27/02/2013
Attristez-vous.

Je crois avoir lu quelques livres et avoir une culture suffisante du XXème siècle pour pouvoir emmetre une opinion sur Stéphane Hessel.
Ce siècle fut marqué par toutes sortes d'idéologies et de mot et "isme"
On avait l'habitude de rire de la religion et de prendre au sérieux la politique, mais vraiment très au sérieux. Maintenant, c'est l'inverse.
Certes, Hessel a été un résistant, a milité pour les droits de l'homme à la fin de la seconde guerre mondiale ...Mais cela en a-t-il fait pour autant un intellectuel engagé ?
Le déroulement de sa vie montre au fond, qu’il aura été un bourgeois éclairé qui a embrassé son époque, qu’il se sera consacré avec beaucoup d’énergie à sa carrière diplômatique, mais qu'il n'aura jamais été aperçu à l'avant-poste des combats intellectuels, ni même qu'il aura conduit ou accompagné les soubressauts idéologiques et sociétaux qui auront marqué son siècle.
il n'apparait donc nulle part et n'est ni même sité comme grand témoin. L'a-t-on vu aux côtés de Bourdieu, de Sarthe, de Foucault, de Camus, d'Aron pour ne citer que les plus emblématiques (il avait à peu près le même âge qu’eux)? La réponse est évidemment que non.
Même si ses prises de positions au crépuscule de sa vie ont été muées par une véritable indignation, je m'étonne que cet ancien ambassadeur, sorti de nulle part, ait bénéficié d’une telle aura !
Ou plutôt non. Je ne m'étonne pas. La nature a peur du vide, c’est bien connu. Et Hessel a comblé ce vide lorsque la crise des subprimes, puis la crise bancaire on plongé les citoyens de ce pays dans l’angoisse, puis dans une crise morale et politique profonde et où la promesse d’un thatchérisme à la française qu’annonçait l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy ont fini d’exaspérer. Car ce peuple ne fait et ne pense décidemment jamais comme les autres.
Alain Soral est le côté obscure de la force. Stéphane Hessel en est le revers positif, la meilleure part de nous-mêmes. Il a su incarné le vide idéologique de ce siècle naissant, l’absence d’incarnation politique, comblé le manque de repère des trois générations qui lui ont succédé au moment où la crise frappait le monde ancien et laissait tant d’hommes et de femmes à terre.
Par un mélange de narcissisme, d’aisance policée, de légitimité acquis avec l’âge, il a été le héraut de la masse silencieuse, celle qui d’habitude ne se reconnait dans aucun leader d’opinion assoiffés de gratitude et bon clients des plateau-télés.
Mais il y a quand même tromperie sur le fond du personnage. Lui aussi n’aura pas échappé à la règle. N’ayant à son actif qu’un écrit assez mince, ce sont les média qu’ils l’ont érigé en contre-pouvoir officiel, en Abbé Pierre laïque pour apporter la contradiction aux fonctionnaires de Bruxelles.
Aujourd’hui il sera de bon ton, de twitter sur son décès et de lui rendre un hommage vibrant. Une dernière récupération en quelque sorte et surtout de s'attriser ensemble, dans la même communion, comme on s’était indigné hier avec lui.
13:02 Publié dans 06 Tribunes Libres, 07 Société, 08 Débat, 18 Humanitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : stéphane hessel, indignez-vous, jean-pierre bozzonne
07/08/2012
Et dieu dans tout cela ?

L’univers ? Je ne crois pas que ce soit du pur hasard. Le pur hasard ne peut pas faire Mozart ou Beethoven. Quand je suis pris sous le charme d’une musique magnifique, il m’arrive d’être pris par une intime conviction qu’il y a quelque chose. Mais si on me demande quoi ? Je dis, je n’en sais rien.
Parler d’un principe organisateur de l’univers est une démarche déjà très conceptuelle. Je me méfie de la « trop-pensée ». Dès qu’on introduit des mots, ceux-là se réfèrent à des réalités de tous les jours qui organisent notre esprit. Pour l’ultime réalité, est-ce qu’on peut parler d’une organisation ? Je me méfie. Ma réponse reste : je ne sais pas.
Je crois que l’humanité n’est pas nécessairement la favorite de la nature. Qu’elle peut très bien disparaître et nous avec. Nous ne sommes pas une espèce sacrée. Il y a eu sur la terre, dix millions d’espèces animales jusqu’ici. Neuf millions ont été éliminées. Je ne crois pas que nous soyons l’espèce élue. La nature peut très bien se passer de nous, sans qu’elle nous élimine forcément. C’est nous qui pourrions nous éliminer. Dans ce cas, la nature ne fera aucun deuil, mais continuera à développer d’autres espèces, espérant que ces espèces soient plus en mesure de préserver et de ne pas se détruire.
Il n’y a pas la science d’un côté et la religion de l’autre ; il y a des scientifiques et des religieux, toutes « variétés » confondues. Science et religion sont deux domaines séparés. La science répondrait plutôt à la question : comment ça marche, comment ça fonctionne ? ; la religion répondant à d’autres types de questions : est-ce que c’est bon, est-ce que c’est mauvais? Est-ce que c'est bien, es-ce que c'est mal ? Ou comment vivre sa vie? comment faut-il faire ? Ce sont des objectifs séparés.
La science ne peut pas vous dire si une chose est bonne ou pas bonne, mais vous explique comment cela fonctionne et ses conséquences.
Lorsque ces deux domaines restent séparés, il n’y a jamais de problème. Les ennuis surviennent lorsqu’il y a des « intrusions territoriales ». C’est lorsque les religieux veulent expliquer au scientifiques comment le monde est fait (CF. Galilée) ou quand des scientifiques ou pseudo-scientifiques veulent expliquer comment il faut vivre (CF. l’eugénisme, Hitler, stérilisation, ..)
Aussi longtemps que chacun reste chez soi, ayant chacun ses fonctions, ses adeptes ; cela se passe très bien.
L’observation des fleurs, la présence des arbres, du vent, des oiseaux sont des présences très intenses. Malgré tout, ce sont des présences qui ne m’obligent pas à sortir de moi-même. Lorsque je rencontre quelqu’un, je me mets immédiatement dans une position de contact. Cela me sort de moi-même ; un arbre, non. Tu le regardes, tu l’observes, il est présent. Marchant dans un sous-bois, je me sens entouré de présences avec lesquelles je peux continuer mes réflexions ou me sentir bien, tout simplement, sans être dérangé.
Autant j’aime avoir des amis, rencontrer des gens et parler, autant je trouve cela en un certain sens fatiguant. Parce qu’on est obligé de se mettre en représentation, de se mettre en contact, de parler, de réfléchir. J’aime quelque fois ne pas être obligé de rentrer en ré-action, mais simplement de me trouver dans un endroit que je trouve beau ; les rayons du soleil sur les tapis de mousse, m’enchante.
Les visions du monde sont toujours personnelles. L’évolution d’un individu dans un sens religieux ou scientifique est locale, culturel, émotive et personnel. Si vous êtes né en Occident, vous serez plutôt chrétien, en Asie, plutôt Bouddhiste ou Chivaïste…il y a toutes ses connotations par ce à quoi chacun abouti. Le sens de la vie, la divinité, etc.. proviennent d’un parcours personnel où la science présente les faits et invite à ce que chacun fasse son propre jugement.
La vision religieuse est forcément une vision subjective dans laquelle se construisent une histoire religieuse et un récit d’où il naît alors une religion qui impose une vision et ses principes. Il y a des centaines d’histoires religieuses qui naissent, se développent et meurent à chaque civilisation.
Chaque civilisation a possédé son histoire sainte qui lui a permis de donner un sens à sa vie. Un être humain ne peut pas vivre s’il pense que rien n’a de sens nulle part. Les gens ont peur de mourir, les gens sont angoissés. Il s’établit à travers ce constat une relation très difficile à définir. Entre le christianisme et le Bouddhisme, il n’y a pas grand chose en commun. Le christianisme croit en un dieu personnel auquel on parle, qui prend soin de vous, qui vous punit, qui vous juge.
On voit bien en lisant la Bible, les relations très intimes et très personnelles entre la divinité qui dirige tout et l’être humain. On ne retrouve rien de cela chez les Bouddhistes où dieu est plutôt un principe, quelque chose d’ineffable, qui ne peut pas en tout cas être mis en concept.
Avant l'arrivée de la science, on est dans la collection "Comtes et Légendes" . Il y a des mythologies, des religions, des philosophies, des littératures : toutes partagent la même spécificité, elles sont locales.
Et puis la révolution scientifique aparaît au 18ème siècle en Europe. Elle deviendra la révolution des lumières. Débutera avec elle, la lutte de la raison scientifique moderne contre l'obscurantisme du Moyen-âge, contre l'animisme, contre l'alchimie et la superstition, ce que Max Weber appelera le "désenchantement du monde". Cette raison scientifique se traduira en France par la volonté encyclopédique, pour rendre les connaissances accessibles à tous.
Contrairement à la religion, la science est démocratique et révolutionnaire par essence.
La première révolution scientifique met en place la première mondialisation, c'est à dire La première prise de conscience de l'universalité.
Le principe d'inertie, ou le principe gravitationnel de Newton sont pour la première fois, dans l'histoire de l'humanité, des discours véritablement universels.
La science traverse les classes sociales et les frontières. Le principe de la gravitation de Newton, vaut pour les riches comme pour les pauvres, elle vaut pour les puissants comme pour les faibles, pour les aristocrates comm pour les roturiers. La science vaut la même chose pour les chinois, les français, les indiens, les anglais ou les allemands.
Les discours religieux prétendaient faussement à l'universalité qu'ils s'appellent le judadisme, le Christianisme, l'islam ou la philosophie grec. Mais ces mythologies n'y arrivaient pas. Car au fin fond de la Chine ou de l'Inde, personne ne sait exactement qui était Jésus Christ ou Zeus.
Au contraire, via les écoles, l'enseigement, la science modernes, les techniques modernes, deviennent par essence, universelles et mondiales.
Aucune religion n’a le monopole de la vérité et chacune a sa façon de voir le monde (Islam, christianisme, etc..) Chacune atteint une sorte de facette différente de quelque chose qui la dépasse et qui la dépassera toujours.
Quand cette révolution scientifique se met en marche, elle n'est pas uniquement porteuse d'un projet de connaissance de la nature, de mettre au jour les mystères du monde :Il s'agit ni plus ni moins, de quelque chose de beaucoup plus profond. La science porte un projet civilisationnel. Grâce au progrès de la raison scientifique l'humanité devra être plus libre. Comment ? En l'affranchissant des chaînes de la superstition; en la libérant de l'intérieur, par la liberté de l'esprit et du corps. La révolution scientifique doit aussi rendre l'humanité plus libre par rapport à la tyrannie de la nature.
Est-ce que dieu existe dans tout cela ? Y-a-t-il quelque chose après la mort ?
La réponse à ces questions ne peut être qu’une réponse personnelle que chacun se fabrique selon sa culture et sa latitude. La science ne peut pas quant à elle répondre à ces questions.
La science peut vous dire comment faire des manipulations génétiques mais ne peut pas vous dire si c’est une bonne idée d’en faire ou non. La morale et la religion veulent imposer des valeurs (ce qui est bon ou mauvais, etc..) ; la science explique comment y parvenir, par quelle méthode, c’est tout.
Le soleil comme l’univers nait, vit et meurt. L’image paternelle du soleil par exemple est pensée comme éternelle. Lorsque la science découvre que toutes les étoiles ont un cycle de vie, comme l’univers lui-même, l’idée devient traumatisante. Tout est en évolution, tout est en changement, rien n’est éternel.
Ne serait-ce qu’essayer de « penser » un être cher décédé est compliqué surtout si la personne a vécu longtemps. Penser Victor Hugo ? Oui, mais à quel âge, quel Victor Hugo ? L’impermanence des choses et des êtres, leur constante évolution empêche une vision aboutie.
Ma mort est toujours présence. Un jour de brume, je voyais un arbre perdre ses feuilles. Je me disais qu’il fallait arriver à avoir une perception de la mort comme quelque chose comme cela. La feuille a terminé son cycle sans histoire. Elle se dépose à terre, se décompose et disparaît. La vie continue.
A la différence de la feuille, nous sommes pris dans une histoire qui est la nôtre dans laquelle on sait, dramatiquement qu’elle va se terminer. Il faudrait arriver à voir sa fin d’une façon aussi naturelle que l’extinction de cette feuille. C’est mon ambition, mais j’en suis encore très éloigné.
Est-ce que la vie à un sens ? Je ne pense pas que le sens de la vie soit écrit quelque part sur des tables de pierre. Je pense que c’est à nous de trouver un sens à notre vie, à l’intérieur du mouvement et de notre histoire. Puisqu’il n’y a de temps que s’il y a mouvement et que nous sommes jetés dans l’impermanence des choses. Donc quel sens voulons nous donner à notre vie, serait la véritable question à se poser.
Sur le plan humain, nous sommes plongés dans une réalité de souffrances. Il y a sur terre, du malheur causé par les hommes et il y a du malheur causé par la nature elle-même. Puis il y a une troisième forme de malheur qui est l’interaction entre les hommes dans ce qu’on a communément l’habitude d’appeler l’Histoire.
Dès lors, il me semble que la qualité à développer pendant notre courte existence est la compassion et l’aide apportée à l’autre, autant qu’on le peut ; c'est-à-dire aider les autres hommes à mieux vivre, dans la mesure de notre sphère. Il ne faut pas augmenter le malheur qui existe dans le monde. Pendant notre existence, il faut, au contraire créer de la vie : des rencontres, des richesses, des interactions.
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07/05/2012
Le Jour d'après
En bon Centriste, je me suis rendu hier à la Bastille et ensuite, à la Mutualité.
La Bastille montrait le visage bigarré d'une jeunesse française en grande partie issue de l'immigration; La France du XXIème siècle, celle du 93. Il y avait de la revanche pour certains, de la joie pour les autres.
L’utopie exprimée dans cette liesse populaire, montre que celle-ci est toujours aussi vivace.
Quelques vieux nostalgiques d’il y a trente ans s’étaient mêlés à cette foule qui manifestait son euphorie et libérait ses frustrations. Ils ont beaucoup été pris a parti dans cette campagne et stigmatisé.
Je suis parti à 20H38 pour rejoindre le 5ème arrondissement.
Ambiance différente à la Mutualité. D’autres jeunes à l’aspect « plus convenable », plus branché, plus français de souche (une France tradi en quelque sorte), s’étaient donnés rendez-vous près de l’église Saint-Nicolas Du Chardonnet et voulaient y croire ... jusqu’à 20h moins une minute...où la réalité a brisé tout espoir.
Et puis la déception, les hurlements d’effroi et de vraies larmes qui coulent.
« On est dans la merde » fut la réaction la plus spontanée, suivie d’une grande tristesse non feinte. Beaucoup de ces jeunes avaient un petit drapeau à la main qu’ils ont réenroulé ensuite.
Paradoxalement, les mots étaient moins violents contre l’adversaire que ceux prononcé à la Bastille. On parlait beaucoup fric.
Il y avait ma rencontre avec de vieux militants UMP, la deuxième caricature de ma soirée après la France mélanchiste que j’avais croisée à la Bastille, Kéfié d’Arafat pour les plus jeunes, barbe grisonnante, cheveux long soutenue par une queue de cheval en queue de rat pour les plus anciens. A la Mutualité, c’était plutôt escarpin, tailleur et perle en sautoir.
C’est toujours étonnant pour moi d'observer que le premier argument qui vient à l’esprit de beaucoup de gens de droite touche en premier lieu la santé de leur portefeuille et ceci, bien avant la liberté.
Ensuite, les poncifs habituels. En 1981, Michel Poniatowki, ministre de l'Intérieur, promettait les "chars russes" sur les Champs-Elysées si Mitterrand était élu. Cette fois-ci, la droite a aussi utilisé l’argument "Sarkozy ou le chaos" en assurant qu'avec François Hollande, la France connaîtrait le destin de la Grèce. Un argument résumé par Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy, dans une interview au Monde: "Voulez-vous, interrogeait-elle, avec François Hollande, la régularisation massive des sans-papiers, le droit de vote des immigrés, des impôts pour tout le monde, subir le sort de la Grèce et de L'Espagne, avec 25 % de chômage, des retraites qui baissent, les salaires des fonctionnaires amputés?".
