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22.12.2011

Fin d’une certaine idée de l’Europe et montée en France d’un homme politique remarquable

0308_bayrou_16.jpgCette fin d’année marquera peut-être la fin de l’Europe telle que nous l’avons connue.

L’Europe de Maastricht a vécu. Celle de son traité qui reposait sur deux piliers : la création d'une monnaie commune, l'euro, et la soi-disante convergences des politiques économiques et budgétaires des Etats membres qui devaient (en théorie) contribuer à la réalisation des objectifs de l'Union européenne parmi lesquels la croissance et l'emploi.

Pour y arriver, cette Europe s’était donné une monnaie unique sans aucune vision politique économique commune aux Etats-nations signataires. Pire, cette Europe s’est construite sans budget !

La crise économique que traverse ce continent, n’est plus celle de 2008, cette crise monétaire dont les banques avaient été les principales responsables. Cette crise économique que nous traversons, n’est ni la faute à la Chine, ni la faute aux agences de notations qui ont eu l’avantage d’imposer un terme à cette endettement croissant des nations.

L’Europe traverse une crise majeure qui s’explique par une absence de modèle économique nouveau. Depuis plus de vingt ans, nous nous sommes faits à l’idée d’utiliser des technologies numériques, de nouveaux modèles économiques fiables dont nous ne sommes pour rien dans leurs inventions, leurs réalisations et leur mise en place. Ici, pas de Bill Gates en vue, ni de Steve Jobs ou autre Mark Zuckerberg pour les plus emblématiques d’entre eux. Aucune Silicon Valley à l’horizon.

Et cela semble ne choquer personne qu’avant d’être sous le dictat commercial chinois, nous soyons déjà colonisés par un système économique dominant qui nous échappe et dont sa consommation soit devenue notre seule activité.

Devant cet échec flagrant, certains de nos politiques reviennent à des fondamentaux nationalistes comme ultime recette miracle pour enrayer la crise. La reprise économique de l’Europe, passerait d’abord par la reprise économique de notre pays. Ainsi le bout du tunnel serait conditionné au développement de la compétitivité de la France qui en serait la clef de voute.

Mais cette crise que nous traversons est aussi une crise du sens. Elle met en lumière un gaspillage fabuleux d'argent public par les gouvernants de notre pays qui ont succédé à Raymond Barre. Elle met en lumière l’absence totale de vision stratégique pour notre économie dans un contexte de mondialisation que chacun pouvait voir. Enfin, elle met en lumière l’absence totale de mesure de prévention tant au niveau des états européens, que dans les instances gouvernementales européennes.

Personnellement, je ne souhaite pas la révolution. Je ne souhaite pas rejeter un modèle de développement qui a toujours vu s’épanouir et conjuguer des modèles économiques et sociaux où la place de l’homme restait au cœur de tout projet.

Ainsi pour que les liens sociaux perdurent, les communes devront rester les endroits où la démocratie est la plus forte, le lien social le plus puissant. Les régions et l’Etat devront continuer à jouer leurs rôles en matière de développement des infrastructures, ce que je qualifierais "de la bonne dette", grace aux l’investissement.

Nous devons continuer à réaliser de bons arbitrages budgétaires pour privilégier l’éducation et la santé de nos concitoyens. Nous devons conserver une vision réaliste et se limiter à deux ou trois mesures de bon sens.

Le problème de la dette peut sembler abstrait pour quelques-uns d’entre vous. A ceux-là, je leur proposerai un exemple concret.

L’ensemble du fonctionnement de l’APHP en France nous coûte 36 milliards d’euros tout compris (du salaire de chirurgien, à l’achat du nouvel écran plat pour l’accueil)

Et bien chaque mois, afin que nos infirmières soient payées, la France est obligée d’acheter sur les marchés monétaires internationaux de l’argent pour pouvoir faire face à sa dette et payer les salaires. Par là-même elle creuse sa dépendance vis-à-vis d’autres états moins endettés, et comme elle n’emprunte pas sans frais, elle rallonge autant le règlement de celle-ci qui passe d'abord par le solde des intérêts.

Voici à quoi nous ont habitué nos gouvernants. Ceux-là mêmes qu’on voit actuellement s'agiter, faire de grands moulinets et tenir des postures de sauveur.

C’est une des raisons pour laquelle je suis Centriste en politique. Je n’aime pas les idéologies. Je suis pour le pragmatisme.

Je résiste à cette vision excessivement religieuse d’un pays considéré comme une essence, non susceptible de se mêler à d’autres essences. Je crois que c’est la base du souverainisme et donc une religion qui n’est pas la mienne.

Je crois pour ma part que les collectivités humaines possèdent plus ou moins des latitudes d’actions, plus ou moins des contraintes. Mais je n’arrive pas à me représenter le corps politique, comme une Nation (c’est d’ailleurs ce que souligne un certain nombre d’arrêts de la Cour Constitutionnelle allemande) comme une espèce d’entité absolue qui serait juxtaposée à d’autres entités absolues.

Je crois plutôt à l’interdépendance, aux souverainetés limitées, je crois qu’on est aussi souverain chez les autres et que les autres peuvent aussi être souverains chez nous. Je ne crois pas trop à la souveraineté en tant que telle, mais je crois au pouvoir de l’influence. C’est ce qui m’a séparé d’un certain type de gaullisme à partir d’un certain moment.

Ce qui me caractérise d’abord, c’est le mouvement qui anime Tocqueville, lorsqu’analysant la société politique du XVIIIème siècle, il réalise qu’on a inventé à cette période-ci, la politique littéraire. Quand Tocqueville parle de politique littéraire, on est tenté de penser à une politique religieuse. Face à la politique administrative qui est celle des intendants du Roi Louis XV qui essaient d’administrer au mieux les intérêts du peuple, d’assurer les subsistances, de veiller à la sécurité publique, à ce que les armées soient régulièrement approvisionnées en hommes capables d’assurer la sécurité du royaume, de veiller également, comme pour Malherbes qui est animé d’un amour réel pour la liberté, de permettre à un certain nombre de gens de s’exprimer, fussent-ils un peu particulier comme Jean-Jacques Rousseau. Ce sont des gens qui administrent le bien public en ne se posant pas trop de questions sur leur pratique ; en essayant de façon pré-technocratique de faire les choses.

Tocqueville montre qu’à partir des sociétés de pensées et de la révolution, on aborde une politique littéraire, c’est-à-dire en fait, une politique religieuse : les hommes politiques devenant les anges d’une rédemption immanente dont Robespierre en est l’exemple assez terrifiant et parfait.

Le Centriste ne marche pas avec cette vision des choses mais affirme comme Marcel Gauchet, qu’il ne faut pas réenchanter la politique. On voit bien ce que l’enchantement signifie : c’est le charme, l’application de la responsabilité et de la liberté, c’est le filtre d’amour d’Iseult, c’est quelque chose qui vous conduit à ne plus être vous-mêmes mais à écouter le son de la flute d’un leader qui emporte les enfants vers des horizons insondables. Je pense profondément que le Centriste,- c’est en cela qu’il est en situation difficile par rapport à la fantasmagorie nationale - est abonné à un certain prosaïsme qui ne marche pas dans cette affaire-là. Il résiste de toute la force de son âme à ces transfigurations héroïques car il voit très bien (car qui peut faire l’ange, fait la bête) qu’elles aboutissent à des résultats très souvent dramatiques.

Cela ne marche jamais et ressemble à une forme très précise d’absence de volonté puisque la volonté apparaît lorsque vous acceptez la confrontation avec le réel. C’est de cette façon que Paul Valéry définit la lutte entre une œuvre et son sculpteur. Lorsqu’il décrit le corps à corps entre un créateur et la résistance qu’offre le matériau ; et observe qu’à la fin, l’artiste ne gagne que partiellement contre la matière. Le matériau résiste et c’est dans cette résistance et cette confrontation qu’apparaît l’œuvre d’art. Max Weber affirme quant à lui que la politique consiste à tarauder des planches nouvelles.

Je refuse également le verbalisme de gauche. Entre une pratique qui est totalement opportuniste et déconnectée du discours, et la politique, l’équation est assez simple : les élections sont pour le discours et l’opportunisme pour le gouvernement. Vous ne pouvez pas, avec ceci, réformer le pays. Parce que les gens savent que vous leur avez menti, Toutefois, vous pouvez essayer de ne pas faire trop de bêtises en ne réalisant pas celles que vous aviez annoncées mais vous ne pouvez pas animer un mouvement réformateur.

Je terminerais en disant que lorsqu’on est un homme politique qui veut donner du sens à son action, il faut d’abord dire où on en est, en faisant le point de la situation dans laquelle on se trouve : aujourd’hui nous sommes menacés d’un déclin très profond et très rapide. Sans être taxé de déclinologue, Il faut respecter les faits et la vérité. Nous sommes dans une course à la déclassification française qui suit à peu près le même rythme que notre déclassification footballistique.

C’est sans doute là que la personnalité de François Bayrou est la plus pertinente dans l’offre politique française de ces dix dernières années.

Voici un homme qui ne ment pas, qui explique avant les autres les dangers qui nous menacent (la dette en 2007) et parle déjà d’Union nationale avant tout le monde ; avant que les évènements intérieurs nous y en contraignent.

Je suis entré en politique grâce à lui. Je suis sorti du MODEM parce que cet homme solitaire n’était pas fait pour diriger un parti, qu'il se comportait de façon autoritaire, ayant une vision trop personnelle du pouvoir.

Jean Arthuis m’a recueilli au sein de ses troupes dans une petite officine centriste dans laquelle on m’a foutu la paix.

Aujourd'hui, un Centre qui ne soit pas l'allié objectif de la droite ou de la gauche s'est incarné dans la personalité politique de françois Bayrou. Celui qui faisait encore ricaner en 2007 par son positionnement ; n'est plus soupçonné aujourd'hui d'un quelconque récupérage politique.

D'ailleurs, j’aimerais bien un jour que le Centre se réunisse autour de femmes et d’hommes de bonne volonté qui n’aient pas d’autres souhaits et d'ambitions que de servir leur pays, sans cette avidité qu’on perçoit chez certains centristes lorsqu’ils se vendent aux plus offrants pour obtenir des postes.

Je crois que François Bayrou et Jean Arthuis n’ont pas donné cette image-ci depuis cinq ans.

Ainsi je voterai François Bayrou au premier tour des élections présidentielles.

 

 

13.11.2011

C'est une belle journée pour la démocratie

the-end-berlusconi-sullespresso.jpgOui c'est une belle journée pour la démocratie et une ironie du sort pour celui qui est arrivé au pouvoir en faisant une OPA sur elle, en la détournant, en utilisant le pouvoir financier pour flatter un égo qu'il souhaitait voir arriver au pouvoir suprême, en la piétinant.

On sait que ce qui fonde le socle de notre pays, la France,  est la République...On sait que l'Italie n'est pas républicaine, on sait que ce qui la cimente est… l’Eglise.

Il était donc difficile dans un tel système de défaire quelqu'un qui en maîtrisait tous les rouages, à commencer par les médias.

Et bien les Marchés que beaucoup craignent montrent qu'ils fonctionnent avec la régularité et la distance d’un métronome, sans affect particulier, sans sympathie pour ceux qui les chérissent.

Silvio Berlusconi vient d’être déboulonné par ceux qu'ils vénéraient. Il voulait réformer l'Italie et faire fonctionner ce pays comme une entreprise.....résultat de l'histoire, ce petit Mussolini raté retourne dans les poubelles de l'histoire italienne d'où il n'aurait jamais dû sortir.

La seule observation troublante qui ne peut, à elle seule, éroder notre satisfaction du jour,  est que le système financier a eu raison du politique.

Nous vivons des temps historiques... et sommes les observateurs d'un phénomène auquel  nous n'avons pas encore donné de nom, mais dont l'histoire s'écrit sous nos yeux.

09.11.2011

La tragédie grecque

tg.JPGLes plus grands classiques de l’antiquité comme les cinéphiles du festival cannois n’auraient pas renié la tragédie grecque à laquelle nous avons assisté cette semaine, tant cette dernière a été riche en coups de théâtre et en rebondissements.


La Grèce n’est ici que le révélateur, le symbole, pour ne pas dire la caricature d’une Europe en mal de repères, et qui risque d’être totalement dépassée, voire déclassée par les pays émergents. Et ce plus rapidement que l’on ne pense. Je dis depuis longtemps que la dette est le cancer de la France et d’une Europe malades de leurs déficits chroniques. Elle n’ont eu ni le courage, ni la volonté de réduire leurs dépenses. Lorsque vous vivez au-dessus de vos moyens pendant des années, vient le temps de la facture. Cette dernière sera lourde et le passage à la caisse douloureux. Et lorsqu’on voit en parallèle le montant de notre déficit commercial (80 milliards d’euros sur l’année), force est de constater que l’on va dans le mur. En effet, on ne peut durablement, et dans de telles proportions, importer plus que l’on exporte, consommer plus que l’on produit.


La baisse des charges sociales, qui a été amorcée cette semaine dans l’agriculture, est un élément indispensable pour redonner des marges de compétitivité à notre industrie et pour relocaliser certaines de nos productions. Sur ce dossier, nous centristes avons toujours été en pointe, et l’on constate avec satisfaction que sur ces sujets les lignes bougent. Ainsi, F. Hollande et N. Sarkozy  reprennent par exemple à leur compte l’idée d’une contribution sociale basée sur la consommation.


