieuse » qui prend sa décision à l’issue d’un débat télévisuel comme celui-ci, on aura vite compris l’inquiétude qui s’est emparée des militants des deux camps, une fois ce barnum télévisuel passé.
Il ne suffit pas, au leader d’Europe Ecologie d’adopter une posture détendue pour se prémunir de toute attaque et François Bayrou devra encore produire des efforts, s’il veut un jour briquer la présidence.
Et le jeu qui consiste à camper sur ses positions dès le lendemain en provoquant une conférence de presse sans dénoncer la manipulation de l’endroit, montre que le cinquième pouvoir est véritablement très fort et tout aussi machiavélique.
Ses victimes seraient si aliénées elles-mêmes qu’elles en oublieraient de prendre du recul en ne dénonçant que très rarement la façon dont elles ont été traitées ! Etrange lucarne !
JPB
10:02 Publié dans 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arlette chabot, guy debord, daniel cohn-bendit, françois bayrou, campagne des européennes, télévision, cinquième pouvoir, voguehaleine
08.04.2009
Une certaine idée du développement du savoir.
Faire d’une pierre deux coups :
1/ régler son compte à l’Université dans laquelle tous les gouvernements successifs de droite comme de gauche se sont cassés les dents dès lors qu’ils avaient pour ambition d’en réformer ses structures.
2/ Rentabiliser l’Université en créant un cluster scientifique et technologique, présenté comme une silicon Valley à la française qui rassemblera plusieurs campus, 100 000 chercheurs, élèves, ingénieurs et étudiants. Un établissement de type nouveau qui englobera 49 communes dont la gouvernance sera partagée par l’Etat, les collectivités territoriales et les entreprises. Avec un exécutif désigné par l’Etat, comme de coutume en Sarkoland.
Voici les deux raisons majeures pour lesquelles le réaménagement du plateau de Saclay est devenu un enjeu majeur pour Nicolas Sarkozy.
L’OIN (Opération d’Intérêt National) ne fait pas que des heureux. Philippe Laurent Conseiller Général des Hauts-de-Seine, divers droite et Maire de Sceaux, s’inquiète dans son blog pour l'avenir du pôle universitaire existant dans le Sud du 92 constitué principalement par la cité universitaire internationale, l'ENS Cachan, l'ENS de Fontenay, la faculté Jean-Monnet, la faculté de pharmacie, l'Ecole centrale de Paris et le CEA des sciences du vivant à Fontenay-aux-Roses.
On sent bien que des relocalisations sont à l’ordre du jour et qu’elles viendront mettre à mal un écosystème universitaire qui s’était greffé dans le tissu urbain de villes comme Chatenay-Malabry, Sceaux et Fontenay-Aux-Roses depuis plusieurs décennies.
La crainte d’une désertification, le mot est lâché.
Malgré les méthodes toujours critiquables dans lesquelles se construisent les projets sous la mandature de Nicolas Sarkozy et le manque de concertation qui les entourent, ce projet ne doit pas pour autant être boudé. Il est nécessaire et indispensable. La question est de savoir si nous pouvons en faire l’économie.
Le Lycée Lakanal a beau avoir plus d’un siècle et être un prestigieux établissement, c’est justement parce qu’il a plus d’un siècle qu’il faut songer aussi à l’avenir.
Et puis, les lycées Scéens ne sont pas des modèles d’accession à la connaissance des plus ouverts et des plus démocratiques. Celles et ceux qui ont essayé d’y placer leurs enfants en savent quelque chose. C’est le parcours de combattant et le regne de l’arbitraire et du pistonnage.
En ce qui me concerne, je suis toujours très ennuyé de défendre un modèle existant élitiste et inégalitaire.
Quant à Châtenay-Malabry, le choix fait par l’ancienne municipalité de privilégier les structures universitaires hétéroclites au développement d’entreprises, a toujours été un choix qui a coûté cher à notre ville et empêché son développement. Si on pouvait dégager quelques hectares pour y implanter un pôle d’entreprises qui respecterait les normes du développement durable, je n’en serais pas fâché.