Comme je m’y attendais, je me suis retrouvé ni dans l’un, ni dans l’autre groupe. Des années de militantisme acharné ont lavé leur cerveau, les tenants éloignés du réel, maintenus dans un parti pris qui me les rend si bizarre.
Je repensais à l’appel de François Bayrou, d’une France réconciliée avec elle-même ; assez mûre pour créer un sursaut national dans lequel toutes ses composantes s’assiéraient autour de la même table de négociation, faisant le choix d’un projet qui sorte notre pays de la récession qui la guette.
Franchement, après cette soirée, je n’y crois plus trop.
Je me suis assis à une terrasse de café de la rue Monge. J’ai commandé un verre champagne. J’avais envie de fêter ce moment pour moi seul. J’ai remonté la rue des écoles et le boulevard Saint-Michel. Au collège de France, j’ai songé à Raymond Aron et à Pierre Bourdieu ; les deux faces d’une même pièce.
Ce matin, le jour d’après, je me suis levé avec l’intention de reprendre ma carte au MODEM avant qu’on me force d’être la variable d’ajustement d’une formation xénophobe et nationaliste. Je veux conserver mon libre arbitre dans un mouvement qui prône l’humanisme plutôt que le repli identitaire. Je n’ai plus confiance en ces Centristes qui n’ont centriste que de non.
Cette soirée du 6 mai ne m’a enveloppé d’aucune joie particulière.
J’ai mené une campagne active de premier tour et cru dans la parole d'un homme qui, bien que populaire, est loin de faire l’adhésion générale autour de lui.
Ensuite j’ai observé les uns et les autres avec distance, en ethnologue de la politique.
13:39 Publié dans 005 Elections Présidentielles 2012, 05 Les Centres, 07 Société, 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04/05/2012
Mon choix pour le second tour de la présidentielle
Nous somme
s vendredi. J'avais dit que j'attendrai vendredi 04 mai pour dire quel serait mon choix de second tour.
J'ai beaucoup réfléchit.
Je n'ai jamais voté "Blanc" à une élection présidentielle lorsqu'il m'est arrivé de le faire pour des élections moins importantes.
L'élection présidentielle est la rencontre d'un homme et d'un peuple.
Le choix que nous ferons n'est pas anecdotique en Europe. A voir comme nous sommes observés, la France pèse de tout son poids dans le continent européen.
Hors qu'observons-nous ?
Un président candidat qui concourt actuellement avec âpreté pour retrouver sa place de président pour 5 ans supplémentaire.
Pour cela, il est prêt à tout. Notamment à se faire l'écho des préoccupations des 18% de français qui ont voté Marine Le Pen.
La pêche aux voix frontistes, si elle est naturelle de la part du candidat UMP, ne doit pas pour autant laisser penser que la fin justifie les moyens.
Comment peut-on même sous une forme sibylline, piétiner l'adage triptyque républicain pour le substituer à un Travail-Famille-Patrie qui résonne de si triste mémoire ?
La France ne se préside pas comme le serait une ville riche des Hauts-de-Seine. Et ce que peut se permettre une majorité municipale par la voix de son représentant, lorsqu'il méprise les membres de l'opposition, n'est pas soluble au niveau national.
Un chef de l'état est celui qui doit rechercher en permanence l'apaisement d'un pays et protéger les plus faibles. Il ne doit pas être celui qui divise en permanence.
Je sais que cela peut paraitre un truisme pour certains, mais il est tout de même bon de le rappeler ici.
Si on est en droit se se demander si François Hollande a les capacités personnelles pour mener le pays dans la bonne direction, critiquer les aspects dispendieux et démagogique de son programme, l'expérience nous a aussi montré qu'un socialiste aux affaires n'est pas forcément un socialiste en campagne. Un socialiste à la tête de la république peut prendre quelques risques.
«La ligne qu’a choisie Nicolas Sarkozy entre les deux tours est violente, elle entre en contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres, pas seulement les miennes, pas seulement celles du courant politique que je représente, mais aussi les valeurs du gaullisme, autant que celles de la droite républicaine et sociale.»
Ces mots sont ceux de François Bayrou, l’un des hommes politiques les plus populaires de France, ayant jadis gouverné à droite. Ils resteront comme ceux d’un homme d’honneur, d'un homme libre. Et d’un homme d’Etat. Combien de nos amis, qui pensent exactement la même chose, auraient dû les prononcer mais se taisent, alors qu’ils assistent depuis le premier tour à la radicalisation extrême de la droite de gouvernement ?
Dimanche prochain je voterai François Hollande, sans état d'âme.
03/05/2012
La dictature de la pensée correcte
Cette campagne a été très éprouvante pour les nerfs, il est temps qu'elle se termine.
Elle a fait apparaitre ce que j’appellerais "la dictature de la pensée correcte" ou le mauvais goût consommé de tout ceux qui refuseraient d'être apparentés aux idées de Gauche.
Pourtant, notre triptyque républicain nous rappelle que dans notre démocratie, chacune des sensibilités politiques à sa place.
A droite, c'est la notion de liberté qui prédomine et la notion d'égalité qui est combattue. Lorsqu'on observe la nature, on s'aperçoit que l'égalité n'existe pas, qu'elle est même contraire à l'évolution des espèces. C'est la loi du plus fort qui s'impose. Fort de cette constatation, le libre arbitre, l'individualisme et l'esprit d'entreprendre sont prégnants à l'esprit de tous mes amis qui votent à droite.
Heureusement les Grecs ont inventé la politique pour mettre au coeur de la Citée l'esprit des Lois et repousser celle du Talion.
Chez les gens de gauche, au contraire, il semblerait qu'on fasse grand cas de l'égalité pour tous ; allant jusqu’à bannir toute forme d'enrichissement personnelle.
En bon centriste, je dirais que ce qui me gêne n'est pas tant qu'il y ait plus riches que moi, mais bien des plus pauvres. Voici donc jeter les bases d'un humanisme (et son besoin de fraternité absolu) qui confisquerait pour son profit, la troisième devise républicaine.
Ne pas être de gauche, c’est pareil que ne pas aimer le foot ou le café ; ou refuser de boire de l’alcool avec un cousin de province ... C'est mal vue.
Lorsque vous êtes ainsi constitué, vous ressentez très vite une pression sociale extraordinaire s’abattre sur vous, Vos amis ou vos proches vous regardent étrangement et ne s’expliquent absolument pas votre « bizarrerie ».
J’ai des amis politiques à droite et à gauche.
Mais les plus fermés à l’idée d’admettre une différence d’analyse à la leur, restent incontestablement ceux qui se trouvent sur ma gauche. Au mieux, je serai moqué (il est gentil..., il fait parti d’une droite éclairée…, ..) au pire conspué ou traité de fasciste (même un pauvre centriste comme moi).
Seule la pensée de gauche a le droit au chapitre.
Dans la presse par exemple, c’est la gauche qui donne le La et tout le monde est prié de se mettre en file indienne et de rentrer dans le rang.
Il y a dans l'espace médiatique quelqu'irréductibles gaulois. Les empêcheurs de penser en rond.
La presse (de gauche) sans est émue. Elle a fini par leur a trouvé un sobriquet. Elle les a désigné comme "les nouveaux réacs" : ils sont très différents les uns des autres, ne se fréquentent pas en dehors des plateaux, n'appartiennent ou ne forment aucune école de pensée commune : ils s'appellent, Eric Zemour, Elizabeth Levy, Ivan Rioufol ou Robert Ménard.
Ils ont un point commun : ils ne pensent pas comme "il le faudrait" et pratiquent en tout point de leur raisonnement, le politiquement incorrecte. Enfin, il détestent la pensée unique, la pensée conformiste et ont le mauvais goût de critiquer ... la Gauche.
Car avec la Gauche, nous devons parler de progressisme. Le changement c’est maintenant : un changement comme totem indépassable, qui lui tient lieu de pensée et de programme.
La gauche étant l’idéologie du progrès, celle-ci nous a amené à croire que l’avenir était inévitablement radieux. Or, ces trente dernières années ont été caractérisé par l’impuissance politique.
Dès lors, ces gens qui adorent le changement sont incapables dans le réel, de le maîtriser, ni de le faire advenir.
Ainsi, il y a quelques années, la Gauche réprouvait et critiquait tout ce qui allait dans le sens du dénoncement de l’Europe tel qu’elle se pratiquait; avec son libre-échange incarné par Maastricht. Aujourd’hui cette omerta est tombée. Elle s’est déplacée sur des questions migratoires et identitaires.
Inversement, lorsqu'on considère "le sociétal" (La Gauche n’étant plus capable d’offrir des changements ou des améliorations sociales lorsqu'elle est au pouvoir) ; le mariage homosexuel est le nouveau parangon et la petite bataille à livrer ... du moment.
Sans que cela soit véritablement débattu ou contesté, la question de la vie privée de chacun, devient alors une question ouverte, qu’on tire vers la sphère publique. Parce que la Gauche doit toujours se nourrir de luttes ; fussent-elles marginales.
Ainsi personne aujourd'hui se risquerait à contester le mensonge anthropologique qui consiste à expliquer à un enfant qu’il aurait deux pères ou deux mères. Même si ce mensonge est insupportable, même s'il casse l’ordre symbolique et familiale construit depuis trois siècles.
La Gauche interdit ce genre de débat ; jusqu’à en repousser les frontières et se trouver dans le déni de la différence entre l’homme et la femme.
Chacun pensera ce qu'il en veut, mais j'affirme avec vigueur qu'il n’est pas sérieux de refuser une parole différente à la sienne et de ne pas la respecter.
Si je revendiquais des valeurs familiales, ce serait interpréter, par les tenants de la pensée Bobo et d’une certaine bien-pensance journalistique (Libération - Les Inrockuptibles, Télérama, le Nouvel Obs) comme le franchissement de la ligne rouge.
Pour les gens de gauche, vous n’avez pas le droit de penser différemment. Il existe une Gauche religieuse dans son comportement, soutenue par une croyance laïque, assez petite-bourgeoise dans son comportement, très active et très militante lorsqu'il s'agit d'alimenter cette pensée unique.
Pendant cette campagne, L’anti-sarkozysme a placé au second plan le bilan du candidat-président, pour n’en faire surgir que la forme. On a le droit de penser ce qu’on veut du candidat sortant, mais une hystérisation des deux camps a empêché de prendre position sereinement sur de nombreux sujets qui ont été tronqués ou oubliés des débats qui devaient animer cette présidentielle ..
De la même façon que les médias nous ont imposé, des le premier tour, les deux candidats restants, il leur a semblé inenvisageable d'écouter la parole différente de l’autre sans verser dans une dictature de la pensée unique qui ramenait à chaque fois vers celle du candidat "progressiste".
Pour les tenants de la Gauche, la France devient plus fascisante, chaque jour davantage et couve une dictature planquée sous le tapis, prête à bondir et se jeter sur vous.
Pourtant, Nicolas Sarkozy aura, sous son quinquennat, essuyé les plâtres de la formidable machine à débattre qu’incarne INTERNET. Jamais les individus n'auront été plus entendu, plus présent dans les débats de cette présidentielle.
Et malgré tout ; malgré qu'il aura été la cible quotidienne d'attaques inédites, en dépit de toutes les violences vebales nourries à son encontre, malgré toutes les caricatures touchant sa femme et ses proches ; cette nouvelle forme de violence médiatique - qu'aucun président n'avait essuyé avant lui - n'aura pas réussi à faire taire le sentiment délirant, de la majorité bien-pensante, que la liberté d'expression en France serait menacée.
Beaucoup de mes amis de gauche se sont persuadés, tout au long de cette campagne, qu'ils pouvaient être virés de leur lit, à cinq heures du matin par des flics, puis conduits et tabassés au fond d’un commissariat. Les fantasmes ont la vie dure.
De la même façon, pour un militant de gauche, il est de bon ton de se boucher le nez pour parler des électeurs du FN. les électeurs du FN sont à ranger au rayon des malades, des pauvres, ou des malheureux.
Faut-il leur parler ou ne pas leur parler ??? Lorsque 18% de la population se porte sur ce choix politique, pouvons nous encore nous payer le luxe d'éluder la question ; pire, de faire l'économie d'un débat national ?
Il y en a sérieusement à gauche qui se posent encore la question. Sur ces problématiques, la Gauche vit dans une idéologie évangélique qui est assez proche de l'univers de l'ami Ricoré.
Même s'il faut rester très ferme sur les questions que soulèvent la critique des phénomènes migratoires, j'estime pour ma part, qu'on a le devoir de mettre ces questions sur la place publique, sans tomber dans le versant démagogique de la détestation de l'autre.
Mais la Gauche refuse de voir, d'etendre et d'en parler.
La Gauche a trouvé une explication concernant le vote sur Marine le Pen. C'est la faute à la crise économique et sociale.
Mais le vote du FN se résume-t-il vraiment à la seule crise sociale ?
Si cela était le cas, Jean-Luc Mélenchon aurait réussi à rassembler autour de lui le vote protestataire dans sa quasi-globalité et réalisé un score bien plus important à l'issue de ce premier tour.
Hors Jean-Luc Mélenchon a fait une performance en demi-teinte et est arrivé très loin du score réalisé par Marine Le Pen.
Je maintiens qu'il a perdu parce qu'il n'a voulu débattre que de la crise sociale qui secoue le pays; là où une seconde crise; identitaire; est portée d'une manière beaucoup plus sourde par une frange de la population de plus en plus nombreuse, qui se fait silencieuse entre deux élections.
Cette crise identitaire est un tabou sociétal et n'est jamais évoqué ni par les sondeurs, ni par les médias, ni par la gauche. On laisse au seul soin du Front National d'en soulever la problématique alors que les partis républicains auraient du s'emparer du débat depuis plus vingt ans.
Cette crise est observable dans l’ensemble des démocraties européennes quelles soient touchées par la crise économique ou non: l'Autriche a un taux particulièrement bas de chômage (4%) ce qui ne l'empêche pas de n'avoir pas su endiguer un parti nationaliste qui arbitre dorénavant tous les débats parlementaires.
Cette crise met en cause l'immigration de peuplement, le communautarisme et le rejet de l'Europe.
Si on veut bien comprendre le bouleversement politique aujourd'hui, on ne peut plus s'accommoder davantage d'affirmer que si le chômage baisse, le Front National baissera.
Le Front National se maintiendra et continuera même à progresser si rien n'est fait pour essayer de résoudre cette crise identitaire et de cohésion nationale.
22:14 Publié dans 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28/04/2012
La crise identitaire
Le vote du FN se résume-t-il a une crise sociale ?Si cela était le cas, Jean-Luc Mélenchon aurait réussi à rassembler autour de lui le vote protestataire dans sa quasi-globalité et réalisé un score bien plus important à l'issue de ce premier tour.
Hors Jean-Luc Mélenchon a fait une performance en demi-teinte et est arrivé très loin du score réalisé par Marine Le Pen.
Il a perdu parce qu'il n'a débattu que de la crise sociale qui secoue le pays là où une seconde crise, qu'on pourrait qualifier d'identitaire,est portée d'une manière beaucoup plus sourde par une frange de la population qui se fait silencieuse entre deux élections.
Pourtant le problème réapparaît à chaque élection et amplifie le score et le poids politique du FN.
Cette crise identitaire est un tabou sociétal et n'est jamais évoqué ni par les sondeurs, ni par les médias. On laisse au seul soin du Front National d'en soulever la problématique alors que les partis républicains sont coupables de ne pas s'être emparé du débat depuis vingt ans de façon beaucoup plus saine en y apportant des solutions modérées tout en y appliquant la pédagogie nécessaire.
C'est une crise que traverse l'ensemble des démocraties européennes quelles soient touchées ou pas par la crise : l'Autriche a un taux particulièrement bas de chômage ce qui ne l'empêche pas de n'avoir pas su endiguer un parti nationaliste qui arbitre dorénavant tous les débats parlementaires.
Cette crise met en cause l'immigration de peuplement et le communautarisme.
Ce sont ces deux thèmes-ci qui rendent populaire le Front National bien plus loin que le chômage dans les ordres de priorité d'une frange majoritaire des voix qui se reportent sur Marine Le Pen.