De manière plus globale, ce qui se passe sous nos yeux c’est, si nous n’y prenons pas garde, la prise de pouvoir sur les affaires du monde par les pays émergents en général, et de la Chine en particulier. L’équation est simple : quand un Français (Européen ou Américain) gagne 10 il en dépense 11. Quand un Chinois gagne 2 il en dépense 1 et en épargne l’autre moitié. Épargne qui est alors prêtée au Français qui peut ainsi consommer plus qu’il ne gagne. Peut-on rester encore longtemps maître de notre destin en fonctionnant de la sorte ?


L’idéogramme chinois du mot CRISE est « DANGER » et « OPPORTUNITE ». En nous prêtant de l’argent pour sauver l’euro, HU JINTAO ne le fait ni par philanthropie ni par esprit de solidarité. Il souhaite simplement que l’Europe devienne son obligée afin que l’on accorde à la Chine le statut d’économie de marché au sein de l’OMC.

Elle pourrait ainsi exporter davantage vers l’Europe, ce qui signifierait alors, plus de déficit commercial, davantage de chômage et plus de dette pour les pays européens. En réalité les communistes chinois ont parfaitement compris la perversité de notre système et ont bien retenu les leçons du mot CRISE.

En définitive, le DANGER c’est pour nous, les OPPORTUNITÉS sont pour eux.

06.11.2011

Sur la manifestation du 5 novembre contre la violence faite aux femmes

 

379827_2225113702866_1098454027_1984117_1168861253_n.jpgBien qu’elle fut la grande cause nationale de 2010, la lutte contre la violence faite aux femmes, est  passée assez inaperçue, reléguée à un rang subalterne d’une actualité nationale et internationale riche en évènements de toutes sortes.

Pourtant les viols, les mutilations sexuelles féminines, les violences conjugales, la prostitution, le harcèlement sexuel, les mariages forcés, les crimes dits « d’honneur » ; sans compter la différence de traitement social et économique des femmes par rapport aux hommes, nous donnent le devoir de nous mobiliser davantage pour appeler les pouvoirs publics à une vigilance accrue.

Lorsqu’une moitié de l’humanité subit des pressions de cet ordre, j’ai trouvé normal de me déplacer pour montrer ma solidarité et témoigner  que des hommes pouvaient aussi se sentir concernés par ces brutalités qui touchent les femmes.

Hier s’est tenue à Paris une manifestation pour que soit mis en place un cadre législatif assurant la même équité entre les femmes et les hommes

J’écrivais sur Facebook, en marge de cette manifestation :

Cette après-midi, je serai une femme comme les autres, ..pour que les choses bougent et que ces crime ne soit pas ceux  où la victime se sent coupable.

Dire que j’ai été déçu par le déroulement et l’organisation de cette manifestation serait un euphémisme.

D’abord les slogans que j’ai entendu sonnaient étrangement à mon oreille et furent loin d’être fédérateur. On balançait pêle-mêle des conneries gauchistes surannées,  mélangeant Nicolas Sarkozy et les souteneurs.

Ces slogans sont toujours complaisants lors d’une manifestation de cet ordre, mais aident-ils vraiment à fédérer au plus large ?   

Je n’ai pas, pour ma part très bien saisi le raccourci ; j’aurais préféré entendre émerger des idées de fonds, lancer les bases d’une réflexion, mettre en parallèle les souteneurs et les clients, que lancer des diatribes contre le Président de la République.

Ceux qui prennent ce débat en route m’objecteront que si… Que les Lois votées contre la prostitution par exemple, stigmatisent, répriment, pénalisent et enferment les travailleurs du sexe dans un système d’oppression et d’exploitation supplémentaire. Et que sans doute, les manifestants et organisateurs de cette journée se sentaient obliger de dénoncer la politique en la matière, assez ringarde, soutenue par le Chef de l’Etat.

Et bien non, tout ceci était bien plus compliqué.

Les organisateurs appelaient bien à ce qu’une nouvelle Loi-cadre contre la violence faite aux femmes soit mis en place (qui considère que les violences sont du ressort du public et non pas du privé) mais n’avait rien à redire sur le volet répressif des mesures qui encadre la prostitution.  

C’est vrai que lorsqu’on pense aux femmes, on ne pense pas forcément à la prostitution.

Malgré tout, celle si existe et concerne d’ailleurs aussi bien les hommes que les femmes.

On ne peut pas se boucher les oreilles et fermer les yeux sur un problème d’hygiène social qu’il convient de traiter à l’intérieur ou en marge de ce volet.

En d’autres termes, on ne se contente pas de gueuler qu’on est contre la prostitution et que la femme n’est pas une marchandise.

Et sur ce point, il semblait que les organisateurs donnaient quitus à Nicolas Sarkozy, qu’ils fustigeaient d’autre part pour la forme (syndicale).

Et bien je suis de ceux qui pensent au contraire que la femme est de plus en plus  une marchandise et qu’avec la société numérique, le problème de la prostitution doit être repensé complètement. Nous ne sommes plus dans les années 70. Les choses sont devenues plus complexes.

C’est ce que les organisateurs semblent avoir appris à leur dépend.

En tête de cortège s’est invité ACT-UP, qui phagocyta avec efficacité (bien qu’ils ne fussent qu’une poignée) le débat en tenant un tout autre langage.

Il nous rappelait que ce n’était pas parce qu’on cassait le thermomètre qu’on évitait la fièvre. En d’autre terme qu’il fallait réfléchir aussi à la prostitution et encadrer son fonctionnement.

D’où une cacophonie générale avec des prises de bec des uns et des autres dont on aurait pu croire de l’extérieur, que la proximité intellectuelle et culturelle les faisaient œuvrer pour les mêmes causes.

Cette OPA bien orchestrée a desservi cette manifestation. On s’est vite rendu compte du côté un peu amateur de sa mise en œuvre. Il n’y avait manifestement pas eu de dialogue, ni de concertation, ni de débat d’idées avec ACT-UP, ni de mot d’ordre concerté.

Ici, il n’est pas inutile de rappeler que lorsqu’on n’arrive pas à s’entendre, on met en avant ces accords plutôt que ses désaccords. C’est le B.A.BA en politique.

C’est dommage pour cette manifestation qui du coup a été un peu gâchée ; c’est aussi dommage pour les femmes qui méritaient qu’on s’interdise ce genre de merdier médiatique.

315497_2225147343707_1098454027_1984153_413961741_n.jpgDans tout ce foutoire, la présence fragile de Tristane Banon et celle de Christine Autain parurent bien plus authentiques.

Elles étaient venues là simplement pour témoigner qu’elles s’étaient faites un jour agresser ou violer par des hommes et leur pouvoir. Elles étaient là pour dire qu’elles refusaient cette violence, mais aussi la bêtise et les préjugés qui l’accompagnent.

Autant de raisons qui auraient du inspirer un peu mieux les organisateurs de cette manif.

02.11.2011

Référundum grec

La Grèce fait avec son référendum son dernier baroude d'honneur au monde, avant la fin de son indépendance économique, financière et sociale.

 GeorgePapandreouGreekPMAP.jpgGeorges Papandreou avait-il le choix de faire autrement que de déclancher cet électrochoc politique pour maîtriser une situation intérieure proche de la guerre civile ?

Cette démarche précipitée de référendum, sonne comme le glas d’une démocratie qui agonise, le dernier baroude d’honneur d’un gouvernement qui ne maîtrise plus la situation et se dirige dans le mur.

Que fera L’Italie dans quelques mois à son tour, ou bien la France s’il lui arrivait la même chose ? Il est peu probable que les peuples européens se laissent sans broncher, broyer et tronçonner sur l’autel des marchés financiers.

Ceux qui à l’instar de Mélenchon se réjouissent du bordel ambiant seraient bien inspirer de se taire. La démocratie en général et la social-démocratie en particulier n’ont jamais prospérées sur le lit des dépressions économiques et des crises financières graves. Les dépressions et la faillite d’un pays ont toujours précédé les nationalismes, les fascismes de tous poils.  Les crises économiques ne sonnent jamais des lendemains qui chantent, mais sonnent souvent la mort des démocraties.

De la pire façon, avec les pires conséquences, le gouvernement grec, avec à sa tête Papandréou, soulève une vraie question : celle de savoir ce que pense les peuples d’un fédéralisme de la catastrophe, de nations dépouillées de leur souveraineté.

Alors oui ; sans doute fallait-il proposer un référendum au peuple grec, mais sûrement d'une autre manière, dans d’autres circonstances. Car celles-ci sont hasardeuses. Sans doute eut-il été honnête que le premier ministre grec en tînt informé ses homologues européens ; autant par courtoisie que pour éviter d'effrayer les marchés et affaiblir les autres pays de la zone. On sent bien que cette décision a été prise en catastrophe. 

Libération écrit ce matin que la Grèce est à l’avant-garde du désespoir.

Notre continent manque cruellement d’institutions démocratiques. La menace d’une contagion à d’autres pays européens qui tomberaient à leur tour comme un jeu de cartes, n’a jamais été si proche de nous.

Il me revient en mémoire le crise de l’Argentine qui plongea ce pays, au milieu des années 80, dans la récession et la pauvreté, traversant pendant plusieurs années un chaos économique effrayant.

Si chose pareille survenait en Europe, ce sont ses démons nationalistes qui ressurgiraient aussitôt.

Ce matin le réveille est brutal et je sens sur mon visage le souffle du chaos qui se rapproche.

30.10.2011

Tom Waits " Bad as me"

Tom_Waits_3.jpgIl ya un cliché à propos de Tom Waits, ou, comme il l'a décrit lui même, une «simplification» le concernant. Cette voix étrange et inimitable ravinée par l'alcool, gargarisme improbable d'une bouche qui semblerait remplie de clous et de vis.

Waits sort un nouvel album, son 29ème, Bad as Me. dans lequel il s'entoure pour l'occasion de nouveaux talents et d'une constellation de vieux amis, la plus éminente d'entre elle étant sa collaboratrice et sa femme, Kathleen Brennan, qui partage avec lui, l'éciture de ses chansons depuis son album Swordfishtrombones, sorti en 1983.
Bad as Me invite également le guitariste Marc Ribot, que Waits appelle "le Chaney Lon de la guitare, en référence à un acteur américain du cinéma-muet. D'autres invités de marque tels que Flea et Keith Richards partagent la vedette. Moins connus mais tout aussi efficace, Clint Maedgen et Ben Jaffe, des joueurs de cuivres de l'orchestre  Hall Jazz de la Nouvelle-Orléans,  également invités.

Depuis ses débuts, en  1973 avec "Closing Time", Waits fait partie d'un continuum  artistique accompagnant ou jouant sur une ligne parallèle à celle du rock and roll des années 70.
 A la grande époque d'Elvis Presley, Tom Waits écoutait Gershwin, préférant également le piano à la guitare, et Mose Allison à Chuck Berry.
Au début de sa carrière, son travail privilégie l'acoustique et l'émotion patiente, exprimant ainsi son aversion pour la vitesse. Waits a souvent raconté ses premières partie avec Frank Zappa et the Mothers qui l'imposait à son public, l'obligeant à écouter un artiste n'ayant rien d'autre à offrir qu'un piano et sa voix.

Au panthéon de ses références artistiques Tom Waits  cité également l'émotion qui le traversa lorsqu'en 1962, alors qu'il n'a que treize ans, il découvre James Brown en concert. Deux ans plus tard, ce sera Bob Dylan qui agira comme une révélation. Selon son biographe Barney Hoskyns, auteur de Lowside of the Road: A Life of Tom Waits, il raconte :"Je vis un type seul sur scène avec un tabouret et un verre d'eau raconter de longues histoires  fascinantes sous forme de chansons : "Bob Dylan agira sur moi comme un révélateur et contribua à résoudre le mystère de la performance. "

Aucune de ses influences n'est traditionnelle. On peut, au détour d'une chanson deviner l'empreinte de Kerouac, dont il ne cache pas la filiation.
Mais il ya un sens important dans lequel Brown et Dylan ont été determinant pour lui. Brown n'était pas un compositeur intimiste, et Dylan n'écrivais jamais à la première personne et écrivais toujours en concervant une certaine distanciation avec ses personnages.
Ainsi lorsque Tom Waits parle des «histoires» de Dylan, il ne fait jamais allusion à leurs dimensions sociale ou politique.
Comme Zimmerman, Waits est souvent dépeint comme un conteur de fin de soirée. Mais il évite un sentimentaliste lacrymal en favorisant les images fortes aux affects, privilégiant le second degré à la naration réaliste.
«Lorsque que vous décortiquez une chanson, vous trouvez toujours les épluchures des chansons qu'il l'ont précédé" aime-t il expliquer.
Dans les années 80, Tom Waits passe d'une écriture classique à une recherche sur les sons qui ont lui vallu beaucoup de critiques. Certains parlèrent de Barnum.