C’est la raison pour laquelle j’accueille d’un œil plutôt bienveillant ce projet universitaire qui ne pourra, in fine que favoriser le développement économique et universitaire du Sud du département à une autre échelle que celle connue et réalisée jusqu’ici.
JPB
08:59 Publié dans 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oin, cluster de saclay, philippe laurent, lycée lakanalnt, sceaux, châtenay-malabry, voguehaleine
22.03.2009
Benoît XVI, un Pape qui se positionne à droite.
L’arrivée de Benoît XVI au Vatican n’est pas la chose la plus heureuse qui soit arrivée à l’église depuis le décès de Jean Paul II.
Karol Józef Wojtyła était un homme charismatique qui faisait vibrer les foules, attirait la jeunesse vers lui, a lutté toute sa vie pour la défense des libertés et les plus faibles.
On pouvait être croyant ou agnostique, tout le monde reconnaissait en ce Pape infatigable de véritables qualités humaines et politiques.
Force est de constater que l’image que donne du catholicisme Benoît XVI, a de quoi laisser pentoi et mettre mal à l'aise les chrétiens. Il se situe à des années lumières de son prédécesseur.
Les polémiques qu’il suscite depuis son arrivée au Ministère, posent questions aux croyants, catholiques pratiquants ou non et aux observateurs de la vie religieuse en général.
La levée d’excommunication des quatre évêques intégristes montre que le Pape est plus enclin à se réconcilier avec les lefebvristes qu’à appliquer à la lettre les mentions du concile de Vatican II.
En l’espèce et sans aborder des détails trop techniques, disons que l’excommunication est un droit pénal de l’Eglise qui s’applique contre un délit grave et préjudiciable pour la vie de celle-ci.
Elle ne signifie pas une exclusion par l’Eglise de celui qui s'y adonne, mais sa mise à l’écart temporaire de la vie ecclésiale. Temporaire parce que si l’auteur du délit manifeste son repentir et répare d’une manière ou d’une autre l’objet de son scandale, il a le droit à la rémission de sa peine. On dit qu’on met alors fin à sa contumace.
Hors ici, rien de tel. L’attitude et les déclarations des excommuniés, l’absence de demande de garantie de l'Eglise et de preuves d'acte de contrition des accusés, montrent à l'évidence que l’affaire est politique plutôt que muée par la volonté d'appliquer à la lettre, les préceptes instaurés par Vatican II.
Finalement, que l’Evêque Williamson se comporte comme un gougeât vis-à-vis du peuple Juif en continuant de nier la Shoah, tout le monde semble s’en moquer, pourvu que politiquement on ait fait passer un message.
L’a-t-on entendu sur la crise financière, le désordre organisé par des affairistes en quête de plus de profit ? L’a-t-on vu monter au créneau contre la pauvreté croissante des pays du Sud de la planète et dénoncer le scandale que provoque la situation des premiers refugiés climatiques ?
Non. Benoît XVI préfère rester dans le lointain, mâchant ses mots, préférant dénoncer, « une certaine culture moderne qui proclame la mort de Dieu et conduit les nations à perdre leur identité ».
Alois Ratzinger n’est pas un sot, mais un brillant intellectuel. Un théologien émérite et un auteur prolixe.
Mais est-ce vraiment le rôle de l'héritier de Saint Pierre que de tomber dans des considérations idéologiques à prioristes et revendiquées à demi-mot ?
Les prises de positions de Benoît XVI et ses petites phrases lâchées presque innocemment, s’inscrivent dans la chose politique, dans le bras séculier, allant même jusqu’à revendiquer une certaine idéologie assumée qui saute aux yeux de tout le monde ; même de ceux qui ne sont pas des lecteurs acharnés de La Croix.
D'où un tôlé excessif mais justifié qui met mal à l'aise plus d'un croyant dans sa Foi.
JPB
13:49 Publié dans 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : benoît xvi, karol józef wojtyła, shoah, jean paul ii, eglise, religion, voguehaleine, blog politique