Si on veut bien comprendre le bouleversement politique aujourd'hui, on ne peut plus s'accommoder davantage d'affirmer que si le chômage baisse, le Front National baissera.
Le Front National se maintiendra et continuera même à progresser si rien n'est fait pour essayer de résoudre cette crise identitaire et de cohésion nationale.
C'est l'un des problèmes politique majeur auquel sera confrontée la Gauche lorsqu'elle sera, demain au pouvoir.
10:46 Publié dans 005 Elections Présidentielles 2012, 03 Politique en France, 07 Société, 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
27/04/2012
La peste ou le choléra
Le Parti « Frontiste » n’existe pas, … ou tout du moins pas encore. C’est encore, à l'heure où j'écris ces lignes, l’histoire d’une famille, d'un clan qui s’est placé dans l’orbite médiatique à la faveur de François Mitterrand, qui, dans un premier temps, par une dose de proportionnelle malencontreuse et à la faveur de la première vague de "pauvres" issu de la classe moyenne, s’est installée dans le paysage politique français. François Mitterrand souhaitait la montée de cette mayonnaise pour faire barrage à la droite républicaine classique.
Le truc fonctionne encore aujourd’hui. Si Hollande accède au pouvoir exécutif, il le devra en partie, grâce au score du FN réalisé au premier tour de cette présidentielle. D’une manière tout aussi efficace, l’école (de pensée) Buissonnière (Patrick buisson) qui inspire et agite Nicolas Sarkozy, risque d’être fatale à la carrière du candidat-challenger dont le boomerang idéologique a toutes les chances de se retourner contre lui.
Pourtant, la perte d’identité nationale, la lepénisation des esprits, sont des concepts qui ne datent pas d’hier. On les retrouve dans les débats politiques français dès ….1988 ! Rien de nouveau à l’Ouest. Les débats qui font rage aujourd’hui sont les mêmes que ceux qui secouaient la société française il y a 25 ans.
Sauf que l’échec de Nicolas Sarkozy à acquérir un nouveau mandat va modifier la donne.
Je disais que le parti Frontiste n’existe pas encore (et ceux qui font de la politique ne seront pas difficile à convaincre) car il n’existe actuellement aucun cadre régional, départemental, ni sénateur, ni député pour l’incarner. A peine quelques maires ici et là. Le problème du Front National et qu’il n’a aucune matière grise et que s’il veut devenir une force incontournable de la politique française, il lui faudra faire vite pour présenter des listes aux législatives.
Alors si le Front National ne pèse rien, sinon à cristaliser le vote contestataire, pourquoi ses idées ont-ils un retentissement si important ?
Nous sommes aujourd’hui dans une époque qui donne beaucoup trop d’importance aux sondages de toutes sortes qui « bonapartisent » d’une certaine manière la vie politique française. Nous vivons dans l’ère de la dictature d’opinion. Nicolas Sarkozy veut même en faire une arme politique puisqu’il est prêt à sacrifier le dialogue avec « les corps intermédiaires » au bénéfice de quelques référendums improbables.
La politique s’est détournée de l’intérêt général pour le pouvoir du « pouvoir-pouvoir », de la domination absolue. Les libertés régressent de plus en plus au profit d’un tissu de contraintes administratives de toutes sortes. Le flicage de nos données personnelles par l’ère d’Internet et des réseaux sociaux font le reste.
Le pouvoir médiatique est fascisant. Canal Plus est l’incarnation de ce barnum absolu où le média se trouve pris au piège, dans l’éblouissement qu’il a de lui-même (Le Petit Journal, Yann Barthès, les marionnettes..) au profit de l’analyse, de la prise de distance avec l’évènement. Avec son micro et sa caméra, Il s’immisce partout, pratique la dénonciation tout azimut, l’intrusion absolue, gère le couple et la société, tronque l’analyse, faisant confondre aux moins instruits les personnages politiques et leurs marionnettes. Avec lui, tout devient spectacle. Il invente la politique-réalité-spectacle. Il entraine dans son mouvement toute la presse écrite et radiophonique qui du coup, fonctionnent dans l’instant immédiat. Oui, les médias ont une part importante dans la montée du FN et de ses thèses.
Mais la raison la plus évidente, me parait être l’attitude de la Gauche qui, accédant au pouvoir ans les années 80, n’a pas voulu ou su repasser le flambeau à la génération suivante.
D’abord parce que la gauche a perdu de vue la classe populaire depuis longtemps en l’abandonnant à elle-même. Ensuite, parce qu’après la chute du mur de Berlin et la disparition de l’idéologie communiste s’est brisé le rêve du Grand Soir. Le Parti Communiste a disparu de la scène politique européenne, au fur et à mesure que ses vieux militants disparaissaient les uns après les autres.
Entre temps, la notion de « peuple » est devenue nauséabonde dans la bouche d’une gauche énarque et bourgeoise, installée au pouvoir depuis trente ans : les 35 heures, les années « Tapie », les années frics, l’invention des 3 SMICS et autres emplois précaires (TUC) ont fait le reste (c’est la Gauche qui a privatisé l’ensemble du tissu industriel français, pendant sa gouvernance). La notion de Peuple fut à chaque fois rappelée en période électorale et à chaque fois trahi dans l’exercice du pouvoir. La vision que conservent trois générations de militants est donc fausse.
Mais le PS est solide, le PS est omniprésent dans la vie politique française, le PS est incontournable : dans nos villes, nos intercommunalités, nos cantons, nos départements, nos régions et au Sénat. Il a donc bien sa part de responsabilités dans la situation politique et économique du pays malgré ce qu’il laisse croire. Le PS ne lâche rien et remporte les élections successives grâce à des jeux d’alliances qui ont très peu à voir avec l’éthique et le combat d’idées. Les petits partis de gauche satellitaires qui se plient aux exigences du parti à la rose le font généralement contraints et forcés. Mais cela ne l’empêche pas de dénoncer « les manœuvres » d’une droite qui serait tentée d’en faire autant avec le FN. C’est ainsi que ce parti, petit à petit, a étouffé tout les débats, toute les velléités de véritable changement et autre offre politique nouvelle.
De plus, le PS a toujours maîtrisé l'art de la feinte en donnant in extremis l'image d'un parti uni.
En période d'opposition ou de bagarre électorale, le PS en appelle à Jaurès, aux valeurs de la gauche, à la gauche historique (pas celle de 1971), dénonce les puissances de l'argent et fait son miel du capitalisme de marché. Lorsqu'il est en campagne, les querelles disparaissent comme par magie et il se dessine clairement la répartition des rôles : il y a ceux qui auront pour tâche de rallier les plus à gauche, pendant que d'autres rassureront la classe moyenne sur la maîtrise de l'augmentation des taxes, tandis que d'autres enfin, sauront dépêcher les patrons les plus progressistes pour rassurer le MEDEF. Car le PS ratisse large. Dans la pratique de cette gouvernance protéiforme, il en résulte certains couacs inévitables, des valses d'hésitations, les plantages habituels et des retournements d'intérêts.
On peut dire que les problèmes sociétaux et la culture ne s'en sortent pas trop mal (le PS privilégiant le sociétal au dépend du social) … C'est déjà ça. Le reste est contrecarré par les organes décisionnels Bruxellois qui ont depuis longtemps le dernier mot et qui facilitent la communication politique des dirigeants qui se dédouanent ainsi de leurs actions les moins populaires (c’est la faute à l’Europe).
Outre la paupérisation de la classe moyenne française et l’inefficacité à résorber le chômage à une époque où la situation économique était moins tendue que celle que nous traversons aujourd’hui, rappelons également aux plus jeunes les mensonges d’Etat qui ont émaillé la mitterandie pendant ses 14 années de pouvoir : ses mercenaires payés à la solde de l’Etat français pour maintenir la Francafrique, ses cadavres dans les placards entre faux et vrais suicide, son bateau écologique coulé par l’armée française, ses pressions faites aux médias et ses écoutes téléphoniques pour n’évoquer que les plus grossiers..
Aujourd’hui, François Hollande affirme qu’il sera l’architecte d’un Etat impartial (cela me rappelle une autre musique). Pourtant sur les plateaux télés et dans ses tribunes, l’homme parait déjà artificiel et faux, jouant la comédie à l’excès. Surtout lorsqu’il revêt (jusqu’à la caricature) le costume mitterrandien … et qu’il ressemble à lui tout seul, à une équipe de foot qui mènerait un à zéro, à dix minutes du coup de sifflet de l’arbitre. Il prend mille précautions pour jouer la montre et éviter à tout pris, un retournement de situation qui lui ferait perdre l’avantage. Il incarne alors (et déjà), l’art de l’esquive absolue.
De Marine Le Pen à l’ancien apparatchik socialiste, Jean-Luc Mélenchon, la France de 2012 est celle du triomphe du populisme de tout poil, dès lors qu’on appelle à boycotter l’euro et à revenir à une monnaie nationale ou bien à dénoncer l’économie de marché en confondant tout et n’importe quoi.
A ce petit jeu, c'est Marine Le Pen qui tire son épingle du jeu. La diaboliser, c est lui rendre service ; lui interdire la parole … aussi. C’est comme cela que son père s’est tapé des cartons aux élections successives où il s’est présenté.
Car que cela plaise ou non, le clan « Le Pen » a considérablement marquée la France par son l’empreinte de ces trente dernières années. Ses idées n’ont jamais cessé de gagner du terrain dans la sphère sociale, culturelle et politique de notre pays.
Il suffit d’observer les « sorties » de nos hommes politiques qui de Sarkozy à Hortefeux et de Guéant sont nés à la politique en observant Jean-Marie Le Pen qui les aura probablement fasciné (et façonné) par sa vision politique, par l’empreinte qui aura laissé dans ses discours restés célèbres.
Mais ce qui est vrai à droite, l’est autant à gauche … de Michel Rocard à Georges Freche. En dépit du sursaut républicain de 2002, (qui fut très exagéré avec le recul que nous en avons puisqu’il est presque certain que Jean Marie Le Pen ne serait pas passé au second tour contre Jacques Chirac), la victoire du clan Le Pen a quand même eu lieu et s’est faite dans les esprits : ce que certains ont appelé la lepénisation des esprits.
De l’autre côté de l’échiquier politique, force est de constater que le discours frontiste de Nicolas Sarkozy n’aura servi à rien, sinon à le disqualifier auprès d'une partie importante de l'opinion française qui s’apprête à voter contre lui le 6 mai prochain. Sa dernière sortie sur la fête du travail montre qu’il continue à vouloir diviser politiquement et jouer en territoire lepeniste sans succès. A ce jeu, Nicolas Sarkozy a même franchit la ligne rouge, se disqualifiant sciemment auprès de nombreuses institutions et syndicats.
Quel argument reste-t-il à celui qui conserve un peu de clairvoyance pour emettre un vote utile ? On peut arguer qu’économiquement le changement de pouvoir est toujours hasardeux dans le climat européen actuel et de vouloir changer de capitaine pendant la tourmente, lâchant la proie pour l’ombre, se révèle très risqué : réponse dans quelques jours...
ce qui est certain, est que la défaite annoncée de Nicolas Sarkozy bouleversera le paysage politique français. Si Nicolas Sarkozy perd, il ne reste plus à Marine Le Pen qu'a patienter un peu pour bâtir un nouveau parti qu’elle construira autour d’elle, avec l’aide des éléments les plus à droite de l’UMP qui quitteront le navire et viendront apporter leurs soutiens et les implantations géographiques qui manquent à la leader frontiste.
La droite française se recomposera autour d’une droite républicaine, d’une droite populaire et d’un parti social-démocrate jouant les arbitres, mais qui restera à inventer.
C’est à ce moment précis qu’existera réellement dans le paysage politique français une droite nationaliste qui écrira un nouveau chapitre de notre histoire de France.
14:30 Publié dans 003 Elections Présidentielles 2007, 03 Politique en France, 05 Les Centres, 07 Société, 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24/04/2012
Entre les tours.
La droite républicaine a bien du mal à se faire entendre. Nicolas Sarkozy hystérise la campagne. Le FN est à 19% et les propos du Chef de l'Etat semble en vouloir doubler l'écho .
Jamais depuis 1981, le pays n'avait connu climat si délétère.
L'alternance devrait être une situation beaucoup plus banale et ne devrait pas engendrer cet état doloriste confinant à la guerre civile.
Je reconnais jusqu'ici à François Hollande pas mal de sang froid ; pour avoir notamment choisi la modération et ne pas vouloir répondu à la surenchère, lorsque les trois hystériques de la campagne (Marine Le Pen, Jean-Luc Melenchon et Nicolas Sarkozy) le prenaient à parti.
Du sang-froid, il lui en faudra certainement par la suite, s'il devient ( en toute vraisemblance) le prochain président de la république.
La pêche aux voix frontistes, si elle est naturelle de la part du candidat UMP, ne doit pas pour autant laisser penser que la fin justifie les moyens.
Nicolas Sarkozy ne semble rien avoir compris dans la démarche de celles et ceux qui votent Front National et il est amusant d'observer que le choix de radicaliser son discours l'a complètement disqualifié auprès d'une partie importante de l'opinion française relayée par une partie non moins importante d'observateurs étrangers sans pour autant récupérer quoi que soit de l'électorat Frontiste : cela semble sonner comme la fin de récréation.
À telle point qu'on se demande si la nervosité des marchés boursiers français ne doit pas être mis au compte d'une extrémisation du discours politique intérieur plutôt qu'a l'arrivée d'un socialiste à l'Elysée.
Comment peut-on même sous une forme sibylline, piétiner l'adage triptyque républicain pour le substituer à un Travail-Famille-Patrie qui résonne de si triste mémoire ?
La France ne se préside pas comme le serait une ville riche des Hauts-de-Seine. Et ce que peut se permettre une majorité municipale par la voix de son représentant, lorsqu'il méprise les membres de l'opposition, n'est pas soluble au niveau national.
Un chef de l'état est celui qui doit rechercher en permanence l'apaisement d'un pays et protéger les plus faibles. Il ne doit pas être celui qui divise en permanence.
Je sais que cela peut paraitre un truisme pour certains, mais il est tout de même bon de le rappeler ici.
La fête du travail ne doit pas être récupérée pour diviser politiquement. Imaginons un instant que des éléments des trois cortèges viennent à briser les lignes invisibles et tenues de la démocratie de notre pays, dont la paix civile en est le corollaire ! Imaginons que des heurts violents aient lieu entre des manifestants des trois cortèges menés par leur va-t-en-guerre respectif ! Que resterait-il de l'unité nationale ?
A crier aux loups, Nicolas Sarkozy vient de franchir la ligne rouge. Le Président-candidat se disqualifie sciemment auprès de nombreux corps intermédiaires. Demain, s'il est réélu, les syndicats ne lui feront plus confiance.
Si on est en droit se se demander si François Hollande a les capacités personnelles pour mener le pays dans la bonne direction, critiquer les aspects dispendieux et démagogique de son programme, l'expérience nous a aussi montré qu'un socialiste aux affaires n'est pas forcément un socialiste en campagne. Un socialiste à la tête de la république peut prendre quelques risques.
La prolétarisation galopante de la classe moyenne et la triste misère dans laquelle a sombré une part très importante de cette société font surgir un François Hollande clairement insipide et une Marine Le Pen symptomatique d'une crise qui n'en fini pas de ronger la société européenne.
Qui va bien comprendre tout cela ? Qui sera en capacité d’avoir une réflexion si lucide et si profonde que notre pays puisse redevenir un phare semblable à celui qui a éclairé l’Europe au XVIIIe siècle ? Qui seront les nouveaux « philosophes » ?
Qui aura le courage d’affronter ce qui semble aller terriblement de soi ?
Tous ces gens me paraissent bien banals de quelque bord qu’ils soient.
13/04/2012
L'après présidentielle

Il est devenu très mal vu de critiquer Jean-Luc Mélenchon. Ses supporters sont à l’image de leur leader : des brêles populistes pour le discours et des gens qui ne supportent pas le jeu démocratique de la contradiction pour les actes. Accessoirement, ils n'ont que mépris pour le travail des journalistes et les journalistes eux-mêmes ; ce qui prouvent leur peu de goût pour la démocratie.