Bad as Me arrive à un tournant dans son art. C'est un album  jubilatoire. Aucun autre auteur-compositeur aura tenté  à ce point de suivre une ligne aussi artisanale qui  conserve pour autant une démarche artistique exigeante.

tom-waits-bad-as-me-le-single-et-les-details-de-l-album.jpegBad as Me, sonne comme un album qui emprunte à  l'histoire de la pop tout en utlisant uniquement les rythmes dont il aurait besoin pour mettre en scène une créature hybride qui le conforte. "Je suis toujours à la recherche des sons nouveaux en phase avec mon époque".

"Le bruit d'un hélicoptère est insupportable jusqu'au moment où celui-ci débarque pour vous sauver.  A ce moment-là, il sonne tout à coup comme une musique qui vous enveloppe".


podcast

28.10.2011

Rafistolage économique

sarkozy-merkel-465.jpgAngela Merkel et Nicolas Sarkozy ont très certainement évité un désastre à l'Europe, en bricolant un accord qui abordait certaines des grandes questions de conduite dans la crise économique européenne: la dette grecque, la fragilité bancaire, mais également le potentiel de contagion à d'autres pays, comme l'Espagne et l'Italie.

Mais ne nous laissons pas emporter par trop d'optimisme : la crise de la dette souveraine européenne  n'est pas résolue pour autant,  ni les contradictions politiques au cœur du système de l'euro qui est l'une des principale origine de cette crise.
À moins que des réformes plus fondamentales soient menées dans les prochains mois, le scénario probable qui attend les européens sera donc une cure d'austérité pour encore quelques  années.

En revanche, la perspective immédiate d'une autre crise financière mondiale telle que celle que nous avons vécu en 2008 a fortement reculé. En persuadant les investisseurs privés de prendre à leur compte cinquante pour cent des avoirs de la dette grecque, en obligeant les banques européennes à lever davantage de capitaux,sous la forme d'investissements publics, Merkel et Sarkozy ont démontré leur capacité à mener une action concertée ( ce que de nombreux investisseurs doutaient jusqu'à présent), se ralliant ainsi  à Wall Street et à d'autres places financières internationales.

En plus de l'allègement de la dette Grec et la promesse de consolider les banques, les dirigeants européens ont convenu d'étendre le fonds de sauvetage européen, en utilisant de l'ingénierie financière, en partie en faisant appel à de nouveaux fonds ; principalement chinois.

Selon  le Financial Times , le gouvernement de Pékin a déjà accepté le principe d'investir jusqu'à 100 milliards € dans le Fonds européen de stabilité financière élargi, ce qui pourrait, en théorie, aider et sufir à venir en aide à l'Espagne ou à l'Italie avec le même type de plan de sauvetage utilisé pour la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

Cependant, de nombreux détails doivent encore être résolues et mises en œuvre ; dans un accord qui ne définit que la trajectoire principale.
Même si les banques européenens acceptent le principe de réduire la dette  le grecque de 50% de sa valeur originelle, les négociations avec les investisseurs individuels prendront des semaines ou des mois à se réaliser.
Pendant ce temps-là,  l'économie grecque continuera très probablement à plonger davantage, ce qui ne manquera pas de soulèver de nouvelles interrogations sur sa capacité à rembourser les 50% de sa dette restante (qui continuera de représenter environ cent vingt pour cent de son PIB).

Quand je dis que la crise de l'euro n'est pas fini, je veux dire que ce paquet ne résoudra pas le problème sous-jacent que de nombreux pays en dehors de la Grèce traversent. L'Italie par exemple dont le taux d'intérêt sur les obligations n'est pas très éloigné de la Grècei, ce qui indique que les investisseurs restent réticents à prêter à un pays dont la croissance économique a presque cessé et où le gouvernement semble être définitivement sur le point de s'effondrer.

La Banque centrale européenne n'a pas la possibilité de prêter aux Etats membres comme elle le voudrait tant que l'Allemagne exerce un droit de veto sur toutes les questions ayant attrait au pouvoir de la banque centrale. L'accord décidé hier n'a rien fait pour résoudre l'ambiguïté sur son rôle dans cette crise. Tant que cette ambiguïté demeure, les spéculateurs ne cesseront pas leurs attaques contre la zone euro marchés de la dette.

L'Union européenne devra très prochainement harmoniser ses politiques fiscales : les perspectives de la survie de la monnaie européenne  dépendra des réformes fondamentales de la gouvernance européenne, impliquant des limites importantes à la souveraineté nationale, pour laquelle il existe peu ou pas de soutien public.

La tâche va donc être dur pour François Hollande de tenir et de faire croire à une autre ligne politique que celle tenue par Nicolas Sarkozy. L'Europe est de plus en plus allemande et la politique économique va de plus en plus échapper au précaré du territoire national.

24.10.2011

Foutez la paix aux Tunisiens

article_ghannouchi.jpg

Ca y est, l'état de gràce avec la Tunisie a fait long feu. objet du délit ? La Tunisie ose placer en tête de ses premières élections libres, le Parti Ennahda (renaissance) un parti ouvertement islamniste et qui affirme pourtant son attachement à la démocratie.

Ces élections Constituante sont à saluer. Elles furent un modèle de transparence.

Rappelons que c'est la Tunisie, petit pays d'à peine onze millions d'habitants (la plupart très jeunes) qui est à l'origine du printemps arabe.

Ce pays d'une grande ouverture et épris de liberté, a démontré au reste du monde ce que les occidentaux avaient oublié : les pays arabes en général et ceux du Magreb en particulier sont mûrs pour la démocratie et sont prêt à y mettre le prix (en vie humaine) lorsque celle-ci est déniée.

Très franchement, je ne sais pas ce que vaut ce parti, mais j'ai toute confiance en les Tunisiens pour qui l'apprennent par eux-même. Dans tous les cas de figure, ils n'ont pas de leçon à recevoir de l'Occident qui a facilité pendant des decennies le maintien des dictatures en place.

Les commentateurs patentés et inquiets de l'arriver de tel parti ou de tel autre seraient plus inspirés de balayer devant leur porte et de s'occuper des extrêmistes qui peuplent leur paysage politique et médiatique. 

Si demain ils s'aperçoivent qu'ils ont mis à la tête de leur institutions des couars, il appartiendra à eux seuls de faire le ménage. Ca sera toujours plus simple que de virer l'escroc Ben Ali.

18.10.2011

Un nouveau Conseil d'Administration pour Internet sans Frontières

 

29214_1311503823190_1098454027_705751_8333822_n.jpgChristophe Ginisty a remis sa démission de la présidence d’Internet Sans Frontières ; il s’en explique sur son blog ce matin.

C’est Archippe Yepmou, jusqu’ici Vice-Président qui prend le poste laissé vacant.

Passionné par les questions de liberté de la presse et d’opinion, Archippe Yepmou est un activiste du WEB. Son terrain d’élection est l’Afrique qu’il sillonne continuellement, quelque fois au risque de sa vie pour aider  des militants et des opposants aux régimes en place.

On le trouve là où la liberté est bafouée. Lors des élections au Gabon, il viendra en aide à l’opposition qui essaie de faire entendre sa voix contre la propagande officielle d’Omar Bongo.

Pendant ces deux dernières années Archippe a réalisé différentes actions pour l’Association :

-          Il a été le premier contributeur d’articles sur le portail d’ISF. Les articles écrits sur le site, c’est essentiellement à lui qu’on les doit au-delà des 90%

-          Il a invité différents acteurs aux projets d’ISF notamment :

*Anastasia Kirinenko, journaliste très en vue en Russie offrir son temps et son aide à l’association ;

* Julie Owono compagne d’Archippe rédactrice d’articles de presse pour la partie Afrique de Global Voice, également pour la chaine Al Jazeera.

* Marion Guillauteau qui viendra s’occuper des montages vidéo, signera bénévolement  les éléments graphiques d’ISF pendant toute la durée de la WebDiversity

* Nicolas Keiserbril, responsable du DATA journalism chez OWNI qui offrira une étude des blogs en Europe de l’Est en partenariat avec ISF.

 

Ces contributions marquent notamment la réussite du principal évènement de l’association :WebDiversity.

L’histoire des peuples qui se remodèle sous nos yeux donne raison à ses engagements. Il n’y a qu’à voir l’impact des réseaux sociaux sur ce qu’on a appelé le printemps Arabe pour l'année 2011. Tous les jeunes liés à ces différents mouvements de contestation se sont mobilisés en utilisant l’outil Internet. 

 Ca prouve la part essentielle d'un activisme vécu comme oeuvrant pour la liberté d'expression ; ça veut dire aussi que l’utilisation d’Internet dans des conditions  de censure maximale est toujours possible.

Enfin ce sont 45000 membres vont soutenir les  actions activistes d’Archippe sur le terrain.

Nous souhaitons donc bonne chance à Archippe.

Je vous invite à soutenir notre association ne serait-ce que pour être au plus près d’un monde qui bouge à travers la Toile pour répandre la démocratie dans les endroits de notre planète où celle-ci est menacée.

Président : Archippe Yepmou

Vice-Président : Guislain Lambert

Secrétaire Général : Antonin Moulart

Trésorier Jean-Pierre Bozzonne

Membre du bureau : Ibrahim El Ali 302012_2169118743027_1098454027_1943166_949366707_n.jpg- Julie Owono

17.10.2011

Temps fort pour la démocratie

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Réjouissons-nous, à l'inverse d'un Jean-François Copé,  qu'aient eu lieu les déballages d'un parti sur des plateaux télé, au lieu du huit-clos habituel des bureaux politiques où rien ne filtre.

Souvenons-nous que Hillary Clinton ne fut pas tendre contre Barak Obama ; ce qui ne l'a pas empêché, une fois vaincue à la Primaire de Parti Démocrate américain, de rallier et de servir le candidat soutenu par la plus forte majorité.

Pour ceux qui comme moi, ne sont pas socialistes, nous avons découvert une Martine Aubry, offensive, clivée, cassante et même trop cassante; Elle a fini par embarrasser jusqu'à celles et ceux qui soutenaient sa campagne. Jusqu'à son passage aux urnes, elle campa dans une posture caricaturale et virile, donnant l'impression qu'elle combattait déjà un homme de droite.

Comme je l'avais dit dans mon billet précédent, son attitude fut un "bis repetita" de sa campagne à la tête du PS, sauf qu'ici, elle ne concourrait pas pour le secrétariat du Parti, mais en challenger de Nicolas Sarkozy à la présidentielle.

Il était demandé au candidat une hauteur de vue et des qualités qu'elle n'avait visiblement pas.

La première sanction est venue des autres candidats "malheureux" qui, quelques soient leurs désaccords idéologiques, ont fait le choix de suivre François Hollande. Ils ont fait preuve d’intelligence politique rare.

Ils ont évidemment bien fait et ont renforcé l'avenir électoral du Parti Socialiste.

Les conseillers de Nicolas Sarkozy auraient sûrement souhaités que Martine Aubry l'emporte pour orienter le débat sur une bataille gauche-droite beaucoup plus lourde.

On est loin de l'image paternelle, posée et centriste qu'adoptait Jacques Delors en toute circonstance.  François Hollande doit beaucoup au père et a, semble-t-il, retenu la leçon.

La page est tournée.

Les prochains jours, les prochaines semaines, nous parlerons de programme. Les choses importantes pourront alors commencer.

Un temps fort démocratique a soufflé sur la France.

13.10.2011

Pourquoi François Hollande sort vainqueur du débat de ce soir

  • aubry.jpgJe resterai sur le style pour donner mes impressions et la raison pour laquelle je pense que Martine Aubry vient de perdre le débat des primaires.

Sans s'en rendre compte elle a avancé des arguments qu'elles pensait à son avantage et qui sont en total contradiction avec l'incarnation de l'image que les Français se font d'un Président de la République.

C'est d'autant plus sensible, que Nicolas Sarkozy a dégradé la fonction durant son quinquennat.

Elle a sans cesse rappelé son appartenance au PS, au PS européen, voire à l'internationale socialiste, s'enfermant toute seule dans une image partisane, alors qu'un Président doit être au-dessus des partis.

Sa deuxième erreur, elle l'a commise en avançant ses différentes expériences de terrain, notamment de ministre, pensant ainsi pouvoir damner le pion à François Hollande, oubliant au passage qu'un Président préside et qu'il lègue  à son Premier ministre le soin de gouverner. Ce qui rend exogène son approche de la fonction présidentielle,  la reléguant à une incarnation allemande du pouvoir.

Pire, elle donne le sentiment d'une approche dirigiste qui la relègue au même plan que Nicolas Sarkozy. 

Hollande a pris de la hauteur. Il a été aussi beaucoup plus précis dans le détail de ses propositions et a su conserver la distance idéale.

Cette distance est fondamentale. Nicolas Sarkozy s'est cassé les dents en voulant l'ignorer. Cette erreur avait déjà été commise par Valery Giscard d'Estaing.

Martine Aubry ressort de ce débat avec l'image d'une militante engagée.

Vu d'un militant PS, cela peut la rendre éminemment plus proche que François Hollande, plus sincère, plus sympathique. Vu des français en général, cela peut inquiéter.

Ce soir, Hollande, n'a pas donné le sentiment d'être socialiste, mais a plutôt  offert une dimension plus fédératrice. Il était déjà habité par sa future fonction.

Martine Aubry a enfin pêché par une assurance un peu trop voyante et a semblé plus calculatrice.

Hollande n'a pas réussi à créer une proximité dans ses échanges, sûrement parce qu'il était plus tendu et aussi plus concentré sur les questions posées.