Mélenchon à la grosse tête comme tous les 3eme hommes (ou 4eme ) .. On se souvient de Ségolène qui continuait de parler 2 ans après sa campagne de « ses électeurs ».
Dans la réalité, Mélenchon devra après les élections présidentielles s’assurer de deux choses
1/ D’avoir une Circonscription que lui fournira le PS (probablement en Seine et Marne). L’adage de Marine Le Pen qui le compare à "la voiture balai du PS" sera devenu une réalité. Je fais une incise pour rappeler que Le Front de Gauche, reste un électorat captif du PS, comme Hervé Morin et son Nouveau Centre l’est pour l’UMP. François Hollande aurait du, en toute logique, courtiser les Centristes (les vrais, ceux autour de F. Bayrou) plutôt que de donner des gages à la Gauche ultra populiste ou des circonscriptions à EELV qui ne fera, en toute vraissemblance qu'un score de 2% maximum..mais c'est une autre histoire.
- 2/ Ensuite, il lui faudra constituer un groupe à l’assemblée Nationale s’il veut exister dans les institutions françaises et peser dans le débat politique intérieur.
Auparavant, il lui faudra faire une OPA sur le PC, au sommet de sa hierarchie, prévalant de son bon score aux présidentielles. Il va devoir étouffer le vieux parti moribond s’il veut recomposer la gauche ultra autour de sa personne, en prenant un leadership qui ne sera pas évident mais possible.
Avant une campagne législative, la tradition veut qu’il n’y ait jamais eu d’accord électoral entre PS et le PC.
Au premier tour, chacun présente son candidat et se tire la bourre…. Au second tour, « un pacte républicain » d’entente électorale oblige le mieux placé à se désister pour l’autre. Il faudra donc que Mélenchon constitue une liste électorale rapidement.
Ainsi la France sera parvenue trente ans après, a réscussiter un Georges-Marchais-new-look et-son-Parti-Communisme en prime à 15-20% pour pas mal d'années. On a que les politiciens qu'on mérite.
Après la campagne Présidentielle et ses surenchères démagogiques, la crise rappelera au candidat élu, moins de 48 heures après sa prise de fonction, que l'économie mondiale et européenne ne comportent aucune trève, et qu’il n’aura absolument aucune marge de manœuvre financière. Le futur gouvernement français qu'il soit de droite ou de gauche, devra composer avec la crise espagnole, la crise italienne et notre dette intérieure qui s’élève à 86% de notre PIB.
Jean-Luc Mélenchon refusera, en toute logique, un poste de Ministre qu'aura beau jeu de lui proposer le nouveau Président (enfin...si c'est Hollande) ; ne voulant pas se mouiller politiquement avec un gouvernement qui sera voué à l'échec et aux déceptions de toutes sortes.
Car si c’est François Hollande qui emporte les présidentielles, commencera pour ce derneir la descente aux enfers.
Il devra faire front face à des mouvements sociaux (d'une ampleur jamais connue en France) de toutes sortes, dirigés par Mélenchon lui-même ou l’un de ses sbires.
Le pays sera clivé et le bordel assuré. La France, ingouvernable s'offrira aux marchés et sera pied et poing liés face aux spéculateurs qui n'auront qu'à se servir.
Une faiblesse historique contre un pouvoir puissant au pied d'argile.
En effet, pour la première fois dans l’histoire de la 5eme République, un parti détiendra tous les pouvoirs du pays, sans rien ne pouvoir en faire.
- Communes,
- Cantons,
- Régions,
- Départements,
- Sénat,
- Exécutif,
- Legislatif
La Le temps sera donc venu pour les droites-extrêmes de toutes sortes que viendra conforter l'explosion de l'euro.
L
12:07 Publié dans 003 Elections Présidentielles 2007, 03 Politique en France, 07 Société, 09 Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05/04/2012
Jean-Luc Mélenchon, le dangereux démago.
Jean-Luc Mélenchon a réalisé une campagne en deux temps. Il est parti très tôt à l'assaut de son électorat, déterminé à prendre le leadership de la seconde gauche.
Les premiers mois furent calamiteux, le candidat du Front de Gauche ne trouvait pas son rythme et laissait poindre une agressivité et une paranoïa aigue à l'encontre de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un journaliste.
C'est en dévoilant son programme à 100 milliards d'euros qu'il a séduit une frange plus importante de français et accru un électorat qui partage avec lui une ignorance crasse de l'économie.
De plus, Jean-Luc Mélenchon a des comptes à régler avec François Hollande si on en croit quelques vidéos qui circulent sur la Toile.
Il faut lui reconnaitre une grande plasticité et un sens de la communication qu'il met à profit pour booster sa campagne ; ce qui explique qu'il se sent continuellement en concurrence avec le milieu journalistique qu'il soupçonne d'influencer les masses. L'idée de la Bastille lui est certainement venu après qu'il ait réalisé que son budget de campagne ne lui permettrait pas de réaliser la messe sarkozienne de Villepinte.
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Le score qu'il réalise aujourd'hui n'est pas étonnant dès lors qu'on considère qu'en jouant les ramasse-miettes de la gauche ultra, il a fédéré autour de son nom des votes qui jusque là s'éparpillaient autour de différents candidats divisés dans des querelles de chapelles inaudibles auprès des adeptes du Grand Soir.
Son côté tribun séduit. Avec lui, la vieille rhétorique marxiste reprend des couleurs.
Jean-Luc Mélenchon propose des solutions du 19ème siècle pour résoudre des problèmes du XXIème. Comme tous les populistes, Jean-Luc Mélenchon se fiche de la réalité.
Il ne veut pas publier son patrimoine, affirme que Zemmour n'est pas raciste, mais un grand intellectuel incompris... Obsédé par l'égalitarisme, il avance des propositions farfelues. Plus c'est gros, plus ça passe.
Il veut nationaliser EDF, GDF, Total et AREVA. Il lui faudra donc racheter les actions à leur juste valeur ..Coût total de l'opération : 139 milliards 480 millions d’euros soit 10 % du montant total de la dette française ou presque l’équivalent de toutes les recettes de l’Etat en 2010…) C'est pas grave, ceux qui votent pour lui sont des buses.
Lorsqu'on émet l'hypothèse égalitariste, on est jamais très loin du communisme. Personnellement, je trouve le communisme abjecte. Ce qui me gène, ce n'est pas qu'il y ait des plus riches que moi, mais des plus pauvres.

Mais ce n'est pas là où se trouve le véritable danger. Le réveil du Peuple de gauche pourrait être brutal.
Celles et ceux qui s'apprêtent à voter Mélenchon ne se rendent pas compte qu'ils sont les alliés objectif du FN.
En 2002, ce sont les candidatures de Christiane Tobira et de Chevènement qui ont manqué à Lionel Jospin. Celui-ci s'est retrouvé de fait ... derrière Jean-Marie Le Pen...
En observant les sondages, le nombre de français indécis et le recul de Hollande pourraient bien se conjuguer et nous faire assister à un match entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.
A trois semaines du premier tour, les jeux sont encore ouverts et toutes les hypothèses restent possibles.
21:15 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02/04/2012
François Bayrou n'est plus seul.
Il y eu la campagne de 2007, durant laquelle François Bayrou montra le chemin d'une voie nouvelle : celle d’un Hyper-centre qu’il voulait incarner.
Mais pas n’importe quel Hyper-centre, un Centre affranchi de son encrage à droite ; l’offre d’une troisième voie, différente du Bonapartisme et du radical-socialisme qui sont les deux composantes politiques majeurs en France (avec sa diagonale gaulliste) ; l’un depuis la naissance de la République, l’autre plus récemment, depuis la fin du 19ème siècle.
Beaucoup y virent un revival de l’UDF de Giscard, quelque chose en trompe-l’œil, un miroir aux alouettes. Comment pouvait-il exister une troisième voie qui osait affirmer son indépendance vis-à-vis des deux camps ?
Il y avait péril en la demeure. L’UMP et Nicolas Sarkozy réagirent vite à la mesure du danger : ils créèrent une division au sein de la famille Centriste tandis que la Gauche affirmait que François Bayrou n’était que « le faux-nez » d’une droite molle qui n’assumait pas son positionnement.
Disons-le tout net, on sentait poindre chez François Bayrou des ambitions personnelles de leardership, nourrie par une véritable ambition politique. Mais en même temps, il parlait de la dette ; décrivait avec précision une France frappée par l’atonie politique, la dérive économique et sociale. Une France qui recherchait ailleurs des explications qui se trouvaient chez elle ; à l’aune de son propre laxisme et de la faiblesse politique de ses dirigeants.
Mais cette intuition ne pouvait s’apprécier qu’à la lumières des évènements qui survinrent au cours des cinq années qui suivirent l’ascension de … Nicolas Sarkozy
François Bayrou avait prévu que Nicolas Sarkozy empocherait l’élection de 2007. Mais sa vision d’un PS explosant en plein vol, se scindant entre réformateurs et vieux caciques marxistes n’eut jamais lieu. Le grand parti d’opposition pensa ses plaies dans un silence tout relatif. On ne sait pas encore aujourd’hui si la clarification idéologique eut lieu rue Solferino entre partisans d'une social-démocratie à la française et ceux qui défendaient l'union traditionnelle du PS avec les communistes et les Verts ; mais les courants turent leurs divisions et François Bayrou en fut pour ses frais.
Les élections qui suivirent, furent cauchemardesques pour le MODEM : doutes, suspicions et baronneries de tous ordres éclatèrent. Il fallait justifier le départ des cadres, endigué le lâchage des militants, dénoncé les apparatchiks qui rejoignaient les uns après les autres le Nouveau Centre.
Le MODEM enchaînât les contre-performances électorales. Elles furent cuisantes mais n’affectèrent pas le Chef lui-même qui prenait même un certain plaisir à se retrouver seul au fur et à mesure que son parcours politique ressemblait à l’ascension du Mont Golgotha.
Il y eut bien quelques balles qui furent tiré en direction des plus dangereux, mais pas grand-chose ; des petits règlements de compte tout à fait anecdotiques en comparaison à ce que nous a habitué la politique française. On trouve dans les réseaux sociaux et sur certains blogs quelques aigreurs de part et d’autre, mais rien qui n’affecta durablement l’image de François Bayrou. L’homme restait en politique, cet étrange cas particulier que les journalistes ne savaient jamais par quel bout prendre.
Cela n’était pas pour déplaire au béarnais qui n’aimait rien de moins que les partis politiques. Il était seul, il partait seul et voulait vaincre seul. Il y a forcément une parabole christique dans sa démarche dont un bon nombre de militants restés au Modem continuent aujourd’hui à revêtir consciencieusement l’habit de pèlerin.
En 2011, l’université de Gien a repansé les plaies. Elle n’y eut pas foule, mais elle eut l’avantage de remettre les compteurs à zéro et de faire travailler ensemble les militants qui s’étaient hier déchirés.
Tous ceux qui avaient quelques chose à reprocher à Bayrou, tous ceux qui le tenaient pour responsable de la liquidation du Centre, tous ces anciens amis qui ne lui pardonnaient pas son divorce avec la droite, tout ceux qui ne supportaient pas son dirigisme particulier et sa lecture très personnelle des instances démocratiques de son mouvement, tous ceux qui avaient claqué la porte ... avaient libéré la place. C'est donc assez naturellement que le MODEM revînt sur le devant de la scène, se placer à nouveau dans le radar médiatique. Il était à nouveau "tendance" d'en être et la couverture dont bénéficia François Bayrou pendant ces deux jours fut plus que satisfaisante.
Même le coup monté par les proches de Corinne Lepage fît un flop. Le départ de l’écologiste historique du Mouvement démocrate n’affecta guère François Bayrou qui resta seul maître à bord et avait la voie libre au sein de sa formation.
Enfin, il contrôlait un mouvement dont il avait faillit perdre tout contrôle : les Statuts imaginés au Congrès de Villepinte pouvaient rester lettre mortes. Quant aux journalistes, leur méconnaissance de son mouvement politique le mettait à l’abri de toute critique à l’échelle nationale et le seul ami qui était au fait de toute cette cuisine (Jean François Khan) s’en fichait comme de sa première chemise et lui conservait son amitié.
Nous voici donc en 2012. François Bayrou se présente à nouveau devant les électeurs.
Il me semble que sa première participation aux présidentielles (François Bayrou se présente comme candidat de l'UDF à l'élection présidentielle de 2002) ne compte pas, … ou presque. La création du Mouvement Démocrate a marqué une nouvelle ère. C’est donc la deuxième fois qu’il se présente sous cette étiquette indépendante et de leader.
Les français s’ennuient : François Hollande fait une campagne de Président de Conseil Général. Le petit homme qui s’est teint les cheveux et a suivi un régime pour la circonstance ne sera probablement pas élu. Il est l’homme d’un appareil politique et même si l’arithmétique joue en sa faveur, la dynamique du second tour lui sera fatale.
Je crois qu’à l’heure où j’écris cet article, François Bayrou sait intimement qu’il ne sera pas élu …Cela ne sera pas encore pour cette fois-ci, à moins d’un miracle - Une transposition entre le parcours de Bayrou et la passion du Christ est toujours possible, allez savoir !!
C’est donc en toute tranquillité que le béarnais s’apprête à entrer à nouveau en dissidence politique. Une niche dans laquelle il excellera tant qu’il ne cédera pas aux sirènes de la gauche ou d’un Président réélu qui lui proposera en toute probabilité, Matignon.
Bayrou a été meilleur qu'aux dernières présidentielles. Il a fait un parcours sans faute apparente. Les militants sont de nouveau gonflés à bloc.
D’ici deux mois, Il négociera férocement sa visibilité électorale dans l’hémicycle parlementaire. Le Nouveau-Centre comptera les siens et connaîtra à son tour l’explosion. Comptons que pas mal d’entre eux reviendront au bercail.
Bien qu’il affirme le contraire, François Bayrou n’était pas encore prêt.
Il n’est pas encore allé assez loin, au devant des français (qui ont besoin physiquement qu’on les enlace). Il doit quitter l’image d’agrégé de lettres classiques et encore simplifier son discours s’il veut être compris par le plus grand nombre.
Il est sympathique auprès d’une majorité de ses concitoyens, mais ce n’est pas suffisant pour pouvoir endossé le costume d’un présidentiable.
La France des régions, la France réconciliée, la France aimante n’existe que dans ses discours. Il lui faudra aussi tenir compte d’un certain manichéisme politique chez les français qui préfèrent la chamaille chiraquienne au bon sens delorien.
La réalité montre une vision plus violente des choses. La vision d’une France malade, difficile à gouverner, difficile à convaincre tant qu’on se maintient éloigné d’un discours flattant les minorités et servant le clientélisme d’une société qui se communautarise de plus en plus.
A l’inverse, la France de François Bayrou est une France généreuse et nostalgique qui réconcilie Europe et terroirs, mais qui ne joue pas pour autant, sur la peur de l’autre.
La France de François Bayrou est une France qui regarde l’horizon avec la confiance qu’elle a puisé au cours de sa longue histoire.
Plus personne, un tant soit peu honnête, ne peut remettre en doute son positionnement politique. Les commentateurs font même montre d’un certain respect pour un homme qui ne dévie pas de son cours. J’ai entendu Bayrou évoquer la dette avant tout le monde. J’ai entendu Bayrou s’émouvoir pour Aung San Suu Kyi, dénoncer les ambitions d’empire d’un Vladimir Poutine. Il est très souvent le premier à défricher la situation intellectuelle et politique française, européenne ou internationale. On lui doit le débat sur le produire en France. En dépit de ce que pense Nicolas Hulot, François Bayrou s’est engagé sur le front écologique et reste le seul candidat (hormis EELV Les Verts) à vouloir rouvrir le Grenelle de l’environnement s’il était élu.
Je suis militant mais déteste la démagogie. François Bayrou n'atteindra probablement pas le second tour mais il reste à n’en pas douter le candidat le plus sérieux, le moins démagogue, le plus populaire, le plus cultivé. Il est la meilleure part de chacun d’entre nous ; à mille lieux des calculs politiciens. Il reste celui qui a la vision la plus pertinente en matière économique et sociale.
13:50 Publié dans 005 Elections Présidentielles 2012, 05 Les Centres, 06 Tribunes Libres, 08 Débat, 09 Economie, 10 Santé & Sociale, 13 Communication | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois bayrou, modem, jean-pierre bozzonne, voguehaleine, élections présidentielles, 2012
21/03/2012
Les attentats du Sud-Ouest

Ce qui s’est passé dans notre pays cette dernière semaine, est inédit.
parce que cette série de meurtres entraîne, dans l'horreur mêmes de ces drames, les sociétés civile et militaire.
Si nous devions ne conserver qu'une chose à l’esprit, ce serait celle-ci.
J’assume une culture du compromis et non pas une culture du Salut Public.
Je suis beaucoup plus bavard lorsqu'il s'agit de politique : je privilégie à la mauvaise gouvernance, le devoir d’agir et de mener des réformes pour que la France conserve son modèle de société équilibré sans m’empêcher toutefois d’exprimer les convictions qui sont les miennes dans un esprit constructif sans trop utiliser l’arme de la polémique.
L’armée et le protocole ne me sont pas choses familières. Lorsque des militaires sont abattus dans l’exercice de leurs fonctions, j’estime que ces drames sont inérents aux risques de leur métier et qu’ils ont signé en pleine conscience des risques auxquels ils s'exposaient.
J'ai tendance à considérer les soldats morts d'Afghanistan comme des soldats morts en accident de travail, même si cette parabole ouvrieriste est débatable pour certains et choquante pour d'autres.
Mais ici, il s'agit de toute autre chose. Il s'est agit d'assassinas au faux pretexte d'un Islam salafiste et radical auquel la majorité des mulsulmans tournent le dos.
Il y aura dans la campagne électorale présidentielle un avant et un après. Il y aura dans les paroles tenues par les responsables politiques issus de la majorité, de l’opposition et du gouvernement un avant et un après.
J’ai ressenti, très certainement grâce également aux nouvelles technologies de communication et à l’extrême facilité de s’informer en temps réel, une véritable empathie et solidarité en sein de toute la société française.
On voit bien que les notions d’identité française et d’origine, que les notions de croyances religieuses qu’on nous force à envisager de façon clivée sont dépassées.
Que vaut un débat sur l’identité nationale quand un Mohamed tue un autre Mohamed ?
La France est définitivement ouverte au monde et cet acte terroriste nous rappelle qu’elle peut subir sur son sol les violences collatérales de conflits auxquels elle est étrangère.
J’espère qu’il demeurera de ce fait-divers tragique, quelque chose dans l’inconscient collectif de nos concitoyens et que le débat sur les valeurs de notre République en ressortira renforcé.
17:11 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
20/03/2012
Pourquoi je soutiens Christophe Grébert.
Les différents judiciaires qui opposent Christophe Grébert, élu MODEM de Puteaux, à la première magistrate de sa ville, Joëlle Ceccaldi, émaillés de violences verbales et physiques, doivent nous questionner sur notre situation d’élu d’opposition dans nos Conseils municipaux
Fort heureusement, peu d’entre nous connaissent le sort de Christophe. Mais, n’y en aurait-il qu’un seul, cela serait de trop.
Le seul pouvoir que nous possédons lorsque nous siégeons au sein d’un Conseil municipal de couleur politique différente de la nôtre, est notre parole. Une parole verbale ou écrite avec laquelle nous nous exprimons. Et cette expression est souvent contestataire. Cette parole conteste car elle est la démarche naturelle de celui ou de celle qui s’oppose. La vitalité d’une démocratie locale est à ce prix. Souvent d’ailleurs, la ville est l’endroit où la démocratie est la plus forte, car la commune est souvent le dernier rempart à l’exclusion et où le lien social entre les individus doit être le plus fort.
La plupart d’entre nous endossons naturellement cette armure. Elle nous a été dictée par nos convictions personnelles qui se sont forgées à l’issue d’une campagne électorale qui nous a amenée jusqu’à siéger au sein de cette assemblée qu’incarne le Conseil municipal.
Chaque membre de ces assemblées a rencontré et vécu au cours de son engagement politique, cette situation très particulière d’opposant. Ainsi il comprendra aisément les enjeux que revêt, dans une municipalité, l’importance d’une parole libre.
En secouant la démocratie locale, nous faisons acte de vigie, au risque d’affirmer quelques fois des vérités que certains ne veulent pas entendre. Chacun en démocratie a le droit de s’exprimer. La censure est condamnée par nos principes républicains.
Pourtant, l’autocensure est quelque fois pire que la censure elle-même. Elle apparaît quand le bouclier judiciaire se soulève contre celui ou celle qui s’oppose. Elle a pour dessein de le faire taire. Cette menace peut s’avérer très efficace. De plus, elle favorise l’insécurité grâce au harcèlement qu’elle induit.
C’est ce qui se passe pour Christophe Grébert aujourd’hui : cumulant procès et frais d’avocats, contre la mairie de sa ville (Puteaux), il se retrouve acculé par des dettes qui réduisent chaque jour davantage, sa liberté d’expression.

Il n’est pas question d’entrer dans les détails de chaque affaire. Il est question ici de rappeler que notre mandat d’élu d’opposition nous oblige à rester solidaires de lui ; sinon de remettre en cause le principe même de notre indépendance politique et de notre démarche citoyenne.
Ce qui lui arrive est emblématique d’une situation qui nous parait inacceptable. Elle remet en cause l’essence même de notre existence, telle que l’a souhaitée le Législateur, en nous accordant, de siéger dans les Conseils municipaux de mairies pour apporter la contradiction aux élus majoritaires.
C’est la raison pour laquelle j’ai répondu de façon positive à la demande de Christophe Grébert ; d’être à ses côtés à travers ce comité de soutien qui se met en place.
Je vous demande, à la lumière de ma démarche, de réfléchir aux conséquences qu’aurait pour la démocratie et nos mandats d’élus de l’opposition, la fermeture de son blog ou son retrait de la vie politique locale des Hauts-de-Seine.
Salutations démocrates.
Jean-pierre Bozzonne
Elu local Alliance Centriste Châtenay-Malabry (92).
15:13 Publié dans 001 Elections Régionales 2010, 05 Les Centres, 08 Débat, 21 Associations - ONG | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24/02/2012
Et le César du Meilleur film est attribué à .....

Le cinéma français a connu cette année un record absolu de recettes si on en croit les hebdomadaires professionnels et leurs modes de calcul. J’écris cela parce que la France est le seul pays (à ma connaissance) qui calcule le succès d’un film à son nombre d’entrées réalisées et non pas à son bénéfice réel.
Avec 215 millions d’entrées en salles, on atteint le record de l’année 1967 ! et malgré le téléchargement, cela veut dire que 68% de la population française est allé au moins une fois au cinéma cette année. Du coup les caisses du CNC sont pleines et le financement de la création se porte comme un charme.
Les films a qui l’ont doit un tel succès sont connus de tous : Intouchables, Polisse, The Artiste, Rien à déclarer, au moment où le téléchargement et le marché Internet de la vidéo à la demande sont en plein essor ; leur succès en salle fait mentir les-professionnels-de –la-profession, à la larme toujours facile, qui prétendaient jusqu'ici que la télé tuerait le cinéma et la création cinématographique. Au contraire, le succès de ces films va permettre de financer un cinéma d’auteur plus pointu, plus élitiste.
Il y a une fraicheur artistique dans le cinéma français à s'entêter à créer des Blockbusters qui n’en sont pas ; des anti-modèles économiques, sorte de prototypes improbables qui, une fois mis sur le marché, rencontrent leur public ou pas.
A l’inverse du modèle américain qui exploite le filon des films formatés (le super-héros, le film catastrophe, le genre SF, etc.…) les français sont dans une logique industrielle improbable où seul compte l’histoire, la rencontre entre un réalisateur et son producteur, la qualité inédite d’un scénario, l’intuition. Cette démarche bluff les américains mais force leur respect. Ils admettent volontiers que la France joue un rôle moteur dans leur démarche créative en leur permettant d’investir, de recycler, de racheter des scénarios clé en main qu’ils adaptent pour la clientèle américaine. Le doublon de la Guerre des Boutons fait honneur à la France, c’est une aberration commerciale absolue...Mais ça marche : 1,5 millions d’entrées chacun.
Le Cinéma français a une diversité de financement qui fait son succès : avance sur recettes, financement régional, préachat des chaînes de Télé.. Tout concoure à construire un budget. Le montage financier est divers. Chacun raconte une histoire différente. Sur les 450 dossiers annuels que reçoit Canal+, 200 dossiers se concrétisent. C’est toujours trop peu aux yeux des perdants, mais c’est un modèle culturel fiable.
Enfin, réjouissons-nous cette année que se concrétise l’apparition d’une nouvelle génération d’auteurs : Hazanavicius, Donzelli, Maïewenn, qui viennent rejoindre Audiard, Honoré, Joann Sfar, Olivier Dahan, Xavier Beauvois, Guillaume canet, au panthéon des créateurs d’histoires.
11:58 Publié dans 09 Economie, 13 Communication, 16 Culture (s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21/02/2012
Homophobie et politique
Un homophobe nous parle de lui beaucoup plus qu'il ne s'en doute ; de lui intimement.
Un homophobe est quelqu’un qui n’a pas résolu d’explorer la part de lui-même qui lui échappe. L’une des trois pressions : sociale, familiale ou religieuse est responsable de son comportement. Le rejet de l’autre est souvent le rejet d’une partie de lui-même.
Un homophobe est quelqu’un qui traque ses pulsions ; qui est dans la crainte du passage à l’acte. Un homophobe a un surmoi surdimensionné.
A l’extrême symétrique, on trouve le gay qui n’a pas fait son coming-out. Étrangement, il partage avec l’homophobe les mêmes attitudes de refoulement vis-à-vis de lui. Il se tait sur son orientation et laisse ouvert la porte à tous les phantasmes que les premiers alimentent.
Les deux sont des freins sociétaux importants qui empêchent les homosexuels d’exercer leur droit de vivre dans l’indifférence.
En ces temps de crise économique, les frustrations et le repli sur soi gagnent du terrain. Le faux débat sur le mariage gay est symptomatique de cette époque. La France prend du retard sur cette question parce qu’elle a perdu confiance en elle quand d’autre pays ont déjà légiféré.
Bien évidement, légaliser le mariage gay ou reconnaitre l’homoparentalité n’auraient aucune conséquence sur la société française et la famille.
Le danger n’existe que dans la tête de quelques politiques qui font leur miel électoral de tout ceci.
Dans les Cités par exemple, l’homophobie est importante parce que la crise frappe plus fort ici qu’ailleurs. Et le repli identitaire et religieux achève de parfaire une attitude homophobe chez des jeunes qui subissent ostracisme et chômage.
11:26 Publié dans 01 Education, 06 Tribunes Libres, 07 Société, 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22/12/2011
Fin d’une certaine idée de l’Europe et montée en France d’un homme politique remarquable
Cette fin d’année marquera peut-être la fin de l’Europe telle que nous l’avons connue.
L’Europe de Maastricht a vécu. Celle de son traité qui reposait sur deux piliers : la création d'une monnaie commune, l'euro, et la soi-disante convergences des politiques économiques et budgétaires des Etats membres qui devaient (en théorie) contribuer à la réalisation des objectifs de l'Union européenne parmi lesquels la croissance et l'emploi.
Pour y arriver, cette Europe s’était donné une monnaie unique sans aucune vision politique économique commune aux Etats-nations signataires. Pire, cette Europe s’est construite sans budget !
La crise économique que traverse ce continent, n’est plus celle de 2008, cette crise monétaire dont les banques avaient été les principales responsables. Cette crise économique que nous traversons, n’est ni la faute à la Chine, ni la faute aux agences de notations qui ont eu l’avantage d’imposer un terme à cette endettement croissant des nations.
L’Europe traverse une crise majeure qui s’explique par une absence de modèle économique nouveau. Depuis plus de vingt ans, nous nous sommes faits à l’idée d’utiliser des technologies numériques, de nouveaux modèles économiques fiables dont nous ne sommes pour rien dans leurs inventions, leurs réalisations et leur mise en place. Ici, pas de Bill Gates en vue, ni de Steve Jobs ou autre Mark Zuckerberg pour les plus emblématiques d’entre eux. Aucune Silicon Valley à l’horizon.
Et cela semble ne choquer personne qu’avant d’être sous le dictat commercial chinois, nous soyons déjà colonisés par un système économique dominant qui nous échappe et dont sa consommation soit devenue notre seule activité.
Devant cet échec flagrant, certains de nos politiques reviennent à des fondamentaux nationalistes comme ultime recette miracle pour enrayer la crise. La reprise économique de l’Europe, passerait d’abord par la reprise économique de notre pays. Ainsi le bout du tunnel serait conditionné au développement de la compétitivité de la France qui en serait la clef de voute.
Mais cette crise que nous traversons est aussi une crise du sens. Elle met en lumière un gaspillage fabuleux d'argent public par les gouvernants de notre pays qui ont succédé à Raymond Barre. Elle met en lumière l’absence totale de vision stratégique pour notre économie dans un contexte de mondialisation que chacun pouvait voir. Enfin, elle met en lumière l’absence totale de mesure de prévention tant au niveau des états européens, que dans les instances gouvernementales européennes.
Personnellement, je ne souhaite pas la révolution. Je ne souhaite pas rejeter un modèle de développement qui a toujours vu s’épanouir et conjuguer des modèles économiques et sociaux où la place de l’homme restait au cœur de tout projet.
Ainsi pour que les liens sociaux perdurent, les communes devront rester les endroits où la démocratie est la plus forte, le lien social le plus puissant. Les régions et l’Etat devront continuer à jouer leurs rôles en matière de développement des infrastructures, ce que je qualifierais "de la bonne dette", grace aux l’investissement.
Nous devons continuer à réaliser de bons arbitrages budgétaires pour privilégier l’éducation et la santé de nos concitoyens. Nous devons conserver une vision réaliste et se limiter à deux ou trois mesures de bon sens.
Le problème de la dette peut sembler abstrait pour quelques-uns d’entre vous. A ceux-là, je leur proposerai un exemple concret.
L’ensemble du fonctionnement de l’APHP en France nous coûte 36 milliards d’euros tout compris (du salaire de chirurgien, à l’achat du nouvel écran plat pour l’accueil)
Et bien chaque mois, afin que nos infirmières soient payées, la France est obligée d’acheter sur les marchés monétaires internationaux de l’argent pour pouvoir faire face à sa dette et payer les salaires. Par là-même elle creuse sa dépendance vis-à-vis d’autres états moins endettés, et comme elle n’emprunte pas sans frais, elle rallonge autant le règlement de celle-ci qui passe d'abord par le solde des intérêts.
Voici à quoi nous ont habitué nos gouvernants. Ceux-là mêmes qu’on voit actuellement s'agiter, faire de grands moulinets et tenir des postures de sauveur.
C’est une des raisons pour laquelle je suis Centriste en politique. Je n’aime pas les idéologies. Je suis pour le pragmatisme.
Je résiste à cette vision excessivement religieuse d’un pays considéré comme une essence, non susceptible de se mêler à d’autres essences. Je crois que c’est la base du souverainisme et donc une religion qui n’est pas la mienne.
Je crois pour ma part que les collectivités humaines possèdent plus ou moins des latitudes d’actions, plus ou moins des contraintes. Mais je n’arrive pas à me représenter le corps politique, comme une Nation (c’est d’ailleurs ce que souligne un certain nombre d’arrêts de la Cour Constitutionnelle allemande) comme une espèce d’entité absolue qui serait juxtaposée à d’autres entités absolues.
Je crois plutôt à l’interdépendance, aux souverainetés limitées, je crois qu’on est aussi souverain chez les autres et que les autres peuvent aussi être souverains chez nous. Je ne crois pas trop à la souveraineté en tant que telle, mais je crois au pouvoir de l’influence. C’est ce qui m’a séparé d’un certain type de gaullisme à partir d’un certain moment.