Je pronostique un avantage confirmé pour François Hollande.

Martine Aubry perdra dimanche prochain les primaires socialistes.

12.10.2011

L'indignation ok ! Mais ensuite...

serpent.jpgL’indignation, s’indigner est une posture saine en société. J’imagine que les gens qui s’indignent le sont en réaction à  une observation qui les scandalise.

Ils sont observateurs d’une scène ou d’une pratique dont ils dénoncent le principe.

On ne s’indigne pas très longtemps dans le temps : l’indignation débouche souvent sur un commentaire de désapprobation avant que la personne qui vitupère (l’indigné), ne tourne les talons ou les yeux et passe son chemin.

La France qui s’indigne derrière Stéphane Hessel peut-elle transformer son indignation en action politique ?

Car il s’agit bien de cela au fond. S’indigner d’accord. Sortir dans la rue et improviser un « sitting »de plusieurs jours, pourquoi pas. Mais que faire ensuite ?

L’indignation ne saurait être l’alpha et l’omega d’une démarche forte, d’une volonté révolutionnaire, d’une envie de tout casser.

On s’indigne dans les salons, au détour d’une rue, dans un lieu public, mais pas longtemps. Il y a quelque chose de désuet à s’indigner,  après Mai 68.

L’auteur de l’opuscule que tout le monde a en tête le sait bien. L’indigné récuse la violence et réclame une insurrection pacifique plus qu’une révolution.

Et c’est ici que le bât blesse. Le problème du vieux sage est qu’il n’est pas en adéquation avec son temps. On le sent vouloir trop ressusciter le programme du Conseil national de la Résistance par exemple et interpeler les jeunes qui ont l’âge que celui-ci avait 65 ans plus tôt.

Le voici donc décidé à évangéliser une France, une Europe totalement ouverte au quatre-vents de la mondialisation, ouverte et contrainte à se battre contre des puissances émergentes ultra-compétitives. 

Et lorsque Stéphane Hessel prescrit nationalisation et planification, on est triste pour l’homme car ces méthodes ne peuvent déboucher que sur  un protectionniste et un nationalisme désuet au meilleur des cas, dangereux dans le pire puisqu’il réveille les vieux démons populistes qui se situent entre le « qu’ils s’en aillent tous » de Mélanchon et le « tous-pourris » de Marine Le Pen.

Hors l’homme pétri d’humanisme est à cent-lieu de vouloir souffler sur les braises. Pourtant, c’est ce qu’il fait.

Pour ma part, j’eusse préférer qu’il appela à s’engager plutôt qu’à s’indigner.

S’engager en politique par exemple. S’engager dans le vie publique comme citoyen responsable. S’engager dans sa vie professionnelle en prenant soin de prendre en compte la réalité d’un monde qui évolue sans cesse.

10.10.2011

Des paroles, des actes.

 

1573009_3_61cf_les-six-candidats-a-la-primaire-citoyenne-lors.jpgJ’entendais hier soir intervenir Jean-François Copé au journal de 20 heures de France 2, qui par mauvais calcul plutôt que par réelle conviction, considérer le succès des Primaires socialistes de façon assez méprisante. Selon lui, 4 français sur 100 s’étaient déplacés à cette élection, ce qui n’en faisait pas un succès. Voici ce qu’a essayé de nous expliquer le Secrétaire général de l’UMP tout au long de la soirée. On comprend que ça sera la position officielle du parti présidentiel. J’étais un peu déçu par Copé que je trouve d’habitude plutôt intelligent.

Les chiffres, on leur fait dire ce qu’on veut. On aurait pu considérer inversement que les 2 millions de français qui ont fait le déplacement furent 15 fois plus nombreux que le nombre des encartés socialistes et qu’il y a fort à parier que ce chiffre sera dépasser dimanche prochain, lors du second tour. Ce qui prouve que cette primaire a trouvé de l’intérêt bien au-delà du noyau dur traditionnel des militants PS et qu’il a trouvé « son public » auprès d’une frange de français qui a l’impression d’être mis à l’écart du débat politique de l’agriculteur à l’élu local.

Jean-François Copé devrait faire moins le malin et se poser la seule question qui vaille ; la majorité présidentielle ne va-t-elle pas dans le mur à reconduire un Président qui cristallise à ce point tous les mécontentements ? Cette primaire semble être le deuxième acte (après la perte du Sénat) d'un raz-de-marée prévisible de la gauche dans quelques mois.
Je ne ferai pas en public part de mes considérations pour les deux candidats PS restés en lice. D’abord parce que n’étant pas socialiste, je ne ressens pas le besoin de me prononcer maintenant et très franchement, pour être tout à fait franc : je m’en fou un peu. Que ce soit Martine Aubry ou Hollande ; le PS, s’il revient au pouvoir fera une politique de Centre-droit, j’en suis convaincu : ne serait-ce que vis  à vis de Merkel, du pacte de stabilité et des notations financières. Il n’y a pas d’autre alternative. Enfin, si..une de taille : relancer le processus d’intégration européenne à cercle concentrique, parler d’une seule voix et offrir un budget à la monnaie unique.
Jean-Louis Borloo a jeté l’éponge en expliquant qu’il se retirait du jeu de la campagne présidentiel pour ne pas ajouter de la confusion à la confusion. Cette primaire montre à droite, que la confusion et le doute n’ont jamais été aussi épais et que les français se fichent un peu des états d’âme de Jean-Louis Borloo (75 % des français sont indifférents au départ de la course présidentielle du chef du Parti Radical selon un sondage SOFRES pour Canal+).
Le Centre-droit ne doit pas avoir d’état d’âme et se résoudre à présenter son propre candidat à cette élection. Au moins, il aura l’avantage de la clarté vis-à-vis d’une majorité de français qu’il doit convaincre. S’il ne le fait pas, François Bayrou pourrait être alors la seconde surprise de cette redistribution des cartes.
Si le Nouveau-Centre laisse tomber ; je n’aurais pas d’état d’âme à voter pour le Président du MODEM.

06.10.2011

Steeve did the Job.

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Très cher Steeve,

Je suis d’humeur massacrante ce matin suite à l’annonce de ta mort, pourtant prévisible.

 Quitte à paraître lyrique, déplacé, comique ou je ne sais quoi d’autre, ta mort a ravivé mes exaltations adolescentes. J’ai quelque part dans ma poche un téléphone hybride. Quelque chose qui ne s’apparente à rien et qui résume à lui seul ce jeune XXIème siècle que tu quittes trop tôt. Un siècle emprunt de ta vision.

La photo que j’ai mise de toi est ringarde. C’est une époque où tu étais jeune et insouciant. Sûrement épris du même enthousiasme que doit ressentir aujourd’hui Mark Zuckerberg, pris dans le même virago de la jeunesse et la gloire que tu découvris à la fin des années 70.

Il y en a de plus belles de toi, de plus récentes pour évoquer ta mémoire.

Mais je ne l'ai pas choisi au hasard. Je suis français.  Il y a aussi une actualité politique ici, dont tu te fous éperdument d’où tu te trouves à présent.  Je voulais rappeler assez perfidement qu'à côté du génial concepteur et du visionnaire que tu fus, cohabitait aussi un entrepreneur de génie qui transforma tous ses rêves en modèle économique viable, créant ainsi une richesse qu'on aurait du mal à évaluer si on devait en réaliser l'estimation précise.

Tu n’as jamais eu besoin du concours d'un état pour créer des emplois. Tes seules besoins étaient contenus dans tes exigences, tes angoisses et tes rêves.

Tu dois trouver cela évident et te demander où je veux en venir. Je vis dans un pays, un monde jacobiniste où perdure la croyance qu'il revient à l'état de créer des emplois et non pas aux entrepreneurs, fussent-ils de ton espèce.

Cette parenthèse bouclée, je voulais te remercier d’avoir transformé ma vision que j'avais du monde. J'utilise tes outils merveilleux, bijoux mêlant technologie de pointe et design.
Je voulais te remercier pour nous avoir fait partager ton monde intime. Si tu avais été  dessinateur de BD ou je ne sais qui que ce soit d’autre par exemple ; tu n’aurais jamais pu transformer tes rêves de façon si subtilement matériel.

Je me souviens avoir vécu une véritable émotion esthétique et intellectuelle à la découverte de tes Mac, tes IPhone et de ton IPad.


Dans ce monde difficile, dangereux et maussade de ce début de siècle, tu  nous a apporté de l'espoir, une vision positive, protéiforme et confiante de l'avenir.
Tu fus en quelque sorte notre grand frère.


Naguère  nous nous félicitions d'être le contemporain de tel grand écrivain ou de tel grand peintre.
Ce matin, malgré ma peine, je suis heureux d'avoir été ton contemporain. Le contemporain  d'une autre forme de génie moderne.
Le contemporain d'un homme  qui a construit sa légende quelque part en Californie, dans l’ouest d'une grande nation qui a relevé tous les défis  du 20ème siècle. Une nation de tous les possibles.

Beau travail.

 

Texte réalisé sur le Notepad de l’Iphone 4 S

05.10.2011

Journal politique de pré-campagne électorale (2) Je ne voudrais pas être à ta place, Hervé.

253965_1842148208968_1098454027_1651649_5999905_n.jpgJe ne voudrais pas être à la place d’Hervé Morin. Les quelques semaines qui arrivent vont lui sembler très longues.

Hervé Morin fut bras droit de François Bayrou à la création du MODEM. Puis, il se démarque du président du mouvement démocrate lorsque ce dernier explique qu’il n’appellera pas à voter Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle de 2007. Hervé Morin y voit alors une forme de traitrise aux valeurs  du Centre-droit.

Lui emboîtant le pas, comme lui, beaucoup de parlementaires UDF historiques refusent d’envisager ce scénario. Soit par conviction politique, soit parce qu’ils ont peur de perdre « leur job » de députés, de sénateurs ou de conseiller régional.  Car le problème du Centre est qu’il a toujours été tracté par la majorité RPR ou UMP en place.

Comme ce fut très longtemps le cas au Parti Communiste, au premier tour on présente un candidat et au deuxième tour on reste  solidaire du grand parti frère et on appelle à voter pour son candidat.

Mais cette fois-ci, le président du jeune mouvement démocrate a décidé qu’il en serait autrement. Bayrou refuse toute allégeance avec l’UMP et Nicolas Sarkozy. Certains disent que c’est par choix idéologique.

Pour avoir été très prêt du mouvement démocrate à cette époque, disons que François Bayrou mise dès 2007, sur la défaite de Sarkozy en 2012 et une implosion du PS entre temps. Il est persuadé que le Parti Socialiste  ne se relèvera jamais de cette défaite présidentielle, des ses dissensions sur l’économie de marché,  ainsi que de ses querelles internes qui finiront par l’achever.

C’est un pari risqué, mais Bayrou est persuadé de son destin. Il a rendez-vous avec la France et les français.

La constitution d’un Mouvement démocrate indépendant à Villepinte est un mal nécessaire. Bayrou est un solitaire qui déteste jusqu’à la formation de son propre parti. L’avenir montrera qu’il fera toujours cavalier seul et qu’il préférera la bonne poignée de main d’un quidam rencontré au zinc d’un café, plutôt que les mains tendus et la ferveur des groupies militantes (mais c’est une autre histoire)..

IMG_1801.JPGA cette époque, lors de tous ses meetings, il évoque de Gaulle et sa traversée du désert. Il construit un story-telling à son image. Il parle déjà de dette et est le premier à parler de la « Règle d’Or » sur les déficits publics.  

Pour remerciement, Sarkozy offre alors un boulevard à Morin, en l’aidant à constituer un nouveau parti, le Nouveau Centre qui devra contenir les velléités de François Bayrou et ramener au bercail le plus de Centristes possible dans "la famille de droite". 

Le futur Chef de l'Etat est convaincu que sa victoire passe par un Centre éclaté. Il faut à tout prix récupérer la plupart des élus UDF, quitte à aller les chercher un par un, avec les dents.

Même si de nombreux parlementaire sont convaincus par la nécessité de rester fidèle à la famille (de droite), certains subiront quelques intimidations et finiront par quitter d’eux-mêmes le navire Bayrouïste. Tout ceci n’est pas nouveau en politique.

En récompense, Nicolas offre à Hervé Morin le ministère régalien de la Défense.  Ce poste ministériel prestigieux, donne de la visibilité à ce jeune député inconnu du grand public. Dans la foulée, le voici à la tête d’un groupe parlementaire important. Il aura des sénateurs, des Maires, de Conseillers Généraux et Régionaux qui le rejoindront.

Toute cette force politique, créée en un temps record va peser sur la vie publique régionale, départementale et nationale. Charge à tous ces cadres, de bien gérer leurs administrés, de se faire un nom pour les moins connus, afin de s’installer dans cette nouvelle formation et transformer l’essai à la faveur des élections futures.

Aujourd’hui, ironie du sort, Hervé Morin veut être candidat à l’élection présidentielle de 2012. Il s’appuie sur l’idée qu’une formation comme la sienne se doit, à l’instar de l’UDF naguère, de présenter son candidat. Bob à jeter l’éponge en direct sur TF1. Il a donc tout loisir d’envisager avec sérénité la future étape de sa carrière politique.