Ce qui me caractérise d’abord, c’est le mouvement qui anime Tocqueville, lorsqu’analysant la société politique du XVIIIème siècle, il réalise qu’on a inventé à cette période-ci, la politique littéraire. Quand Tocqueville parle de politique littéraire, on est tenté de penser à une politique religieuse. Face à la politique administrative qui est celle des intendants du Roi Louis XV qui essaient d’administrer au mieux les intérêts du peuple, d’assurer les subsistances, de veiller à la sécurité publique, à ce que les armées soient régulièrement approvisionnées en hommes capables d’assurer la sécurité du royaume, de veiller également, comme pour Malherbes qui est animé d’un amour réel pour la liberté, de permettre à un certain nombre de gens de s’exprimer, fussent-ils un peu particulier comme Jean-Jacques Rousseau. Ce sont des gens qui administrent le bien public en ne se posant pas trop de questions sur leur pratique ; en essayant de façon pré-technocratique de faire les choses.
Tocqueville montre qu’à partir des sociétés de pensées et de la révolution, on aborde une politique littéraire, c’est-à-dire en fait, une politique religieuse : les hommes politiques devenant les anges d’une rédemption immanente dont Robespierre en est l’exemple assez terrifiant et parfait.
Le Centriste ne marche pas avec cette vision des choses mais affirme comme Marcel Gauchet, qu’il ne faut pas réenchanter la politique. On voit bien ce que l’enchantement signifie : c’est le charme, l’application de la responsabilité et de la liberté, c’est le filtre d’amour d’Iseult, c’est quelque chose qui vous conduit à ne plus être vous-mêmes mais à écouter le son de la flute d’un leader qui emporte les enfants vers des horizons insondables. Je pense profondément que le Centriste,- c’est en cela qu’il est en situation difficile par rapport à la fantasmagorie nationale - est abonné à un certain prosaïsme qui ne marche pas dans cette affaire-là. Il résiste de toute la force de son âme à ces transfigurations héroïques car il voit très bien (car qui peut faire l’ange, fait la bête) qu’elles aboutissent à des résultats très souvent dramatiques.
Cela ne marche jamais et ressemble à une forme très précise d’absence de volonté puisque la volonté apparaît lorsque vous acceptez la confrontation avec le réel. C’est de cette façon que Paul Valéry définit la lutte entre une œuvre et son sculpteur. Lorsqu’il décrit le corps à corps entre un créateur et la résistance qu’offre le matériau ; et observe qu’à la fin, l’artiste ne gagne que partiellement contre la matière. Le matériau résiste et c’est dans cette résistance et cette confrontation qu’apparaît l’œuvre d’art. Max Weber affirme quant à lui que la politique consiste à tarauder des planches nouvelles.
Je refuse également le verbalisme de gauche. Entre une pratique qui est totalement opportuniste et déconnectée du discours, et la politique, l’équation est assez simple : les élections sont pour le discours et l’opportunisme pour le gouvernement. Vous ne pouvez pas, avec ceci, réformer le pays. Parce que les gens savent que vous leur avez menti, Toutefois, vous pouvez essayer de ne pas faire trop de bêtises en ne réalisant pas celles que vous aviez annoncées mais vous ne pouvez pas animer un mouvement réformateur.
Je terminerais en disant que lorsqu’on est un homme politique qui veut donner du sens à son action, il faut d’abord dire où on en est, en faisant le point de la situation dans laquelle on se trouve : aujourd’hui nous sommes menacés d’un déclin très profond et très rapide. Sans être taxé de déclinologue, Il faut respecter les faits et la vérité. Nous sommes dans une course à la déclassification française qui suit à peu près le même rythme que notre déclassification footballistique.
C’est sans doute là que la personnalité de François Bayrou est la plus pertinente dans l’offre politique française de ces dix dernières années.
Voici un homme qui ne ment pas, qui explique avant les autres les dangers qui nous menacent (la dette en 2007) et parle déjà d’Union nationale avant tout le monde ; avant que les évènements intérieurs nous y en contraignent.
Je suis entré en politique grâce à lui. Je suis sorti du MODEM parce que cet homme solitaire n’était pas fait pour diriger un parti, qu'il se comportait de façon autoritaire, ayant une vision trop personnelle du pouvoir.
Jean Arthuis m’a recueilli au sein de ses troupes dans une petite officine centriste dans laquelle on m’a foutu la paix.
Aujourd'hui, un Centre qui ne soit pas l'allié objectif de la droite ou de la gauche s'est incarné dans la personalité politique de françois Bayrou. Celui qui faisait encore ricaner en 2007 par son positionnement ; n'est plus soupçonné aujourd'hui d'un quelconque récupérage politique.
D'ailleurs, j’aimerais bien un jour que le Centre se réunisse autour de femmes et d’hommes de bonne volonté qui n’aient pas d’autres souhaits et d'ambitions que de servir leur pays, sans cette avidité qu’on perçoit chez certains centristes lorsqu’ils se vendent aux plus offrants pour obtenir des postes.
Je crois que François Bayrou et Jean Arthuis n’ont pas donné cette image-ci depuis cinq ans.
Ainsi je voterai François Bayrou au premier tour des élections présidentielles.
13/11/2011
C'est une belle journée pour la démocratie
Oui c'est une belle journée pour la démocratie et une ironie du sort pour celui qui est arrivé au pouvoir en faisant une OPA sur elle, en la détournant, en utilisant le pouvoir financier pour flatter un égo qu'il souhaitait voir arriver au pouvoir suprême, en la piétinant.
On sait que ce qui fonde le socle de notre pays, la France, est la République...On sait que l'Italie n'est pas républicaine, on sait que ce qui la cimente est… l’Eglise.
Il était donc difficile dans un tel système de défaire quelqu'un qui en maîtrisait tous les rouages, à commencer par les médias.
Et bien les Marchés que beaucoup craignent montrent qu'ils fonctionnent avec la régularité et la distance d’un métronome, sans affect particulier, sans sympathie pour ceux qui les chérissent.
Silvio Berlusconi vient d’être déboulonné par ceux qu'ils vénéraient. Il voulait réformer l'Italie et faire fonctionner ce pays comme une entreprise.....résultat de l'histoire, ce petit Mussolini raté retourne dans les poubelles de l'histoire italienne d'où il n'aurait jamais dû sortir.
La seule observation troublante qui ne peut, à elle seule, éroder notre satisfaction du jour, est que le système financier a eu raison du politique.
Nous vivons des temps historiques... et sommes les observateurs d'un phénomène auquel nous n'avons pas encore donné de nom, mais dont l'histoire s'écrit sous nos yeux.
11:21 Publié dans 00 Europe, 04 Politique internationale, 06 Tribunes Libres, 09 Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09/11/2011
La tragédie grecque
Les plus grands classiques de l’antiquité comme les cinéphiles du festival cannois n’auraient pas renié la tragédie grecque à laquelle nous avons assisté cette semaine, tant cette dernière a été riche en coups de théâtre et en rebondissements.
La Grèce n’est ici que le révélateur, le symbole, pour ne pas dire la caricature d’une Europe en mal de repères, et qui risque d’être totalement dépassée, voire déclassée par les pays émergents. Et ce plus rapidement que l’on ne pense. Je dis depuis longtemps que la dette est le cancer de la France et d’une Europe malades de leurs déficits chroniques. Elle n’ont eu ni le courage, ni la volonté de réduire leurs dépenses. Lorsque vous vivez au-dessus de vos moyens pendant des années, vient le temps de la facture. Cette dernière sera lourde et le passage à la caisse douloureux. Et lorsqu’on voit en parallèle le montant de notre déficit commercial (80 milliards d’euros sur l’année), force est de constater que l’on va dans le mur. En effet, on ne peut durablement, et dans de telles proportions, importer plus que l’on exporte, consommer plus que l’on produit.
La baisse des charges sociales, qui a été amorcée cette semaine dans l’agriculture, est un élément indispensable pour redonner des marges de compétitivité à notre industrie et pour relocaliser certaines de nos productions. Sur ce dossier, nous centristes avons toujours été en pointe, et l’on constate avec satisfaction que sur ces sujets les lignes bougent. Ainsi, F. Hollande et N. Sarkozy reprennent par exemple à leur compte l’idée d’une contribution sociale basée sur la consommation.
De manière plus globale, ce qui se passe sous nos yeux c’est, si nous n’y prenons pas garde, la prise de pouvoir sur les affaires du monde par les pays émergents en général, et de la Chine en particulier. L’équation est simple : quand un Français (Européen ou Américain) gagne 10 il en dépense 11. Quand un Chinois gagne 2 il en dépense 1 et en épargne l’autre moitié. Épargne qui est alors prêtée au Français qui peut ainsi consommer plus qu’il ne gagne. Peut-on rester encore longtemps maître de notre destin en fonctionnant de la sorte ?
L’idéogramme chinois du mot CRISE est « DANGER » et « OPPORTUNITE ». En nous prêtant de l’argent pour sauver l’euro, HU JINTAO ne le fait ni par philanthropie ni par esprit de solidarité. Il souhaite simplement que l’Europe devienne son obligée afin que l’on accorde à la Chine le statut d’économie de marché au sein de l’OMC.
Elle pourrait ainsi exporter davantage vers l’Europe, ce qui signifierait alors, plus de déficit commercial, davantage de chômage et plus de dette pour les pays européens. En réalité les communistes chinois ont parfaitement compris la perversité de notre système et ont bien retenu les leçons du mot CRISE.
En définitive, le DANGER c’est pour nous, les OPPORTUNITÉS sont pour eux.
22:38 Publié dans 04 Politique internationale, 07 Société, 08 Débat, 09 Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06/11/2011
Sur la manifestation du 5 novembre contre la violence faite aux femmes
Bien qu’elle fut la grande cause nationale de 2010, la lutte contre la violence faite aux femmes, est passée assez inaperçue, reléguée à un rang subalterne d’une actualité nationale et internationale riche en évènements de toutes sortes.
Pourtant les viols, les mutilations sexuelles féminines, les violences conjugales, la prostitution, le harcèlement sexuel, les mariages forcés, les crimes dits « d’honneur » ; sans compter la différence de traitement social et économique des femmes par rapport aux hommes, nous donnent le devoir de nous mobiliser davantage pour appeler les pouvoirs publics à une vigilance accrue.
Lorsqu’une moitié de l’humanité subit des pressions de cet ordre, j’ai trouvé normal de me déplacer pour montrer ma solidarité et témoigner que des hommes pouvaient aussi se sentir concernés par ces brutalités qui touchent les femmes.
Hier s’est tenue à Paris une manifestation pour que soit mis en place un cadre législatif assurant la même équité entre les femmes et les hommes
J’écrivais sur Facebook, en marge de cette manifestation :
Cette après-midi, je serai une femme comme les autres, ..pour que les choses bougent et que ces crime ne soit pas ceux où la victime se sent coupable.
Dire que j’ai été déçu par le déroulement et l’organisation de cette manifestation serait un euphémisme.
D’abord les slogans que j’ai entendu sonnaient étrangement à mon oreille et furent loin d’être fédérateur. On balançait pêle-mêle des conneries gauchistes surannées, mélangeant Nicolas Sarkozy et les souteneurs.
Ces slogans sont toujours complaisants lors d’une manifestation de cet ordre, mais aident-ils vraiment à fédérer au plus large ?
Je n’ai pas, pour ma part très bien saisi le raccourci ; j’aurais préféré entendre émerger des idées de fonds, lancer les bases d’une réflexion, mettre en parallèle les souteneurs et les clients, que lancer des diatribes contre le Président de la République.
Ceux qui prennent ce débat en route m’objecteront que si… Que les Lois votées contre la prostitution par exemple, stigmatisent, répriment, pénalisent et enferment les travailleurs du sexe dans un système d’oppression et d’exploitation supplémentaire. Et que sans doute, les manifestants et organisateurs de cette journée se sentaient obliger de dénoncer la politique en la matière, assez ringarde, soutenue par le Chef de l’Etat.
Et bien non, tout ceci était bien plus compliqué.
Les organisateurs appelaient bien à ce qu’une nouvelle Loi-cadre contre la violence faite aux femmes soit mis en place (qui considère que les violences sont du ressort du public et non pas du privé) mais n’avait rien à redire sur le volet répressif des mesures qui encadre la prostitution.
C’est vrai que lorsqu’on pense aux femmes, on ne pense pas forcément à la prostitution.
Malgré tout, celle si existe et concerne d’ailleurs aussi bien les hommes que les femmes.
On ne peut pas se boucher les oreilles et fermer les yeux sur un problème d’hygiène social qu’il convient de traiter à l’intérieur ou en marge de ce volet.
En d’autres termes, on ne se contente pas de gueuler qu’on est contre la prostitution et que la femme n’est pas une marchandise.
Et sur ce point, il semblait que les organisateurs donnaient quitus à Nicolas Sarkozy, qu’ils fustigeaient d’autre part pour la forme (syndicale).
Et bien je suis de ceux qui pensent au contraire que la femme est de plus en plus une marchandise et qu’avec la société numérique, le problème de la prostitution doit être repensé complètement. Nous ne sommes plus dans les années 70. Les choses sont devenues plus complexes.
C’est ce que les organisateurs semblent avoir appris à leur dépend.
En tête de cortège s’est invité ACT-UP, qui phagocyta avec efficacité (bien qu’ils ne fussent qu’une poignée) le débat en tenant un tout autre langage.
Il nous rappelait que ce n’était pas parce qu’on cassait le thermomètre qu’on évitait la fièvre. En d’autre terme qu’il fallait réfléchir aussi à la prostitution et encadrer son fonctionnement.
D’où une cacophonie générale avec des prises de bec des uns et des autres dont on aurait pu croire de l’extérieur, que la proximité intellectuelle et culturelle les faisaient œuvrer pour les mêmes causes.
Cette OPA bien orchestrée a desservi cette manifestation. On s’est vite rendu compte du côté un peu amateur de sa mise en œuvre. Il n’y avait manifestement pas eu de dialogue, ni de concertation, ni de débat d’idées avec ACT-UP, ni de mot d’ordre concerté.
Ici, il n’est pas inutile de rappeler que lorsqu’on n’arrive pas à s’entendre, on met en avant ces accords plutôt que ses désaccords. C’est le B.A.BA en politique.
C’est dommage pour cette manifestation qui du coup a été un peu gâchée ; c’est aussi dommage pour les femmes qui méritaient qu’on s’interdise ce genre de merdier médiatique.
Dans tout ce foutoire, la présence fragile de Tristane Banon et celle de Christine Autain parurent bien plus authentiques.
Elles étaient venues là simplement pour témoigner qu’elles s’étaient faites un jour agresser ou violer par des hommes et leur pouvoir. Elles étaient là pour dire qu’elles refusaient cette violence, mais aussi la bêtise et les préjugés qui l’accompagnent.
Autant de raisons qui auraient du inspirer un peu mieux les organisateurs de cette manif.
15:45 Publié dans 06 Tribunes Libres, 07 Société, 09 Economie, 10 Santé & Sociale, 16 Culture (s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : contre la violence faite aux femmes
02/11/2011
Référundum grec
La Grèce fait avec son référendum son dernier baroude d'honneur au monde, avant la fin de son indépendance économique, financière et sociale.
Georges Papandreou avait-il le choix de faire autrement que de déclancher cet électrochoc politique pour maîtriser une situation intérieure proche de la guerre civile ?
Cette démarche précipitée de référendum, sonne comme le glas d’une démocratie qui agonise, le dernier baroude d’honneur d’un gouvernement qui ne maîtrise plus la situation et se dirige dans le mur.
Que fera L’Italie dans quelques mois à son tour, ou bien la France s’il lui arrivait la même chose ? Il est peu probable que les peuples européens se laissent sans broncher, broyer et tronçonner sur l’autel des marchés financiers.
Ceux qui à l’instar de Mélenchon se réjouissent du bordel ambiant seraient bien inspirer de se taire. La démocratie en général et la social-démocratie en particulier n’ont jamais prospérées sur le lit des dépressions économiques et des crises financières graves. Les dépressions et la faillite d’un pays ont toujours précédé les nationalismes, les fascismes de tous poils. Les crises économiques ne sonnent jamais des lendemains qui chantent, mais sonnent souvent la mort des démocraties.
De la pire façon, avec les pires conséquences, le gouvernement grec, avec à sa tête Papandréou, soulève une vraie question : celle de savoir ce que pense les peuples d’un fédéralisme de la catastrophe, de nations dépouillées de leur souveraineté.