Hervé Morin est issu d’un milieu aisé de province. Il est resté jeune, dynamique, simple et se rêve un peu le JF Kennedy de la politique française. C’est un démocrate au sens américain du terme. Mais pas plus. Ses valeurs restent à droite tant qu’elles sont traditionnelles au sens économique du terme. Sur le volet social et sociétal, il est assez libéral.

herve morin defense ministre gaspillage.jpgMais il doit tout à Nicolas Sarkozy. Il a été l’un de ses membres les plus en vu, a soutenu et approuvé toutes ses actions.

N’ayant plus grand-chose à attendre côté UMP, il fait face à un dilemme majeur : s’il poursuit dans sa démarche, il risque d’être comptable d’un échec envisageable du Chef de l’Etat à sa réélection.On va donc l’attaquer sur ce front en le soupçonnant de vouloir couper la main qui l’a nourrie.

Bernard Debré le rappelle à la raison sur son blog. C’est violent et tout le monde peut lire cette lettre. Au moins, l’intimidation est réalisée en « plein jour ».

Il lui demande de ne pas se présenter pour  l’intérêt général de la majorité, pour l’amitié qu’il lui porte..

 

Vraiment, je ne voudrais pas être à ta place Hervé !

 

04.10.2011

Journal politique de pré-campagne électorale (1)

 

907b6764-ca7c-11df-8901-6fbd366f32cb.jpgBorloo s'est mis hors-jeu, et Hervé Morin a envie d'y aller.

Une grande partie de la population française a oublié qui était Hervé Morin. Je ne parle pas des observateurs de la vie politique, de celles et ceux qui en font leur hobby ou encore des militants du Nouveau Centre. Je pense à cette majorité silencieuse (pas tant que cela) qui fait et défait les carrières politiques par un simple bulletin de vote glissé subrepticement un dimanche matin, dans une urne électorale.  

Si une élection présidentielle rime en France avec la rencontre entre un homme, son destin et la France, on peut dire qu’à ce petit jeu, François Bayrou est celui qui a le plus de visibilité.

Paradoxalement, François Bayrou n’a pratiquement plus d’élus, plus de militants et est exsangue financièrement. Ainsi on est en droit de se demander comment fera-t-il pour aller jusqu’au bout et  combler ces lacunes. L’argent comme nerf de la guerre. Des cadres manquants pour un encadrement d’armées fantomatiques.

François Bayrou est à nouveau l'invité des JT de 20 heures.

Ce n’est toutefois pas perdu. Ne soyons pas dupe et admettons aussi que le 5ème pouvoir jour un rôle déterminant dans la visibilité ou l’invisibilité d’un candidat. Souvenons-nous comment les journalistes furent piégés en 2007 par les Pin-doctors de Sarkozy. On les voyait courrir derrière le petit homme nerveux,  couvrant tous ses faits et gestes. Une vraie nausée journalistique ! Je crois qu'ils vont être tentés de prendre leur revanche sur un Chef d'Etat en perte dans les sondages.

Tiens puisque j'évoque les sondages, selon certains glanés ici et là, cette majorité de français semble, comme en 1981, s’apprêter à voter « contre » l’exécutif en place, plutôt que par conviction ou par séduction au programme socialiste.

primaire-ps-6-candidats-dans-la-course-10495689vjads_1713.jpgLes socialistes entre division et mensonge électoral.

Il n’y a qu’à voir comment se déroule leur primaire à couteaux tirés. Il n’y a qu’à entendre les promesses des candidats aux primaires les moins sérieux, comme Martine Aubry qui nous explique qu’elle injectera 1 milliard d’euros dans la culture et qu’elle créera 300 000 emplois rien qu’avec une détaxation des heures supplémentaires. Soit l’ancienne directrice adjointe du patron du CNPF, Jean Gandois, a tout oublié du réalisme économique, soit elle incarne le mieux le mensonge électoral permanent auquel se livre le premier parti de gauche français.

Pour le dire un peu plus modérément, les socialistes français se feront tôt ou tard prendre  au piège de leur verbalisme. Je parle de ce sentiment douteux qui les prend en période électorale, lorsque ressaisis par la nécessité de la fidélité à un dogme verbal, décalé de la réalité économique et sociale, ils émettent des propositions farfelues qu’ils ne tiennent qu’en haut d’une estrade.

Lorsqu’ils reviendront aux affaires, même s’ils affirment le contraire, ils ne reviendront plus sur le système des retraites et je suis prêt à parier qu'aucun milliard d’euros ne sera versé au Ministère de la culture.

Republique-irreprochable-pr-Milev-2.jpgQue reste-t-il de la République irréprochable ?

De la même façon, si la République irréprochable de Nicolas Sarkozy est à mon avis plus proche de l’argument marketing que de la réalité concrète, il me semble évidement que la miterrandie fut beaucoup plus permissive et opaque par exemple, que ne l’est le Sarkozysme. Combien d’affaires étouffées, combien de mensonges d’Etat, combien de sbires infréquentables, combien de suicides jusqu’au sein de l’Elysée même et de petits meurtres entre amis. S’il faut organiser un débat sur ce thème ou rafraichir la mémoire de certains, c’est avec plaisir et gourmandise que je m’y emploierais.

Je pense que François Bayrou se montrerait bien meilleur sur la méthode de gouvernance que celle qui est pratiquée par Nicolas Sarkozy (enfin on est en droit de le supposer) mais que ferait-il de si différent sur le fond des réformes ?

Non ce qui caractérise le plus le Chef de l’Etat, c’est, on l'a vu à plusieurs reprises, sa République des copains plus clientéliste qu’immoral.

(à suivre)

24.09.2011

Dimanche, je voterai Georges Siffredi

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 On nous appelle « les Grands Electeurs ». Nous pourrions tout aussi dire, plus simplement que nous sommes des délégués sénatoriaux. Nous sommes appelés à voter dimanche pour le renouvellement d’une grande partie de la Chambre du Sénat.

A un moment, chacune et chacun de nous s’est engagé en politique, au-delà de sa vie personnelle, au-delà de sa vie familiale, au-delà de sa vie privé ; nous nous sommes engagés publiquement.

Nous croyons en l’Etat, nous croyons en la Nation, nous avons foi en la République. Nous croyons que notre pays doit être gouverné d’une telle manière plutôt que telle autre.  Nous combattons le déclin, le discrédit, l’intolérance et la fracture sociale. Nous nous sommes engagés. Nous avons pris sur notre temps pour participer à la vie communale, à la vie départementale, à la vie publique. Cela allait un peu au-delà d’un engagement sur notre temps : notre décision fut également motivée par un engagement citoyen extraordinairement fort qui dépassait tous les liens affectifs.

Lorsqu’on a pris un tel engagement citoyen, on ne veut pas le voir trahir.

Lorsque cet engagement citoyen est là pour faire en sorte que nos convictions l’emportent, nous devons  nous rassembler tous ensemble sous peine de quoi nous nous divisons, nous dispersons et perdrons ses élections.

Je vais voter dimanche. C’est un vote assez particulier puisqu’il marque la quatrième élection consécutive qui aboutira soit à la transformation de notre paysage politique, soit à la reconduction des équipes en place.

Les Sénateurs ont été décrié pendant des années tant qu’ils étaient perçus comme figés, dans une position inamovible, issus des seules majorités de Droite et du Parti Radical.

17 fois, la gauche a perdu cette élection. 17 fois la gauche a pourfendé l’anomalie démocratie d’un bicamérisme qui favorisait toujours le même camp.

Cette fois-ci, la gauche a laissé derrière elle ses arguments d’autrefois.

La Sénat a montré aux français depuis 2007 qu’il était indépendant face au pouvoir en place,  et qu’il faisait entendre sa musique différente. On a considéré les Sénateurs avec des yeux neufs.

Ainsi, la gauche après avoir d'abord prôné le monocamérisme, par hostilité au Sénat en 1945-1946,  puis s’être montrée peu favorable au Conseil de la République sous la IVe République ; après s’être déclarée un temps très favorable au Sénat de 1958, tant qu'il combattait activement le Général de Gaulle et ses gouvernements, elle a finalement, manifesté son hostilité au Sénat, depuis 1981. Et puis, depuis 2007, la gauche redevient magnanime et prend en compte les avantages d’une Constitution bicamérale.

En fait le Sénat a toute sa place dans notre système démocratique et constitutionnel et peut s’avérer un contre-pouvoir pertinent tant qu’il n’est marqué d’aucune censure, d’aucun article comme le 49.3 et qui peut affirmer, protéger de l’agitation médiatiques, des points de vue mûris à l’abri des jeux électoralistes.

 

Qu’est ce qui changerait si un Président socialiste dirigeait cette institution ?

Un Sénat dirigé par un Président socialiste n’aurait pas la même position que la mienne sur la règle d’or budgétaire, sur le Grand Paris, sur la réforme territoriale, sur l’autonomie des collectivités, sur la péréquation fiscale.

Un Sénat dirigé par un socialiste pourrait s’avérer être un élément de blocage complet sur l’ensemble des réformes et des capacités de redressement de ce pays.

Elu le premier octobre et sachant que les élections présidentielles sont en avril et que le parlement ne siège plus à partir de février, un nouveau Président issu de la gauche serait tenter de bloquer le système, (à part le budget qu’on pourrait imposer en ordre du jour). Ce qui aurait comme conséquence immédiate qu’aucun un texte ne pourrait plus être passé au parlement, ni au Sénat en attendant l’hypothèse d’un changement politique en mai 2012.

Vous me direz que tout ceci serait de bonne guerre, si dans la crise que traverse notre pays, nous pouvions nous payer le luxe d’un Parlement bloqué par une situation politique figée qu’il lui donnerait l’incapacité à réagir ?

J’ai un exemple très simple à offrir à votre réflexion : en 2008, lorsqu’il a fallu sauver le système bancaire français contre les attaques des spéculations financières extérieures, afin de sauver l’économie et l’épargne de tous les français, les navettes entre Assemblée et Sénat furent réalisées en 4 jours. Parce que les Président de l’Assemblée, du Sénat, des groupes parlementaires et les conférences des Présidents, ont accepté d’inscrire en urgence sans respecter forcément l’ensemble des modes de fonctionnement des deux assemblées, des Ordres du jour Extraordinaire.

Il se présente à mon vote Georges SIFFREDI.

Je connais le travail réalisé par cet homme en tant que Maire de ma ville,  et président de l’Intercommunalité des Hauts-de-Brière.  C’est un homme loyal qui connait ses dossiers. Un bosseur qui a toujours eu une vision sociale pour sa commune. Une diagonale sociale et culturelle qui a toujours marqué la conduite politique et économique du développement de la ville de Châtenay-Malabry et conduit au désenclavement et à l’insertion des populations les plus exposées à la précarité et aux violences urbaines.

J’en parle d’autant plus librement que je me suis présenté contre lui en 2008 et que je n’appartiens pas à sa majorité municipale.

Ce sont donc ces principales raisons qui vont motivés mon vote de dimanche. Je voterai Georges SIFFREDI, sans état d’âme et laisserai mes états d’âme centriste au vestiaire.

19.09.2011

Responsable mais pas coupable

dsk-tf1-dominique-strauss-kahn-10544329gpoke_1713.jpgComme la majorité des français, j'ai attendu avec impatience le JT de 20 heures de TF1 d'hier soir, afin d'essayer de me forger une opinion sur le cas DSK qui avait défrayé la chronique depuis cinq mois ; depuis cette triste affaire de mœurs qui nous avait révélé un visage particulier et angoissant de celui qu'on pressentait comme le probable vainqueur contre Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2012.

Bien qu'il ait semblé a première vue qu'aucune question embarrassante n'ait été éludée, je suis resté sur ma fin tant l'interview semblait préparée, théâtralisée, comme un Breaking-news à l'américaine. DSK aurait pu répondre en anglais, face à une Claire Chazal, anémique, muette et mécanique. La journaliste ne fut pas  à la hauteur. Soit pas connivence ou soit parce qu'elle ne maitrisait pas son dossier dans le détail : laissons lui le bénéfice du doute.

Que nous a révélé Dominique Strauss-Kahn pendant cet entretien ? Pas grand chose. Sinon qu'il était sur le mode bien connu du "responsable mais pas coupable"

Pourtant, lorsque DSK parle de faute morale, on est frappé et porté à se demander qu'est ce que cela signifie pour un homme qui prétend qu'il n'y a eu ni violence, ni contrainte, ni agression ?

La faute serait alors que les français aient été mis au courant de la forme de sexualité qu'il aurait eu avec cette femme de chambre ?

Au-delà de l'affaire de mœurs, cela questionne surtout sur les rapports de pouvoir et plus précisément sur les rapports dominant-dominés et les rapports entre les femmes et les hommes.

Et lorsqu'il affirme une main sur le cœur tandis que l'autre brandit  le rapport du gouverneur Cyrus Vance  qu''il n'y a pas eu de rapport de contrainte, on est porté à sourire.

Un rapport entre un homme de race blanche riche et une pauvre femme de chambre noire dans une chambre d'hôtel, même s'il était consenti, renvoie forcément à la question d'un rapport de pouvoir et de domination.

on aurait aimé l'entendre là-dessus. Il aurait mieux valu qu'il revendiqua  ce qu'il était véritablement, et nous parler franchement de lui plutôt que de se livrer à ce numéro télévisuel. 

Hors, pendant toute l'interview qui aura duré 20 minutes, il s'est caché, s'est dissimulé et n'a rien dévoilé d'authentique.

Dès lors, où situe-t-il la moralité ? Est-ce de ne pas tromper sa femme, ou bien d'avoir telle ou telle forme de vie sexuelle, ou bien encore être sexuellement correct lorsqu'on est candidat à une élection présidentielle ? On n'en saura rien de plus alors que rien ne nous aura été épargné sur sa vie sexuelle exposée au grand jour, ainsi que ses relations avec sa femme, Anne Sinclair,

 

Dominique Strauss-Kahn n'a pas été juste au sens où il ne nous a pas montré l'ampleur de ce qu'il était véritablement comme homme.

On n'a pas ressenti la même authenticité,  la même conviction lorsqu'il a parlé de politique et d'économie avec tout le brio et l'intelligence qu'on lui connait , que lorsqu'il s'est agit de parler de lui et de s'expliquer sur ce qui avait agité les médias depuis presque six mois.

Pas de surprise dans les questions. Tout était préparé et chaque réponse offerte était mesurée, sans recherche de déstabilisation.  Il a répondu ce qui lui semblait bon de répondre.

C'est un gâchis personnel et un second pour la France.

Bien-sûr, politiquement, il n'est pas mort.

Il faudra compter sur lui plus rapidement que certains le pensent. Le baiser de la mort offert a  Martine Aubry en fin d'interview en aura été le signe subliminal. Il ne veut pas s'immiscer dans les primaires socialistes mais n'aura pu s'empêcher de dévoiler qu'il y avait eut véritablement une entente entre elle et lui, sous forme de pacte scellé, dont beaucoup au PS et ailleurs avaient pressenti.

Dès lors il apporte la preuve que la secrétaire du Parti Socialiste est une candidate "faute de mieux", une candidate "au cas où", une candidate au rabais. Ce qui rogne incontestablement sa légitimité à briquer un mandat d'une telle envergure et qui fout le bazar dans un Parti connu déjà pour son bordel endémique et ses luttes de pouvoir intestines.

Vous verrez que  5 ans sont vite passés .....et que DSK reviendra comme  Chevalier-blanc dans le jeu politique national

Quant à moi, j'ai regardé "le 20 heures" de TF1, une prouesse en soi.

15.09.2011

« Juif ou pas Juif » ??

MV.jpegQuelle démagogie que la polémique soulevée par l’application imaginée par Johann Levy Ingénieur en informatique « Juif ou pas Juif »

Avec pour argumentation cette Loi stupide de  la CNIL qui interdit purement et simplement la constitution d'un fichier ou d'une base de données de personnes en fonction de leur appartenance ethnique, de leur confession religieuse ou encore de leur orientation sexuelle. La CNIL qui laisse faire lorsque le gouvernement en place développe le fichier  EDVIGE ! (un fichier de police informatisé créé par le décret 2008-632 du 27 juin 2008 par le ministère français de l'intérieur. Ce fichier devant  recenser les personnes « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif »,

On sait que tout le monde  ou presque adore être fiché par FaceBook ou Grind’r.

Tiens d’ailleurs, si au fond il s’agissait pour Johann Levy rien d’autre que d’afficher sa fierté d’être Juif, comme tous celles et ceux qui défilent à la Gay Pride et qui sont les premiers scandalisés par le procédé ?

 Vraiment la France a encore du mal avec ses démons et cette polémique prouve, s’il fallait encore le démontrer que l’antisémitisme et l’esprit faux-cul ont encore de beaux moments devant eux dans ce pays.

 Je pense pour ma part  que ces interdictions et ces Lois sont malsaines. Elles renforcent et confortent  une sorte de non-dit "douteux" et paradoxale autour de la question des appartenances d’hommes et de femmes publiques et posent in fine, question sur la liberté d'expression de chacun.

 Devrait-on avoir honte d’être Juif ? Et si ce n’était pas la meilleure façon de faire reculer les préjugés ?

Il y en a qui découvriront avec stupeur en apprenant la judéité de Mickaël Vendetta qu’un Juif n’a pas forcément le nez crochu, de grandes oreilles, les traits sémites et serait très intelligent (bon, c’est vrai, ce gamin à l’air d’aimer l’argent et la célébrité.. :)

 La liberté d'expression c'est tout à faire le contraire. Cela permet aux États-Unis à un Kirby Dick de s'attaquer aux hommes politiques américains, le plus souvent Républicains, ayant, dans leur vie privée, des relations homosexuelles qui  soutiennent publiquement des textes de lois limitant les droits des gays et qui ont des discours homophobes. Comme quoi, tout ceci peut avoir des avantages.

 Donc il n'y a pas de questions moins intéressantes que d’autres  et nous devons pouvoir en adultes que nous sommes, affronter l'idée qu’on puisse révéler tranquillement lorsqu’il s’agit de gens qui ont choisi d’être  sous les projecteurs publics,  leur religion sans que cela ne pose problème.

Heureusement, que l’application ait été développé par un Juif : j’imagine autrement ce qui en aurait été de l’auto-flagellation de nos bobos habituels.

D’ailleurs Johann Levy s’en explique tranquillement sur son blog "Je l'ai faite dans un but sain. Je suis juif moi-même. Le but, c'était juste d'apporter aux juifs un sentiment de fierté, quand ils voient que tel homme d'affaires ou telle personne célèbre est également juive", a-t-il déclaré au téléphone à l'AFP. Pour se défendre, il précise : "Les données sont déjà disponibles sur internet et je n'ai fait que les compiler" pour développer ce fichier. Lévy se dit d'ailleurs "extrêmement surpris par l'ampleur de la polémique".

 Si ce n’est pas légal, alors changeons la Loi. En 1942, la Loi disait qu’il était légal d’arrêter les Juifs. Était-elle juste pour autant ?

Savoir que Jean-Pierre Foucault est juif ne lui apporte, ni ne lui retire rien et personne ne viendra plus sonner à sa porte à cinq heures du matin, après qu’il ait été dénoncé par de bons français bien-pensants.

01.09.2011

Rentrée scolaire 2012 – Le Genre : Hors sujet.

gender.jpgLa rentrée scolaire 2012, n’aura pas lieu sur le seul front de l’augmentation du coût des fournitures scolaires pour les familles, ni même sur le conflit  de la suppression de postes d’enseignant pour raisons budgétaires.

Cette année s’invite un drôle de débat sur l’identité sexuelle telle qu’elle est décrite dans les manuels scolaires de 1ere ES et L en cours de sciences de la vie et de la terre (SVT).

Ils sont 80 députés UMP, parmi lesquels Christian Vanneste, Lionnel Luca et Jacques Myard, fondateurs du collectif de la Droite populaire, Bernard Debré, Eric Raoult et Hervé Mariton, à s’insurger contre le passage d'un manuel publié par Hachette : "Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l'autre".

Ils sont drôles et de plus en plus prévisibles ces députés UMP qui enfourchent une posture morale et se mêlent de tout et de rien pour séduire les 2 français sur 10 qui s’apprêtent à voter FN et cette France vieillissante qui râlait la semaine précédente qu’on osa virer Henri IV du programme des cours d’histoire.

A quelques mois des élections présidentielles, toute polémique est bonne à prendre pourvu qu’on détourne l’électeur des véritables problèmes.

Personnellement, je pensais que cette histoire de « genre » était une affaire réglée. Simone de Beauvoir avait écrit ce qu’elle pensait à ce sujet et Françoise Dolto également.

C’était sans compter sur cette frange populiste de droite toujours tentée d’aller chercher de l’autre côté de l’Atlantique un modèle moral et civique qui n’a pas de racine culturel au pays des Lumières mais qui pourrait naître à la faveur d’une France qui se communautarise de plus en plus.

Du coup, tout le monde s’agite, et Têtu balance les noms des députés qui ont osé signer au bas de cette pétition, les suspectant de fait, d’homophobie ! Comprenne qui pourra.

Le débat étant lancé, il est quand même intéressant de se positionner sur le sujet.

Chacun à son point de vue sur la question, et personne dans l’explication qu’il ébauche,  n’échappera pas à sa propre construction culturelle, intellectuelle, ethnique et environnementale lorsqu’il formulera son jugement. Et constater ceci, donne déjà une réponse à la controverse provoquée par la Droite populaire.

Et s’il s’agissait de l’inverse ?  Si on naissait très bien sexué (a part quelque rares cas d’hermaphrodisme), bien ancré dans le « géni de son sexe » comme l’expliquait Françoise Dolto ? Et si c’était l’environnement affectif et éducatif qui mettait le bazar ?

A observer mes enfants, dès leur plus jeune âge, je suis surpris par un conditionnement inné qui semble échapper au modèle éducatif que j’envisage pour eux.

Et là, le « génie du sexe » décrit par Dolto, entre manifestement en compte.

Il faut remonter à la préhistoire pour admettre, de façon sereine, sans discours idéologique ni baratin,  que la femme s’est naturellement positionnée à l’intérieur de son foyer tandis que l’homme par sa corpulence musculaire plus forte et la forme de son sexe, partait à l’extérieur, conquérir des territoires et allait à la chasse.

Ce modèle est à l’origine de notre humanité: la femme, avec son sexe rentré, enfoui entre ses jambes,  et l’homme, avec son sexe érigé, phallique, qui constituent à eux seuls, les premiers modèles archaïques de notre vision du monde et qui permettent à l’homme d’entrer dans l’l’Histoire.

Il me paraît donc rapide d’affirmer, comme le font les auteurs du programme scolaire incriminé, que les femmes et les hommes ne peuvent pas être définis une fois pour toute, comme homme ou femme ! Mais que c'est leur pratique sexuelle qui les ariment à un genre ou à l'autre. Etrange raccourci !

Et d’en conclure que tout ceci ne serait guidé que par la construction culturelle environnante ! C’est philosophiquement intéressant, c’est du déjà lu, mais scientifiquement limite et .....de toute façon hors sujet.

Et voici deux dogmatismes qui s’affrontent. Deux idéologies fermées : Les dogmatistes moralistes à droite et les tenants de la la psychiatrisation de l'identité sexuelle.. à gauche ..

C’est dommage pour la qualité d’un débat qui n’aura de toute façon, pas lieu.

Aussi, deux choses toutes simples me viennent à l’esprit : en ce qui me concerne, ma bisexualité ne m’empêche nullement de me sentir parfaitement viril et d’appartenir complément au genre masculin.

Ensuite, en SVT, j’aimerais qu'on s'en tienne à la matière enseignée, se contentant d’aborder le sujet du seul point de vue scientifique et non pas philosophique. Dans une autre matière que les SVT, le raisonnement ne m’aurait pas gêné, mais ici, c'est limite et nous sommes surtout hors-sujet.

31.08.2011

Une utopie de science politique.

vote.jpgLe scrutin majoritaire à deux tours, utilisé pour l’élection présidentielle française, biaise le choix des électeurs d’après deux observateurs de la fondation Terra Nova.

Sans doute que ce mode de scrutin, pilier fondateur sur lequel repose notre cinquième République à ses limites. Il trahit la volonté des électeurs dont le candidat est éliminé dès le premier tour. Il fausse l’opinion de l’électorat car le décompte des voix n’exprime en rien le sentiment des électeurs. Il force à des choix stratégiques difficiles (voter utile ou voter selon ses convictions ?).

Pour pallier à ces défauts, M. Balinski et R. Laraki proposent l’instauration d’un nouveau mode de scrutin à un tour. L’électeur serait appelé à évaluer chaque candidat en lui attribuant une mention parmi sept, allant de « très bien » en passant par « assez bien » ou « passable ». Le candidat le mieux noté remporterait l’élection. Un système qui, selon les chercheurs, aurait l’avantage de mesurer véritablement le mérite de chaque candidat en laissant l’électeur libre d’exprimer  son opinion sur l’ensemble des candidats.

Ce système abolirait la tension entre vote utile et vote d’adhésion. Les expérimentations montrent qu’il chamboulerait les résultats électoraux.

« Rendre les élections aux électeurs : le jugement majoritaire » Note de la fondation Terra Nova, 21 avril 2011

06.05.2011

La lepénisation des esprits se porte à merveille

black-blanc-beur.jpgMême si les réunions de travail n’ont pas vocation à sortir sur la place publique, l’accusation de Médiapart de discrimination raciale contre certains dirigeants de la FFF est révélatrice du climat de ce pays.

Une certaine  France s’installe progressivement  au pouvoir. Une France caricaturale, intolérante, xénophobe, une France qui a peur de ses enfants, une France qui a peur d’elle-même.

Et l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République a légitimité ce climat.

En cela, l’ancien leader frontiste a gagné son pari.

Parce que Jean-Marie Le Pen est aussi la France, notre société a été considérablement marquée par l’empreinte de ses idées qui n’ont jamais cessé de gagner du terrain dans la sphère sociale, culturelle et politique de notre pays.

Il suffit d’observer nos hommes politiques qui de Sarkozy à Hortefeux, ces quinquagénaires qui nous gouvernent aujourd'hui et dont plus jeunes, Jean-Marie Le Pen aura probablement fasciné ou façonné la personnalité politique, autant que d'avoir laissé une empreinte sur leurs discours.