Alors oui ; sans doute fallait-il proposer un référendum au peuple grec, mais sûrement d'une autre manière, dans d’autres circonstances. Car celles-ci sont hasardeuses. Sans doute eut-il été honnête que le premier ministre grec en tînt informé ses homologues européens ; autant par courtoisie que pour éviter d'effrayer les marchés et affaiblir les autres pays de la zone. On sent bien que cette décision a été prise en catastrophe.
Libération écrit ce matin que la Grèce est à l’avant-garde du désespoir.
Notre continent manque cruellement d’institutions démocratiques. La menace d’une contagion à d’autres pays européens qui tomberaient à leur tour comme un jeu de cartes, n’a jamais été si proche de nous.
Il me revient en mémoire le crise de l’Argentine qui plongea ce pays, au milieu des années 80, dans la récession et la pauvreté, traversant pendant plusieurs années un chaos économique effrayant.
Si chose pareille survenait en Europe, ce sont ses démons nationalistes qui ressurgiraient aussitôt.
Ce matin le réveille est brutal et je sens sur mon visage le souffle du chaos qui se rapproche.
10:55 Publié dans 00 Europe, 04 Politique internationale, 08 Débat, 09 Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : papandréou, voguehaleine, jean-pierre bozzonne, grèce, économie, crise financière, europe
30/10/2011
Tom Waits " Bad as me"
Il ya un cliché à propos de Tom Waits, ou, comme il l'a décrit lui même, une «simplification» le concernant. Cette voix étrange et inimitable ravinée par l'alcool, gargarisme improbable d'une bouche qui semblerait remplie de clous et de vis.
Waits sort un nouvel album, son 29ème, Bad as Me. dans lequel il s'entoure pour l'occasion de nouveaux talents et d'une constellation de vieux amis, la plus éminente d'entre elle étant sa collaboratrice et sa femme, Kathleen Brennan, qui partage avec lui, l'éciture de ses chansons depuis son album Swordfishtrombones, sorti en 1983.
Bad as Me invite également le guitariste Marc Ribot, que Waits appelle "le Chaney Lon de la guitare, en référence à un acteur américain du cinéma-muet. D'autres invités de marque tels que Flea et Keith Richards partagent la vedette. Moins connus mais tout aussi efficace, Clint Maedgen et Ben Jaffe, des joueurs de cuivres de l'orchestre Hall Jazz de la Nouvelle-Orléans, également invités.
Depuis ses débuts, en 1973 avec "Closing Time", Waits fait partie d'un continuum artistique accompagnant ou jouant sur une ligne parallèle à celle du rock and roll des années 70.
A la grande époque d'Elvis Presley, Tom Waits écoutait Gershwin, préférant également le piano à la guitare, et Mose Allison à Chuck Berry.
Au début de sa carrière, son travail privilégie l'acoustique et l'émotion patiente, exprimant ainsi son aversion pour la vitesse. Waits a souvent raconté ses premières partie avec Frank Zappa et the Mothers qui l'imposait à son public, l'obligeant à écouter un artiste n'ayant rien d'autre à offrir qu'un piano et sa voix.
Au panthéon de ses références artistiques Tom Waits cité également l'émotion qui le traversa lorsqu'en 1962, alors qu'il n'a que treize ans, il découvre James Brown en concert. Deux ans plus tard, ce sera Bob Dylan qui agira comme une révélation. Selon son biographe Barney Hoskyns, auteur de Lowside of the Road: A Life of Tom Waits, il raconte :"Je vis un type seul sur scène avec un tabouret et un verre d'eau raconter de longues histoires fascinantes sous forme de chansons : "Bob Dylan agira sur moi comme un révélateur et contribua à résoudre le mystère de la performance. "
Aucune de ses influences n'est traditionnelle. On peut, au détour d'une chanson deviner l'empreinte de Kerouac, dont il ne cache pas la filiation.
Mais il ya un sens important dans lequel Brown et Dylan ont été determinant pour lui. Brown n'était pas un compositeur intimiste, et Dylan n'écrivais jamais à la première personne et écrivais toujours en concervant une certaine distanciation avec ses personnages.
Ainsi lorsque Tom Waits parle des «histoires» de Dylan, il ne fait jamais allusion à leurs dimensions sociale ou politique.
Comme Zimmerman, Waits est souvent dépeint comme un conteur de fin de soirée. Mais il évite un sentimentaliste lacrymal en favorisant les images fortes aux affects, privilégiant le second degré à la naration réaliste.
«Lorsque que vous décortiquez une chanson, vous trouvez toujours les épluchures des chansons qu'il l'ont précédé" aime-t il expliquer.
Dans les années 80, Tom Waits passe d'une écriture classique à une recherche sur les sons qui ont lui vallu beaucoup de critiques. Certains parlèrent de Barnum.
Bad as Me arrive à un tournant dans son art. C'est un album jubilatoire. Aucun autre auteur-compositeur aura tenté à ce point de suivre une ligne aussi artisanale qui conserve pour autant une démarche artistique exigeante.
Bad as Me, sonne comme un album qui emprunte à l'histoire de la pop tout en utlisant uniquement les rythmes dont il aurait besoin pour mettre en scène une créature hybride qui le conforte. "Je suis toujours à la recherche des sons nouveaux en phase avec mon époque".
"Le bruit d'un hélicoptère est insupportable jusqu'au moment où celui-ci débarque pour vous sauver. A ce moment-là, il sonne tout à coup comme une musique qui vous enveloppe".
14:43 Publié dans 16 Culture (s), Le MP3 du jour : : Rubrique a pour but de faire d | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28/10/2011
Rafistolage économique
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont très certainement évité un désastre à l'Europe, en bricolant un accord qui abordait certaines des grandes questions de conduite dans la crise économique européenne: la dette grecque, la fragilité bancaire, mais également le potentiel de contagion à d'autres pays, comme l'Espagne et l'Italie.
Mais ne nous laissons pas emporter par trop d'optimisme : la crise de la dette souveraine européenne n'est pas résolue pour autant, ni les contradictions politiques au cœur du système de l'euro qui est l'une des principale origine de cette crise.
À moins que des réformes plus fondamentales soient menées dans les prochains mois, le scénario probable qui attend les européens sera donc une cure d'austérité pour encore quelques années.
En revanche, la perspective immédiate d'une autre crise financière mondiale telle que celle que nous avons vécu en 2008 a fortement reculé. En persuadant les investisseurs privés de prendre à leur compte cinquante pour cent des avoirs de la dette grecque, en obligeant les banques européennes à lever davantage de capitaux,sous la forme d'investissements publics, Merkel et Sarkozy ont démontré leur capacité à mener une action concertée ( ce que de nombreux investisseurs doutaient jusqu'à présent), se ralliant ainsi à Wall Street et à d'autres places financières internationales.
En plus de l'allègement de la dette Grec et la promesse de consolider les banques, les dirigeants européens ont convenu d'étendre le fonds de sauvetage européen, en utilisant de l'ingénierie financière, en partie en faisant appel à de nouveaux fonds ; principalement chinois.
Selon le Financial Times , le gouvernement de Pékin a déjà accepté le principe d'investir jusqu'à 100 milliards € dans le Fonds européen de stabilité financière élargi, ce qui pourrait, en théorie, aider et sufir à venir en aide à l'Espagne ou à l'Italie avec le même type de plan de sauvetage utilisé pour la Grèce, l'Irlande et le Portugal.
Cependant, de nombreux détails doivent encore être résolues et mises en œuvre ; dans un accord qui ne définit que la trajectoire principale.
Même si les banques européenens acceptent le principe de réduire la dette le grecque de 50% de sa valeur originelle, les négociations avec les investisseurs individuels prendront des semaines ou des mois à se réaliser.
Pendant ce temps-là, l'économie grecque continuera très probablement à plonger davantage, ce qui ne manquera pas de soulèver de nouvelles interrogations sur sa capacité à rembourser les 50% de sa dette restante (qui continuera de représenter environ cent vingt pour cent de son PIB).
Quand je dis que la crise de l'euro n'est pas fini, je veux dire que ce paquet ne résoudra pas le problème sous-jacent que de nombreux pays en dehors de la Grèce traversent. L'Italie par exemple dont le taux d'intérêt sur les obligations n'est pas très éloigné de la Grècei, ce qui indique que les investisseurs restent réticents à prêter à un pays dont la croissance économique a presque cessé et où le gouvernement semble être définitivement sur le point de s'effondrer.
La Banque centrale européenne n'a pas la possibilité de prêter aux Etats membres comme elle le voudrait tant que l'Allemagne exerce un droit de veto sur toutes les questions ayant attrait au pouvoir de la banque centrale. L'accord décidé hier n'a rien fait pour résoudre l'ambiguïté sur son rôle dans cette crise. Tant que cette ambiguïté demeure, les spéculateurs ne cesseront pas leurs attaques contre la zone euro marchés de la dette.
L'Union européenne devra très prochainement harmoniser ses politiques fiscales : les perspectives de la survie de la monnaie européenne dépendra des réformes fondamentales de la gouvernance européenne, impliquant des limites importantes à la souveraineté nationale, pour laquelle il existe peu ou pas de soutien public.
La tâche va donc être dur pour François Hollande de tenir et de faire croire à une autre ligne politique que celle tenue par Nicolas Sarkozy. L'Europe est de plus en plus allemande et la politique économique va de plus en plus échapper au précaré du territoire national.
23:36 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24/10/2011
Foutez la paix aux Tunisiens

Ca y est, l'état de gràce avec la Tunisie a fait long feu. objet du délit ? La Tunisie ose placer en tête de ses premières élections libres, le Parti Ennahda (renaissance) un parti ouvertement islamniste et qui affirme pourtant son attachement à la démocratie.
Ces élections Constituante sont à saluer. Elles furent un modèle de transparence.
Rappelons que c'est la Tunisie, petit pays d'à peine onze millions d'habitants (la plupart très jeunes) qui est à l'origine du printemps arabe.
Ce pays d'une grande ouverture et épris de liberté, a démontré au reste du monde ce que les occidentaux avaient oublié : les pays arabes en général et ceux du Magreb en particulier sont mûrs pour la démocratie et sont prêt à y mettre le prix (en vie humaine) lorsque celle-ci est déniée.
Très franchement, je ne sais pas ce que vaut ce parti, mais j'ai toute confiance en les Tunisiens pour qui l'apprennent par eux-même. Dans tous les cas de figure, ils n'ont pas de leçon à recevoir de l'Occident qui a facilité pendant des decennies le maintien des dictatures en place.
Les commentateurs patentés et inquiets de l'arriver de tel parti ou de tel autre seraient plus inspirés de balayer devant leur porte et de s'occuper des extrêmistes qui peuplent leur paysage politique et médiatique.
Si demain ils s'aperçoivent qu'ils ont mis à la tête de leur institutions des couars, il appartiendra à eux seuls de faire le ménage. Ca sera toujours plus simple que de virer l'escroc Ben Ali.
20:51 Publié dans 04 Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
18/10/2011
Un nouveau Conseil d'Administration pour Internet sans Frontières
Christophe Ginisty a remis sa démission de la présidence d’Internet Sans Frontières ; il s’en explique sur son blog ce matin.
C’est Archippe Yepmou, jusqu’ici Vice-Président qui prend le poste laissé vacant.
Passionné par les questions de liberté de la presse et d’opinion, Archippe Yepmou est un activiste du WEB. Son terrain d’élection est l’Afrique qu’il sillonne continuellement, quelque fois au risque de sa vie pour aider des militants et des opposants aux régimes en place.
On le trouve là où la liberté est bafouée. Lors des élections au Gabon, il viendra en aide à l’opposition qui essaie de faire entendre sa voix contre la propagande officielle d’Omar Bongo.
Pendant ces deux dernières années Archippe a réalisé différentes actions pour l’Association :
- Il a été le premier contributeur d’articles sur le portail d’ISF. Les articles écrits sur le site, c’est essentiellement à lui qu’on les doit au-delà des 90%
- Il a invité différents acteurs aux projets d’ISF notamment :
*Anastasia Kirinenko, journaliste très en vue en Russie offrir son temps et son aide à l’association ;
* Julie Owono compagne d’Archippe rédactrice d’articles de presse pour la partie Afrique de Global Voice, également pour la chaine Al Jazeera.
* Marion Guillauteau qui viendra s’occuper des montages vidéo, signera bénévolement les éléments graphiques d’ISF pendant toute la durée de la WebDiversity
* Nicolas Keiserbril, responsable du DATA journalism chez OWNI qui offrira une étude des blogs en Europe de l’Est en partenariat avec ISF.
Ces contributions marquent notamment la réussite du principal évènement de l’association :WebDiversity.
L’histoire des peuples qui se remodèle sous nos yeux donne raison à ses engagements. Il n’y a qu’à voir l’impact des réseaux sociaux sur ce qu’on a appelé le printemps Arabe pour l'année 2011. Tous les jeunes liés à ces différents mouvements de contestation se sont mobilisés en utilisant l’outil Internet.
Ca prouve la part essentielle d'un activisme vécu comme oeuvrant pour la liberté d'expression ; ça veut dire aussi que l’utilisation d’Internet dans des conditions de censure maximale est toujours possible.
Enfin ce sont 45000 membres vont soutenir les actions activistes d’Archippe sur le terrain.
Nous souhaitons donc bonne chance à Archippe.
Je vous invite à soutenir notre association ne serait-ce que pour être au plus près d’un monde qui bouge à travers la Toile pour répandre la démocratie dans les endroits de notre planète où celle-ci est menacée.
Président : Archippe Yepmou
Vice-Président : Guislain Lambert
Secrétaire Général : Antonin Moulart
Trésorier Jean-Pierre Bozzonne
Membre du bureau : Ibrahim El Ali
- Julie Owono
13:29 | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note
17/10/2011
Temps fort pour la démocratie

Réjouissons-nous, à l'inverse d'un Jean-François Copé, qu'aient eu lieu les déballages d'un parti sur des plateaux télé, au lieu du huit-clos habituel des bureaux politiques où rien ne filtre.
Souvenons-nous que Hillary Clinton ne fut pas tendre contre Barak Obama ; ce qui ne l'a pas empêché, une fois vaincue à la Primaire de Parti Démocrate américain, de rallier et de servir le candidat soutenu par la plus forte majorité.
Pour ceux qui comme moi, ne sont pas socialistes, nous avons découvert une Martine Aubry, offensive, clivée, cassante et même trop cassante; Elle a fini par embarrasser jusqu'à celles et ceux qui soutenaient sa campagne. Jusqu'à son passage aux urnes, elle campa dans une posture caricaturale et virile, donnant l'impression qu'elle combattait déjà un homme de droite.
Comme je l'avais dit dans mon billet précédent, son attitude fut un "bis repetita" de sa campagne à la tête du PS, sauf qu'ici, elle ne concourrait pas pour le secrétariat du Parti, mais en challenger de Nicolas Sarkozy à la présidentielle.
Il était demandé au candidat une hauteur de vue et des qualités qu'elle n'avait visiblement pas.
La première sanction est venue des autres candidats "malheureux" qui, quelques soient leurs désaccords idéologiques, ont fait le choix de suivre François Hollande. Ils ont fait preuve d’intelligence politique rare.
Ils ont évidemment bien fait et ont renforcé l'avenir électoral du Parti Socialiste.
Les conseillers de Nicolas Sarkozy auraient sûrement souhaités que Martine Aubry l'emporte pour orienter le débat sur une bataille gauche-droite beaucoup plus lourde.
On est loin de l'image paternelle, posée et centriste qu'adoptait Jacques Delors en toute circonstance. François Hollande doit beaucoup au père et a, semble-t-il, retenu la leçon.
La page est tournée.
Les prochains jours, les prochaines semaines, nous parlerons de programme. Les choses importantes pourront alors commencer.
Un temps fort démocratique a soufflé sur la France.
09:59 Publié dans 003 Elections Présidentielles 2007, 03 Politique en France, 06 Tribunes Libres, 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13/10/2011
Pourquoi François Hollande sort vainqueur du débat de ce soir
Sans s'en rendre compte elle a avancé des arguments qu'elles pensait à son avantage et qui sont en total contradiction avec l'incarnation de l'image que les Français se font d'un Président de la République.