Mais ce qui est vrai à droite, l’est autant à gauche, de Michel Rocard à Georges Freche.

En dépit du sursaut républicain de 2002, (qui fut très exagéré avec le recul que nous en avons puisqu’il est presque certain que Jean Marie Le Pen ne serait pas passé au second tour contre Jacques Chirac), la victoire de Jean-Marie Le Pen a quand même eu lieu et s’est faite dans les esprits. Ce que certains ont appelé la lepénisation des esprits.

Les fameuses petites phrases et bons mots de Jean-Marie Le Pen sont tous intéressants car s’ils nous ont fait bondir à l’époque où il ont été prononcés par le leader frontiste, ils n’ont cessé depuis 2007, de faire des émules, ont été repris, à peine paraphrasés par le personnel politique de gauche comme de droite ou journalistique (si l’on s’en tient au sinistre Zemmour). Cf la fameux discours ambiant décomplexé et sans tabou.

Ses idées ont presque toute été recyclées. Jean-Marie Le Pen et le durcissement de la droite sous le règne de Nicolas Sarkozy  ont libéré une parole jusqu’ici proscrite.

De nouveaux penseurs ont permis à la génération politique suivante et aux acteurs de la société civile,  d’être décomplexée par rapport à une certaine vision quelle a de l'autre et a permis une perception bipolaire ou seul subsisterait le blanc ou le noir.

L’univers du Football ne fera donc pas exception à la règle. Et ce qui devait rester une discussion de travail qui ne devait pas franchir les murs d’une salle de réunion, montre à quel point le mal est profond et encré et qu’il n’épargne aucune sphère de notre Société.

09.02.2011

La Zizanie

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Certaines personnalités politiques régionales et départementales viennent de réaliser que ma compagne faisait de la politique à la faveur de la campagne des Cantonales.

Elle se présente comme suppléante sur la liste Montrouge démocrate de  Jean-Eric Branaa. 

Ce dernier est investi par CAP21 et, elle-même se présente sous des couleurs « démocrates ». 

Qui oserait d’abord ne pas s’affirmer démocrate dans ce pays ?

On doit comprendre à ce vocable fourre-tout qu’elle se situe quelque part au Centre et que ce Centre ne semble pas inclure le parti du Nouveau-Centre du maire de cette ville qui s’est allié, pour la circonstance à l’UMP, portant donc sous sa candidature la double étiquette dès le premier tour.

Il s’avère que Sylvie Brenez s’est engagée au MODEM depuis 2007 et que, jusqu’à ce jour elle en fait toujours parti. En cette période électorale, chacun ayant peur pour ses fesses et il n’est pas dit du reste qu’elle en fera encore parti d’ici à quelques semaines. L’avenir nous le dira.

On me demande de le dénoncer, de l’en empêcher, de prendre position sur ses choix.

« On », c’est Hervé Marseille qui m’appelle il y a quelques semaines, pour me demander des explications.  Hervé Marseille est le Maire de Meudon et gère de près cette campagne. Il est légitime qu’il s’inquiète, qu’il se questionne, là n’est pas la question.  Cela ne me dérange pas qu’un maire m’appelle pour me questionner. Notre conversation fut d’ailleurs  amicale.

Il  reste perplexe quant à mes réponses qui ne sont pourtant pas évasives.  Je le sens passablement énervé.

Je n’ai pas l’habitude de me défiler.  Dans le cas qui nous occupe, je lui rappelle que je ne suis plus au MODEM et que je me situe au Centre depuis ma rupture avec François Bayrou.  De là à convaincre femme et enfants de faire la même chose, je n’y avais pas pensé.  

Sylvie Brenez est restée au MODEM et n’a pas trop compris que j’en sorte.

Il n’y a pas une ligne qu’elle ait écrite contre le Mouvement de François Bayrou. Elle est resté fidèle à l’homme qui voulait incarner une troisième voie. Elle en a retenu la leçon principale : pas d’allégeance avec la droite classique, ni la gauche mais se situer résolument au Centre.

Personnellement François Bayrou, j’en ai soupé. J’ai découvert que le personnage était loin d’appliquer ses discours dans la pratique démocratique de son mouvement.

Je suis devenu Conseiller Municipal d’une ville UMP : Châtenay-Malabry. J’ai découvert que tous les UMP n’étaient pas à mettre dans le même sac détestable du Sarkozisme. Je me suis rallié au parti de Jean Artuis que j'essaie de représenter au mieux.

J’affirme ici que Georges SIFFREDI est un excellent maire et que la gestion économique et sociale de ma ville me convient. Et, il ne semble pas que je sois le seul dans ce cas, à voir ses scores à chacune des élections qu’il emporte.

J’en parle avec d’autant plus de facilité que je me suis présenté contre lui en 2008 sous la bannière du MODEM. Si la gestion ne me convenait pas, je le dirais haut et fort selon mon habitude. Décidément les choses sont beaucoup complexes dès qu'on se heurte à la réalité politique locale.

En revanche je sens bien tout ce petit monde gêné aux entournures et les pressions commencer à se mettre en place.

Je  ne sais pas si demain je serai encore à l’Alliance Centriste. On me débarquera peut-être. Il s’agira de dommages collatéraux. Je m’y prépare.

Je ne peux donc ici que renouveler mes vœux d’un Centre uni fort et indépendant pour les échéances électorales qui nous attendent.

Le Centre est empêtré dans des batailles d’égos et de leadership qui l’empêche d’avoir un discours cohérent. L’aventure que mène François Bayrou avec son MODEM complique encore les choses. J’écris encore ici ce que je me tue à répéter depuis 2 ans : non Bayrou n’est pas un centriste du Centre. C’est un CENTRISTE de Centre-droit opportuniste qui a cru à ses chances contre Sarkozy en 2007 et 2012. Il va lamentablement échouer à la présidentielle de 2012 et tout reviendra dans l’ordre. Pour l’instant, malgré les efforts d’un homme comme Jean Arthuis, je ne crois pas que les centristes parleront d’une même voix. La construction d’une Union Centriste au Sénat menée par le Sénateur François Zocchetto est une première étape vers la réunification.

Quant à moi, j’évite d’écrire sur mon blog et de trop commenter l’actu pour ne pas donner à mes détracteurs l’idée de distiller quelques messages subliminaux.

Quant à Sylvie Brenez, elle est assez grande pour entreprendre toute seule toute sorte de démarche qu’elle juge bonne.

Je ne suis pas de la génération des hommes qui interdisaient à leur femme d’aller et venir.

J’éviterai de me positionner publiquement dans un sens ou dans un autre pendant toute cette campagne.

Pour le reste, je vous conseille l’excellent film de Claude Zidi, la ZIZANIE dans lequel Louis de Funès campe un industriel désireux de faire de la politique. Les problèmes surgissent  lorsque sa femme décide de se présenter aux municipales contre lui.

Le film est burlesque. On passe un excellent moment.

Et bien-sûr, toute ressemblance avec………

 

29.01.2011

La décision du Conseil Constitutionel : une opportunité pour tous les jeunes Centristes.

homosexuel.pngBien sûr que l’interdiction du mariage homosexuel est conforme à la Constitution ...c'est une lapalissade.

Tant qu'aucun parlementaire n'a proposé une Loi légalisant le mariage homosexuel et que celle-ci ait été voté, il ne peut être constitutionnel !

Le Conseil Constitutionnel n'est pas fait pour donner son avis sur des problèmes sociétaux, mais veille à la régularité des élections nationales, aux référendums et se prononce sur la conformité à la Constitution des lois et de certains règlements dont il est saisi.

Si la Loi n'existe pas, le Conseil ne peut que le constater.

C'est Donc à Morin, Arthuis, Bayrou de se positionner et de proposer une Loi pour légaliser le mariage homosexuel.

Ensuite on peut supposer qu'un Christian Vanneste saisira très certainement le Conseil Constitutionnel parce qu'il sera contre. Et là, Le Conseil staturait et rendrait sa position.
Vous devriez savoir cela, si vous faite de la politique. C'est le B.A.BA.

Ensuite, vous êtes bien placés les uns et les autres pour aller demander à ceux que vous soutenez d'œuvrer en ce sens, non ?

Tiens qu'en pense les Centristes du mariage homosexuel au fait ?

Il n'y a que Corinne Lepage qui soit pour le mariage homosexuel actuellement. Les autres sont contre.

Ça serait le vrai débat à tenir pour les jeunes démocrates dont beaucoup sont GAYS !

Ils pourraient faire pour une fois de la politique, monter des groupes de pression, rencontrer les députés et sénateurs avec lesquels ils adorent se faire tirer le portrait.

Demander le soutien de quelques personnalités politiques de haut rang et maires de grandes villes de la Région Parisienne très connues, faire quelques outings de principe pour ceux qui le veulent  et convoquer la presse.

Ils signeraient ainsi leur première action politique citoyenne fondatrice d’un mouvement qui obligerait les caciques du Centre de faire de la politique autrement.

Les forçant à ne pas seulement se préoccuper de leur learderships, de ne pas seulement penser à se placer à des postes convoités, de ne pas seulement attendre le perchoir du Sénat ou de l’Assemblée Nationale, de ne pas réduire le débat politique français à la seule fiscalité, alors qu’il y a tant d’autres choses à dire quand on prétend faire de la politique et incarner une alternative au pouvoir en place.

Je dis ça, je dis rien.

 

15.01.2011

Les trois facteurs de succès du soulèvement tunisien

tunisie.jpgLe 17 décembre restera une journée historique pour le peuple tunisien. Une journée où personne n’aura rien vu venir, ni la communauté internationale, ni Ben Ali qui 70 morts plus tard et un mois après a disparu avec sa famille du pays qu’il gouvernait depuis 24 ans.

Trois facteurs ont été déterminants dans cette réussite. Le facteur économique. Internet et les réseaux sociaux et très certainement l’aide intérieure de l’armée.

La réussite économique de nature dictatoriale a fait long feu. La Tunisie prouve par l’exemple qu’une dictature ne peut survivre grâce au seul développement économique libéral.

Tous les nationalismes despotiques construits sur le seul taux de croissance sont voués à l’échec. Car sur le long terme, il n’y a pas en Chine comme en Tunisie de développement économique durable en dehors de la démocratie.

La Tunisie présentait pourtant toutes les caractéristiques apparentes d’un pays dont le pouvoir pouvait prétende à une certaine forme de légitimité auprès des gouvernants occidentaux. Un petit pays émergeant francophone et voisin qui avait su investir massivement dans l’éducation de sa jeunesse, affichant un taux de diplômés exceptionnel, tout ceci encadré par un régime autoritaire qui combattait sans merci l’islamisme.

C’est pourtant cette jeunesse diplômée qui a renversée ce régime après s’être soulevée contre lui entrainant avec elle, les classes moyennes tunisiennes et toute la population. Une jeunesse branchée sur les réseaux sociaux, utilisant Internet pour s’organiser. Une jeunesse dont le cœur aspirait à l’universel alors que ses dirigeants dépassés, ne comprenaient toujours pas les nouvelles formes d’expressions démocratiques qui se moquaient des frontières et de la répression intérieure. Un pouvoir dépassé par cette nouvelle forme démocratique de nature si polymorphe.

Le peuple tunisien s’est soulevé parce que le taux de croissance qui flirtait avec un nombre à deux chiffres a chuté en Tunisie avec la crise européenne de 2008 et n’atteignait plus en 2010 que 4 %.

Lorsque le taux de croissance s’effondre avec en face un niveau de corruption quasi général, c’est la certitude que des soulèvements populaires ne seront jamais loin.

En réprimant les classes moyennes qu’il était parvenu à développer, Ben Ali a scier la branche sur laquelle reposait en grande partie l’avenir du pays et sur laquelle le dictateur lui-même était assis.

Le même problème pourra se poser demain en Chine en cas de brusque retournement de tendance, des armées de diplômés entreront immédiatement en rébellion.

Que va-t-il se passer maintenant alors que  Mohammed Ghannouchi exerce le pouvoir par intérim?

Je ne crois pas pour ma part que seule la « rue » ait pu répudier si rapidement la dictature en place. L’armée a du jouer un rôle décisif dans la chute de Ben Ali. On sait qu’elle a refusé de tirer sur les manifestants, obligeant le corps de police à le faire à sa place.

C’est également l’armée dont les officiers ont été formé à Saint Cyr qui auraient poussé Ben Ali au départ.

La réaction rapide de Barack Obama ne trompe pas et les Etats-Unis et la France souhaiteront  jouer un rôle déterminant pour la suite.

Pour l'heure, il faut rapidement qu’une nouvelle constitution soit rédigée et appliquée, instaurant des élections libres et laissant au seul peuple tunisien l’exclusivité de prendre son avenir en main.

13.01.2011

Le directeur de prison est une victime

versailles.jpgLa jeune fille du « Gang des barbares » ! (si l’affaire n’eut pas été si tragique, cela eut été un titre splendide pour un livre de Simenon) rebondit une fois encore, avec l’histoire apparemment folle de ce directeur de prison, tombé raide dingue amoureux d’Emma qui avait appâté Ilan Halimi, ce jeune juif enlevé, torturé puis assassiné à Bagneux en Région Parisienne en 2006.

Ce qui est passionnant dans cette affaire, est que la jeune femme nous éclaire véritablement sur un don que partagent beaucoup de schizophrènes qui ont cette faculté toute particulière de s’emparer de la personnalité de leur victime en leur imposant de l’empathie.

Florent Goncalves, le directeur de la prison,  n’a rien vu venir. Comme n’avait rien vu venir, le gardien avant lui. Ils sont tombés malgré eux dans le piège de cette personnalité trouble qui leur a fait faire n’importe quoi, les téléguidant à loisir.

Comme le monde de la psychologie est complètement étranger à la justice, le juge d’instruction a placé le directeur en examen et l'a suspendu de ses fonctions et on peut parier que le Tribunal Correctionnel jugera  sévèrement cet « écart ».

C’est crétin car le Directeur et le gardien ont été victime par le même procédé employé par la jeune femme sur Ilan Halimi avant que celui-ci soit enlevé et tué par d'autres.

Sauf que cette fois-ci, le mobile n’était pas le même. On peut imaginer que la jeune femme cherchait les faveurs du directeur sinon pour s’enfuir, certainement pour devenir un prisonnière d’exception.

Qu’on ne se penche pas sur ce cas d’école pour mieux comprendre comment sont recrutés et comment fonctionnent les appâts, est bien dommage. On se prive certainement de comprendre mieux un des troubles de la personnalité les plus énigmatiques de la psychiatrie.

C’est ce qu’on appelle dans un jargon assez pauvre « faire perdre la tête ».

Ce qui prouve à la marge, que la réponse pénale est bien inadéquate face aux déviances de cette jeune femme, qu’aucune personne de la chaine judiciaire dans cette affaire, n'a pas pris le soin d’évoquer.

 

Laurent Gbagbo et Michel Denisot : incompétence partagée

denisot Laurent Gbagbo.jpgLaurent Gbagbo interviewé par Michel Denisot : les affaires intérieures de la Côte-d’Ivoire traversent des moments si graves qu’il fallait bien, à cas extrême une réponse à la mesure. 

Ainsi le gentil moment partagé sur Canal+, que nous offrirent le brillant journaliste de la chaine cryptée et le gentil Président africain fut un pur moment d’incompétence partagée. On regrette qu’Ariane Massenet ne fût pas de la partie, le questionnaire en aurait été que plus âpre.

En ce moment, je rigole en douce. Je dénonce dans mes articles  l’incompétence journalistique française, et chaque jour un petit exemple vient me donner raison.

Comment se construisent ces rencontres improbables ? Pourquoi les reporters journalistes qui sont sur place ou les spécialistes de l’Afrique (il doit bien y en avoir) ne sont-ils pas dépêchés par leur rédaction en priorité pour couvrir un tel évènement ?

On espère à présent que Nagui interviewera Ben Ali et que les yeux dans les yeux, il lui demandera si oui ou non, il a fait exiler sa famille à l’étranger et ce qu’il compte faire pour ramener le calme dans son pays.

La France est un beau pays. Tenez pas plus tard qu’avant-hier soir, David Pujadas s’est réconcilié avec le syndicaliste CGT qu’il avait tancé à distance sur son plateau du « 20 heures » alors que ce dernier voulait, pas désespoir, tout casser et mettre le feu aux poudres de son ancienne usine pendant les grandes grèves de l’année dernière.

L’explication entre les deux homme eut lieu,  sous l’œil chafouin d’un comédien célèbre, dépêché sans doute pour ses convictions de gauche  et sommé de nous parler de la crise et de ses conséquences en un format de plusieurs émissions.

Là aussi on pourrait se demander sérieusement quelles sont les compétences de Pierre Arditi, comédien de cinéma et de théâtre, pour expliquer le désespoir traversé par une partie de la population française ?

Rien évidemment. Juste une question d’audimat d’un media en perte de vitesse,  qui se mêle de tout et de rien. Une télévision polymorphe, qui s’invite dans votre maison pour vous apprendre  à cuisiner ou à bricoler, qui veut élever vos gosses à votre place, qui vous trouve une fiancée ou un mari lorsqu’elle ne rend pas la justice à la place d’un Tribunal.

Un média dépassé qui cherche à se maintenir en audimat pour continuer à vendre des contrats d’assurances pendant la pub. 

11.01.2011

Zemmour en Correctionnel.

zemmour.jpgEric Zemmour en correctionnel ; c’est assez savoureux. Cela en ferait presque un petit délinquant.  La Correctionnel n’a jamais aussi bien portée son nom.

Je voudrais en ce début d’année de pré-campagne présidentielle mettre l’accent sur certains dangers politiques qui menacent notre pays.

Des dangers qui sont véhiculés par des hommes, tous très brillants pamphlétaires qui véhiculent des idées qui trouvent une résonnance dans des couches ciblées de la population française et qui fonctionnent et fonctionneront comme des poisons au cours de ces prochains mois.

Car la crise qui  nous fait face n’est pas simplement bancaire ou économique. Elle est protéiforme et soulève aussi les problèmes d’une société française qui s’est réveillée un matin, multi culturaliste et multiethnique.

Qu’ils s’appellent ALAIN SORAL, ERIC ZEMMOUR, ou KEMI SEBA, leur système argumentaire est toujours le même : C’est un système construit sur l’exclusion, la stigmatisation, le nationalisme, le sexisme et l’homophobie.

En arrivant au pouvoir, le sans tabou et le discours décomplexé  de Nicolas Sarkozy qui voulait avec cela, chasser sur les terres frontistes, a matérialisé leurs visibilités et a cristallisé leurs points de vue.

Sa campagne promouvant une politique de libéralisme dure (au moment même où la réalité économique donnait tort à ses arguments de campagne) conjugué à l’absence d’un parti d’opposition fort, a d’autre part offert à ces nouveaux démagogues un véritable boulevard.

Mais ne nous y trompons pas, l’engouement de l’extrême gauche ou d’une gauche extrême par les français est aussi inquiétant,  car s’il se concrétisait au niveau des urnes, il pourrait laisser les partis classiques de gauche à la porte du pouvoir pendant de nombreuses années et empêcher l’alternance (comme le Front National et le Parti Communiste ont empêché la gauche puis la droite classique à accéder au pouvoir chacune à leur tour). La nature ayant horreur du vide, les oppositions se reconstruiraient dans les extrêmes.

En ciblant leurs discours contre des communautés, ces nouveaux penseurs de droite attisent des haines de toutes sortes.

La force de leur argumentaire fonctionne toujours par un système d’accumulations et d’exclusions : Chacun peut objectivement se retrouver dans leur analyse qui pourrait être reprise par des démocrates de bonne foi.

Mais leurs idées sont toujours mises au service du rejet de l’autre, en promouvant la théorie du complot et du conspirationnisme, fondées à la fois sur des préjugés qui se mêlent au bon sens et servent à distiller le mythe des peurs modernes.

C’est la raison qui nous ramène à Zemmour aujourd’hui qui est obligé de s’expliquer devant la justice, mais qui continue d’affirmer devant les micros tendus  que «Quand on décrit la réalité, on est criminalisé».

C’est donc en préambule,  un « je persiste et signe » pour justifier les affirmations qu’il avait faites sur Canal + le 6 mars 2010  et puis sur France Ô  lorsqu’il disait que la plupart des trafiquants étaient «noirs et arabes», pour justifier le contrôle policier au faciès.

Si on veut entendre le tout Zemmour, il n’y a qu’à se servir sur Youtube ou Dailymotion, la compile vaut le détour.

C’est la raison pour laquelle Zemmour ne sera jamais un véritable journaliste. C’est un type d’extrême droite perdu dans ses convictions pour d’obscures raisons qui lui sont propres.

Et le genre de propos qu’il tient en permanence, n'a rien de courageux. C'est au contraire un discours très convenu, ponctué par des moments de pure lâcheté.

Car il est toujours très facile d'aller toucher la corde sensible des gens qui ont peur de l'étranger notamment, et Zemmour est sans doute le roi des peureux et ces déclarations font de lui qu'un vulgaire populiste... qu'il assume certainement.

C’est homme  qui se voudrait historien et un parangon d’une grandeur française fantasmée est au fond très ignorant de l’histoire.

Cet homme n'a rien d'intelligent. Au plus est-il  doué d’une  certaine répartie, mais tellement centrée sur ses idées et ses peurs que finalement,  il aboutit toujours aux même conclusions et ne surprend plus personne.

 

09.01.2011

L'insuportable Nicolas Demorand.

mélenchon.jpgC’est vrai qu’il est insupportable ce Demorand. Autant qu’il pouvait l’être à France Inter qu’à Europe 1 à présent, où il s’est installé depuis le début de la saison pour présenter la tranche d’information du soir, après qu’il se soit sauvé de la Maison-ronde aussi soudainement qu’un pet foireux, pour des raisons restées mystérieuses.

Je tombe sur un podcast où il interview Mélenchon, autre cas d’espèce de la politique spectacle, porté assez récemment au top des « très bons clients » des plateaux télés.

Ce n’est pas que j’aime beaucoup Mélenchon dont les analyses économiques sont plus proches de la réflexion d’un élève de CM² que d’un grand économiste. Mais il n’empêche que c’est un homme politique respectable, aux convictions trempées qui ne va jamais puisé dans le même caniveau que celui de la famille Le Pen pour construire ses arguments.

Il est cohérent, possède un certaine logique rhétorique et défend ses idées clairement.

Alors pourquoi Demorand s’excite-t-il sur lui au point de l’agresser dès les cinq premières minutes de ce qui devrait-être un entretien apaiser ?

Le journaliste que Pascal Clarck considère avec raison, mal dégrossi, flanqué d’une veste de jogging improbable qui l’engonce et le déforme, fait son show et cherche à faire sortir de ses gongs l’homme qu’il a devant lui plutôt que de mener l’entretien et d’écouter ses réponses.

Une société a le journalisme qu’elle mérite. Devant les puissants, les installés de la politique, on n’exige d’eux aucun compte, en face d'un second-couteau de la politique, on s'acharne et on se la joue journaliste à "l'anglo-saxonne". Alors que le journaliste français est très connu pour être toujours couché, quelque fois assis et rarement debout.

D'ailleurs Demorand représente l’archétype du journaliste qui ne se pose pas de question, formaté par sa caste, issue d’une bourgeoisie très fière d’elle-même ou dès la plus petite enfance le chemin est tracé et où tout doit couler de source.

Remettre en question notre système démocratique, bouger les lignes sociales et les lignes de préjugés, y-a-t-il seulement pensé un jour ? Lui qui n’a eu que du mépris pour le chroniqueur humoriste Didier Porte après que ce dernier se soit fait lourder de Radio France.

Normal, le comique sortait des clous et revêtait soudain une attitude très exogène et très étrangère aux référentiels de monsieur Demorand.

Oui, Demorand incarne donc le journalisme à la française : un journalisme mou et souvent panurge. Un journalisme paresseux, qui ne cherche que très rarement l’investigation et accepte peu la critique.

C’est un journalisme qui répète ce que raconte la presse écrite le matin, qui prépare en radio ce que diront les "20 heures" TV du soir, et amplifie comme une caisse de résonnance, des affaires souvent rabâchées autant qu’inintéressantes.

Bref un journalisme qui jongle avec des sujets surmédiatisés, déjà entendus chez les confrères, utilisant les mêmes trucs et le même vocabulaire pour nous les resservir.

C’est la raison pour laquelle Mélenchon serait populiste. Et si les autres le disent, c’est donc vrai. Mélenchon prétend qu’une autre politique est possible ? Mais la bienpensance prétend que c’est un arnaqueur et ainsi de suite.. Et tout ceci ira à son tour, courir et s’amplifier sur le Net, dernière étape de la mâchouillerie des buzz.

On peut se demander aussi si la station Europe 1 ne cherche pas des parts de marchés plus importantes en courant le lièvre derrière RTL qui n’en finit pas de la ridiculiser et lui passer devant au règne de Médiamétrie ?

Ainsi, la station serait donc prête à tout pour faire parler d’elle, pour obtenir le clash au dépend d'un vrai travail journalistique honnête en s'entourant de Fogiel et autre Demorand qui sont plus des animateurs de plateaux que de vrais journalistes ou de véritables hommes de culture.

08.01.2011

Tunisie, Algérie. Où passe le fric ?

riots.JPGCe qui se passe en Algérie et en Tunisie en ce moment, est d’une certaine manière assez étrange économiquement . Des populations se soulèvent, exsangues et affamées ; excédées par des conditions de vie difficile et  un chômage endémique.

Pourtant, ces deux pays ont des richesses naturelles  et des ressources financières très fortes.  Et malgré tout aucune répartition n'est envisagée, ni même le moindre plan politique pour faire prospérer les PIB des habitants. Les jeunes sont dans la rue et cassent tout ce qui leur tombe sous la main.

Je me demande assez benoitement, où passe cet argent, je veux dire la richesse de ces pays ? A qui profitent les richesses engendrées par le gaz et le pétrole ? C’est assez curieux pour un occidental.

C’est un peu comme si les Etats tunisien et algérien se comportaient comme des patrons du CAC40 qui ne redistribueraient jamais une partie des bénéfices  au Personnel. Sauf qu’en l’espèce, il s’agit de populations dont les soulèvements en disent long sur les conditions de vie qu’ils doivent supporter au quotidien !

 
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