C'est d'autant plus sensible, que Nicolas Sarkozy a dégradé la fonction durant son quinquennat.
Elle a sans cesse rappelé son appartenance au PS, au PS européen, voire à l'internationale socialiste, s'enfermant toute seule dans une image partisane, alors qu'un Président doit être au-dessus des partis.
Sa deuxième erreur, elle l'a commise en avançant ses différentes expériences de terrain, notamment de ministre, pensant ainsi pouvoir damner le pion à François Hollande, oubliant au passage qu'un Président préside et qu'il lègue à son Premier ministre le soin de gouverner. Ce qui rend exogène son approche de la fonction présidentielle, la reléguant à une incarnation allemande du pouvoir.
Pire, elle donne le sentiment d'une approche dirigiste qui la relègue au même plan que Nicolas Sarkozy.
Hollande a pris de la hauteur. Il a été aussi beaucoup plus précis dans le détail de ses propositions et a su conserver la distance idéale.
Cette distance est fondamentale. Nicolas Sarkozy s'est cassé les dents en voulant l'ignorer. Cette erreur avait déjà été commise par Valery Giscard d'Estaing.
Martine Aubry ressort de ce débat avec l'image d'une militante engagée.
Vu d'un militant PS, cela peut la rendre éminemment plus proche que François Hollande, plus sincère, plus sympathique. Vu des français en général, cela peut inquiéter.
Ce soir, Hollande, n'a pas donné le sentiment d'être socialiste, mais a plutôt offert une dimension plus fédératrice. Il était déjà habité par sa future fonction.
Martine Aubry a enfin pêché par une assurance un peu trop voyante et a semblé plus calculatrice.
Hollande n'a pas réussi à créer une proximité dans ses échanges, sûrement parce qu'il était plus tendu et aussi plus concentré sur les questions posées.
Je pronostique un avantage confirmé pour François Hollande.
Martine Aubry perdra dimanche prochain les primaires socialistes.
00:14 Publié dans 005 Elections Présidentielles 2012, 03 Politique en France, 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12/10/2011
L'indignation ok ! Mais ensuite...
L’indignation, s’indigner est une posture saine en société. J’imagine que les gens qui s’indignent le sont en réaction à une observation qui les scandalise.
Ils sont observateurs d’une scène ou d’une pratique dont ils dénoncent le principe.
On ne s’indigne pas très longtemps dans le temps : l’indignation débouche souvent sur un commentaire de désapprobation avant que la personne qui vitupère (l’indigné), ne tourne les talons ou les yeux et passe son chemin.
La France qui s’indigne derrière Stéphane Hessel peut-elle transformer son indignation en action politique ?
Car il s’agit bien de cela au fond. S’indigner d’accord. Sortir dans la rue et improviser un « sitting »de plusieurs jours, pourquoi pas. Mais que faire ensuite ?
L’indignation ne saurait être l’alpha et l’omega d’une démarche forte, d’une volonté révolutionnaire, d’une envie de tout casser.
On s’indigne dans les salons, au détour d’une rue, dans un lieu public, mais pas longtemps. Il y a quelque chose de désuet à s’indigner, après Mai 68.
L’auteur de l’opuscule que tout le monde a en tête le sait bien. L’indigné récuse la violence et réclame une insurrection pacifique plus qu’une révolution.
Et c’est ici que le bât blesse. Le problème du vieux sage est qu’il n’est pas en adéquation avec son temps. On le sent vouloir trop ressusciter le programme du Conseil national de la Résistance par exemple et interpeler les jeunes qui ont l’âge que celui-ci avait 65 ans plus tôt.
Le voici donc décidé à évangéliser une France, une Europe totalement ouverte au quatre-vents de la mondialisation, ouverte et contrainte à se battre contre des puissances émergentes ultra-compétitives.
Et lorsque Stéphane Hessel prescrit nationalisation et planification, on est triste pour l’homme car ces méthodes ne peuvent déboucher que sur un protectionniste et un nationalisme désuet au meilleur des cas, dangereux dans le pire puisqu’il réveille les vieux démons populistes qui se situent entre le « qu’ils s’en aillent tous » de Mélanchon et le « tous-pourris » de Marine Le Pen.
Hors l’homme pétri d’humanisme est à cent-lieu de vouloir souffler sur les braises. Pourtant, c’est ce qu’il fait.
Pour ma part, j’eusse préférer qu’il appela à s’engager plutôt qu’à s’indigner.
S’engager en politique par exemple. S’engager dans le vie publique comme citoyen responsable. S’engager dans sa vie professionnelle en prenant soin de prendre en compte la réalité d’un monde qui évolue sans cesse.
10:42 Publié dans 01 Education, 03 Politique en France, 06 Tribunes Libres, 07 Société, 08 Débat | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10/10/2011
Des paroles, des actes.
J’entendais hier soir intervenir Jean-François Copé au journal de 20 heures de France 2, qui par mauvais calcul plutôt que par réelle conviction, considérer le succès des Primaires socialistes de façon assez méprisante. Selon lui, 4 français sur 100 s’étaient déplacés à cette élection, ce qui n’en faisait pas un succès. Voici ce qu’a essayé de nous expliquer le Secrétaire général de l’UMP tout au long de la soirée. On comprend que ça sera la position officielle du parti présidentiel. J’étais un peu déçu par Copé que je trouve d’habitude plutôt intelligent.
Les chiffres, on leur fait dire ce qu’on veut. On aurait pu considérer inversement que les 2 millions de français qui ont fait le déplacement furent 15 fois plus nombreux que le nombre des encartés socialistes et qu’il y a fort à parier que ce chiffre sera dépasser dimanche prochain, lors du second tour. Ce qui prouve que cette primaire a trouvé de l’intérêt bien au-delà du noyau dur traditionnel des militants PS et qu’il a trouvé « son public » auprès d’une frange de français qui a l’impression d’être mis à l’écart du débat politique de l’agriculteur à l’élu local.
Jean-François Copé devrait faire moins le malin et se poser la seule question qui vaille ; la majorité présidentielle ne va-t-elle pas dans le mur à reconduire un Président qui cristallise à ce point tous les mécontentements ? Cette primaire semble être le deuxième acte (après la perte du Sénat) d'un raz-de-marée prévisible de la gauche dans quelques mois.
Je ne ferai pas en public part de mes considérations pour les deux candidats PS restés en lice. D’abord parce que n’étant pas socialiste, je ne ressens pas le besoin de me prononcer maintenant et très franchement, pour être tout à fait franc : je m’en fou un peu. Que ce soit Martine Aubry ou Hollande ; le PS, s’il revient au pouvoir fera une politique de Centre-droit, j’en suis convaincu : ne serait-ce que vis à vis de Merkel, du pacte de stabilité et des notations financières. Il n’y a pas d’autre alternative. Enfin, si..une de taille : relancer le processus d’intégration européenne à cercle concentrique, parler d’une seule voix et offrir un budget à la monnaie unique.
Jean-Louis Borloo a jeté l’éponge en expliquant qu’il se retirait du jeu de la campagne présidentiel pour ne pas ajouter de la confusion à la confusion. Cette primaire montre à droite, que la confusion et le doute n’ont jamais été aussi épais et que les français se fichent un peu des états d’âme de Jean-Louis Borloo (75 % des français sont indifférents au départ de la course présidentielle du chef du Parti Radical selon un sondage SOFRES pour Canal+).
Le Centre-droit ne doit pas avoir d’état d’âme et se résoudre à présenter son propre candidat à cette élection. Au moins, il aura l’avantage de la clarté vis-à-vis d’une majorité de français qu’il doit convaincre. S’il ne le fait pas, François Bayrou pourrait être alors la seconde surprise de cette redistribution des cartes.
Si le Nouveau-Centre laisse tomber ; je n’aurais pas d’état d’âme à voter pour le Président du MODEM.
06/10/2011
Steeve did the Job.

Très cher Steeve,
Je suis d’humeur massacrante ce matin suite à l’annonce de ta mort, pourtant prévisible.
Quitte à paraître lyrique, déplacé, comique ou je ne sais quoi d’autre, ta mort a ravivé mes exaltations adolescentes. J’ai quelque part dans ma poche un téléphone hybride. Quelque chose qui ne s’apparente à rien et qui résume à lui seul ce jeune XXIème siècle que tu quittes trop tôt. Un siècle emprunt de ta vision.
La photo que j’ai mise de toi est ringarde. C’est une époque où tu étais jeune et insouciant. Sûrement épris du même enthousiasme que doit ressentir aujourd’hui Mark Zuckerberg, pris dans le même virago de la jeunesse et la gloire que tu découvris à la fin des années 70.
Il y en a de plus belles de toi, de plus récentes pour évoquer ta mémoire.
Mais je ne l'ai pas choisi au hasard. Je suis français. Il y a aussi une actualité politique ici, dont tu te fous éperdument d’où tu te trouves à présent. Je voulais rappeler assez perfidement qu'à côté du génial concepteur et du visionnaire que tu fus, cohabitait aussi un entrepreneur de génie qui transforma tous ses rêves en modèle économique viable, créant ainsi une richesse qu'on aurait du mal à évaluer si on devait en réaliser l'estimation précise.
Tu n’as jamais eu besoin du concours d'un état pour créer des emplois. Tes seules besoins étaient contenus dans tes exigences, tes angoisses et tes rêves.
Tu dois trouver cela évident et te demander où je veux en venir. Je vis dans un pays, un monde jacobiniste où perdure la croyance qu'il revient à l'état de créer des emplois et non pas aux entrepreneurs, fussent-ils de ton espèce.
Cette parenthèse bouclée, je voulais te remercier d’avoir transformé ma vision que j'avais du monde. J'utilise tes outils merveilleux, bijoux mêlant technologie de pointe et design.
Je voulais te remercier pour nous avoir fait partager ton monde intime. Si tu avais été dessinateur de BD ou je ne sais qui que ce soit d’autre par exemple ; tu n’aurais jamais pu transformer tes rêves de façon si subtilement matériel.
Je me souviens avoir vécu une véritable émotion esthétique et intellectuelle à la découverte de tes Mac, tes IPhone et de ton IPad.
Dans ce monde difficile, dangereux et maussade de ce début de siècle, tu nous a apporté de l'espoir, une vision positive, protéiforme et confiante de l'avenir.
Tu fus en quelque sorte notre grand frère.
Naguère nous nous félicitions d'être le contemporain de tel grand écrivain ou de tel grand peintre.
Ce matin, malgré ma peine, je suis heureux d'avoir été ton contemporain. Le contemporain d'une autre forme de génie moderne.
Le contemporain d'un homme qui a construit sa légende quelque part en Californie, dans l’ouest d'une grande nation qui a relevé tous les défis du 20ème siècle. Une nation de tous les possibles.
Beau travail.
Texte réalisé sur le Notepad de l’Iphone 4 S
10:31 Publié dans 07 Société, 13 Communication, 14 Les Nouvelles Technologies, Shopping | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05/10/2011
Journal politique de pré-campagne électorale (2) Je ne voudrais pas être à ta place, Hervé.
Je ne voudrais pas être à la place d’Hervé Morin. Les quelques semaines qui arrivent vont lui sembler très longues.
Hervé Morin fut bras droit de François Bayrou à la création du MODEM. Puis, il se démarque du président du mouvement démocrate lorsque ce dernier explique qu’il n’appellera pas à voter Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle de 2007. Hervé Morin y voit alors une forme de traitrise aux valeurs du Centre-droit.
Lui emboîtant le pas, comme lui, beaucoup de parlementaires UDF historiques refusent d’envisager ce scénario. Soit par conviction politique, soit parce qu’ils ont peur de perdre « leur job » de députés, de sénateurs ou de conseiller régional. Car le problème du Centre est qu’il a toujours été tracté par la majorité RPR ou UMP en place.
Comme ce fut très longtemps le cas au Parti Communiste, au premier tour on présente un candidat et au deuxième tour on reste solidaire du grand parti frère et on appelle à voter pour son candidat.
Mais cette fois-ci, le président du jeune mouvement démocrate a décidé qu’il en serait autrement. Bayrou refuse toute allégeance avec l’UMP et Nicolas Sarkozy. Certains disent que c’est par choix idéologique.
Pour avoir été très prêt du mouvement démocrate à cette époque, disons que François Bayrou mise dès 2007, sur la défaite de Sarkozy en 2012 et une implosion du PS entre temps. Il est persuadé que le Parti Socialiste ne se relèvera jamais de cette défaite présidentielle, des ses dissensions sur l’économie de marché, ainsi que de ses querelles internes qui finiront par l’achever.
C’est un pari risqué, mais Bayrou est persuadé de son destin. Il a rendez-vous avec la France et les français.
La constitution d’un Mouvement démocrate indépendant à Villepinte est un mal nécessaire. Bayrou est un solitaire qui déteste jusqu’à la formation de son propre parti. L’avenir montrera qu’il fera toujours cavalier seul et qu’il préférera la bonne poignée de main d’un quidam rencontré au zinc d’un café, plutôt que les mains tendus et la ferveur des groupies militantes (mais c’est une autre histoire)..
A cette époque, lors de tous ses meetings, il évoque de Gaulle et sa traversée du désert. Il construit un story-telling à son image. Il parle déjà de dette et est le premier à parler de la « Règle d’Or » sur les déficits publics.
Pour remerciement, Sarkozy offre alors un boulevard à Morin, en l’aidant à constituer un nouveau parti, le Nouveau Centre qui devra contenir les velléités de François Bayrou et ramener au bercail le plus de Centristes possible dans "la famille de droite".
Le futur Chef de l'Etat est convaincu que sa victoire passe par un Centre éclaté. Il faut à tout prix récupérer la plupart des élus UDF, quitte à aller les chercher un par un, avec les dents.
Même si de nombreux parlementaire sont convaincus par la nécessité de rester fidèle à la famille (de droite), certains subiront quelques intimidations et finiront par quitter d’eux-mêmes le navire Bayrouïste. Tout ceci n’est pas nouveau en politique.
En récompense, Nicolas offre à Hervé Morin le ministère régalien de la Défense. Ce poste ministériel prestigieux, donne de la visibilité à ce jeune député inconnu du grand public. Dans la foulée, le voici à la tête d’un groupe parlementaire important. Il aura des sénateurs, des Maires, de Conseillers Généraux et Régionaux qui le rejoindront.
Toute cette force politique, créée en un temps record va peser sur la vie publique régionale, départementale et nationale. Charge à tous ces cadres, de bien gérer leurs administrés, de se faire un nom pour les moins connus, afin de s’installer dans cette nouvelle formation et transformer l’essai à la faveur des élections futures.
Aujourd’hui, ironie du sort, Hervé Morin veut être candidat à l’élection présidentielle de 2012. Il s’appuie sur l’idée qu’une formation comme la sienne se doit, à l’instar de l’UDF naguère, de présenter son candidat. Bob à jeter l’éponge en direct sur TF1. Il a donc tout loisir d’envisager avec sérénité la future étape de sa carrière politique.
Hervé Morin est issu d’un milieu aisé de province. Il est resté jeune, dynamique, simple et se rêve un peu le JF Kennedy de la politique française. C’est un démocrate au sens américain du terme. Mais pas plus. Ses valeurs restent à droite tant qu’elles sont traditionnelles au sens économique du terme. Sur le volet social et sociétal, il est assez libéral.
Mais il doit tout à Nicolas Sarkozy. Il a été l’un de ses membres les plus en vu, a soutenu et approuvé toutes ses actions.
N’ayant plus grand-chose à attendre côté UMP, il fait face à un dilemme majeur : s’il poursuit dans sa démarche, il risque d’être comptable d’un échec envisageable du Chef de l’Etat à sa réélection.On va donc l’attaquer sur ce front en le soupçonnant de vouloir couper la main qui l’a nourrie.
Bernard Debré le rappelle à la raison sur son blog. C’est violent et tout le monde peut lire cette lettre. Au moins, l’intimidation est réalisée en « plein jour ».
Il lui demande de ne pas se présenter pour l’intérêt général de la majorité, pour l’amitié qu’il lui porte..
Vraiment, je ne voudrais pas être à ta place Hervé !
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Je resterai sur le style pour donner mes impressions et la raison pour laquelle je pense que Martine Aubry vient de perdre le débat des primaires.